L'air du temps : Et bientôt la frénésie des préparatifs de la fête

rJour ‘’J’’ moins 28 ; - 27 ;… -11 ; -10 ; -9, etc. Le compte à rebours est en marche, nous conduisant dans le dernier virage du mois béni de Ramadan. Les jours s’écoulent les uns après les autres au fil du temps, au rythme des millions de chapelets quotidiennement égrenés par les fidèles en pleine dévotion. Pour beaucoup de jeûneurs, ça se joue au chronomètre. Il s’agit de ceux-là qui ont cette manie de garder l’œil toujours rivé sur le calendrier pour un laborieux décompte des jours de jeûne validés et de ceux qu’il leur reste à affronter.

Idem pour les journées où le même chronomètre continue de faire son travail pour servir ces ‘’aiguilleurs’’ du temps suspendus au cadran de leur montre pour compter les heures, voire les minutes, qui les séparent de l’instant prodigieux de la rupture du jeûne.

Et comme on le sait, en termes d’humeur le mois de ramadan se compose de l’engouement de départ à la première décade, de la souffrance endurée au cours de la 2ème décade, puis de la frénésie des préparatifs de la fête de l’Aïd-el-fitr ou fête du ramadan, qui caractérise la troisième décade.

C’est dire avec quel degré d’enthousiasme les fidèles abordent cette dernière décade de ce mois béni. Quel bonheur pour ces derniers de s’être armés de foi et de courage pour effectuer un parcours sans faute en bravant, tout au long du mois, le goût amer de la soif, de la faim et de bien d’autres privations !

A l’inverse, pour ceux qui, pour esquiver l’épreuve, ont cru bon de jouer aux ‘’vrais faux malades’’ en prétextant des maladies plutôt imaginaires et fantaisistes, cette phase de fin de ramadan est chargée de regrets et d’agacement.

Cependant, pour tout le monde, cette dernière décade du mois béni de Ramadan est synonyme de défis. Il y a certes cette sensation d’enchantement général, mais il y aussi les pesanteurs de l’angoisse des dépenses entrant dans le cadre des préparatifs de la fête de Ramadan. Car, s’il est vrai qu’on peut se soustraire aux rigueurs du jeûne en invoquant de faux prétextes, il est pratiquement impossible de se dérober, par des arguments aussi béton soient-ils, aux dépenses liées à l’achat des habits de fête pour les enfants, mais aussi au copieux repas de fête pour lequel Madame n’entend consentir la moindre dispense. Et pour satisfaire aux multiples requêtes (disons exigences !) de la famille, l’équation se présente à vous avec plusieurs inconnues. Il faudra alors s’y soumettre en vidant le fond de sa tirelire jusqu’à la dernière pièce.

Assane Soumana(onep)

24 mai 2019 
Source : http://lesahel.org/

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