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L'air du temps : Epilogue ramadanesque

Epilogue ramadanesqueJour J moins 28 ; - 27 ; -4 ; -3 ;-2, etc. Pour certains jeûneurs, le compte à rebours déclenché depuis le premier jour du mois de Ramadan a été long, mais nous y sommes arrivés, presque arrivés !... A l’enthousiasme des jeûneurs, qui se sont armés de foi et de courage pour effectuer un parcours sans faute en se pliant aux rigueurs du jeûne, s’oppose la contrariété de ceux qui, sous prétexte d’éviter des crises de tension ou d’ulcères ‘’avancés’’, ont trouvé le moyen d’esquiver l’épreuve.

Pour la communauté des jeûneurs, le mois s’est déroulé au rythme du calendrier, jour après jour et  imperturbablement, voire heure après heure, souvent à pas de caméléon aux yeux  de certains ‘’aiguilleurs’’ du temps, l’œil rivé tantôt sur le calendrier pour compter les jours restants, tantôt sur le cadran de la montre pour compter les heures ou les minutes qui  nous séparent de la rupture. Curieusement, cette phase décisive de clôture du mois s’annonce sur un ton de défis à relever en termes de préparatifs de la fête de Ramadan. Des épreuves, encore et toujours !...Et pour la plupart des gens, la question se pose en terme de moyen (ou de voie à suivre…) pour surmonter les péripéties de la quête continue entrant dans le cadre des préparatifs de la fête de l’Aïd el-fitr.

Déjà, les signes du branle-bas général sont perceptibles chez les vendeurs de condiments, de volaille, de viande rouge  ou de poisson avec la clientèle qui se bouscule de toutes parts. Idem pour  les ateliers des  tailleurs, des coiffeurs et des tresseuses, qui ne désemplissent plus.

Confiance, trahison et autres déconvenues du genre marquent ce brusque ‘’réchauffement’’ des rapports  entre les clients et les artisans. Dans ce lot, le climat est particulièrement tendu entre les tailleurs et leurs clients.

Toujours est-il que durant ce mois de ferveur et de grande piété, le monde s’est porté au mieux souffle, avec des journées monotones et de longues nuits de recueillement devant les mosquées. Les ‘’bouches cousues’’ et les langues ayant tout perdu de leur ‘’venin’’, la vie a été, en l’instant d’un mois de totale absolution, ce long fleuve tranquille dont on a toujours rêvé. Un monde sans bagarres ni injures où mêmes les thuriféraires de la brutalité se sont convertis en doux agneaux. Hélas, tout ceci n’est qu’un bref épilogue de la vie sur terre. Car, il est fort à parier qu’aussitôt après la fête, les vieux démons endormis referont immanquablement surface.

Assane Soumana(onep)

23 juin 2017 
Source : http://lesahel.org/

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