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L'air du temps : Les effets du changement climatique à nos portes

Depuis des décennies, on en entendait parler, sans trop saisir grand-chose ni de son contenu, ni de ses conséquences. Mais ces dernières années, pour avoir vécu quelques aspects, peut-être des signes avant-coureurs, nous commençons déjà à mesurer la portée des messages véhiculés par les experts en climatologie. Vous l’avez deviné, je parle ici du changement climatique et de ses efforts bouleversants. Des ateliers, des foras, des symposiums et des sommets ont été organisés sur la question, tantôt pour attirer l’attention de l’humanité sur les dangers qui guettent, tantôt pour tenter d’influer sur les décideurs en vue de prendre des mesures conséquentes pour contrecarrer les effets du changement climatique, comme c’est le cas lors des sommets de la COP21 et COP 22.

Trop de temps a été mis pour prendre les décisions qu’il fallait pour amener les grands pollueurs à sauver la Terre des effets néfastes du réchauffement climatique, facteur du changement climatique. Et voilà que nous sommes déjà en plein dans la tourmente avec des vagues d’inondations par-ci, et l’escalade des canicules par-là.

Comme pour enfoncer le clou, les spécialistes viennent d’annoncer que, dans un court avenir, le réchauffement climatique pourra entraîner des pluies diluviennes sur la zone sahélienne. Ainsi, après avoir enduré les affres de la sécheresse, les habitants du Sahel doivent se préparer à souffrir de tempêtes tropicales sans précédent, selon une étude menée par une équipe de chercheurs allemands. « Le centre du Mali, le Niger, le Tchad pourraient ainsi recevoir autant d'eau de pluie que le nord du Cameroun ou le centre du Nigeria aujourd'hui, qui se caractérisent par un climat tropical », soutient l’étude tout en précisant que les tempêtes sahéliennes sont "parmi les plus explosives de la planète". Pire, l’étude insiste sur le ‘’risque d'inondations et d'impact sanitaire dans des villes souvent dépourvues d'infrastructures’’.

Qu’est-ce à dire, sinon que nous devons anticiper. Assurément, les services en charge de l’urbanisation de nos villes devront revoir leur copie en prenant désormais en compte les risques d’inondations dans les plans d’urbanisation de nos villes. Il s’agit surtout d’écarter les zones potentiellement submersibles dans le plan de lotissement des espaces d’habitation.

Quant aux cousins de l’Aïr et du Ténéré, ils devraient peut-être déjà songer à s’exercer à la natation et au maniement de la hilaire, de la houe et même du filet de pêche auprès de leurs cousins de Dosso, de la région du fleuve et ceux du Gobir. Car avec ces prévisions, on assistera inexorablement à un phénomène de reverdissement rapide de la vaste bande désertique, un phénomène qui imposera un changement de mode de vie aux populations qui y vivent.

Assane Soumana(onep)

14 juillet 2017
Source : http://lesahel.org/

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