L'air du temps : Hum, Ramadan passera !

«Laisse garçon courir, Ramadan passera….». Cette tranchante petite phrase qui fait fureur, ces derniers temps, sur les réseaux sociaux où elle est déclamée et partagée dans les milieux des jeunes filles, porte en elle toute la charge de la hargne vindicative qui anime certaines de nos jeunes sœurs à l’encontre des ‘’petits copains’’ ayant démissionné face à leurs devoirs au cours du mois du Ramadan. Ainsi, si pour l’ancienne génération ces mots paraissent anodins, aux oreilles des jeunes garçons ils résonnent comme une salve volcanique, à la hauteur de la menace qui les attend au tournant.

En effet, il n’est un secret pour personne que, entre garçons et filles, le mois béni du ramadan ne se résume pas qu’aux longues journées de ferveur et de privation. Il y a aussi le lot de dépenses incontournables et incompressibles à honorer vis-à-vis de l’âme sœur tant convoitée. D’abord, il y a le sucre ! Ce sacré petit carreau blanc, parce que hautement consommé tout au long du mois de Ramadan, est devenu la ‘’bête noire’’ des garçons. Ces derniers sont en effet appelés à ‘’faire le geste’’ en dépêchant une délégation de sœurs et cousines, croulant sous le poids des cartons de sucre, auprès de leur belle-famille.

Preuve d’amour pour les uns, opération de charme (ou corruption) pour les autres, le fameux cadeau du sucre est carrément devenu au fil du temps un objet de controverse, de discorde et de zizanie. Aussi, entre les filles, désireuses d’obtenir le geste tant attendu du bien-aimé, et les garçons qui tentent à tous prix d’esquiver le…coût ! du sucre, les agissements prennent souvent le ton du cruel jeu du chat et de la souris. Dans certains cas, la règle est sans appel : envoyer le sucre à la belle famille ou disparaître à jamais ! Ça c’est pour le sucre…

Viennent ensuite s’ajouter les frais des habits de fête dont on doit combler la bien-aimée, avec eux d’autres dépenses connexes qui empoisonnent l’atmosphère au sein des couples. Car, pour certaines filles, la question de l’enveloppe destinée à l’achat d’habits de fête se pose en termes de préalable à la survie de la relation. Et comme, en règle générale, les filles réclament toujours des habits de haute gamme, l’épreuve n’a rien d’une sinécure. Et voilà pourquoi, au sortir du Ramadan, la plupart de couples de tourtereaux, qui se sont pourtant promis de rester ensemble, finissent par se disloquer dans un vaste océan de déception.

Assane Soumana(onep)

25 mai 2018
Source : http://www.lesahel.org/

Imprimer E-mail

L'air du temps