L'air du temps : Chauffards, ça suffit !

On aurait tout vu à Niamey ! Mercredi dernier seulement, un collègue a aiguisé très finement sa plume pour décrier par un vibrant ‘’coup-de-gueule’’, le comportement ahurissant d’un conducteur qui, parce que ne voulant pas attendre dans la file de véhicules affluant vers le Rond-point Eglise, exécuta une manœuvre insolite sous le regard médusé des témoins. L’homme qui était au volant d’une de ces grosses voitures de type 4x4 dénommées ‘’Haraye Bane’’ n’a pas hésité à quitter la voie secondaire pour regagner la voie express, ceci en ‘’sautant’’ par-dessus la rambarde séparant les deux routes. Evidemment, dans sa vile manœuvre, les pneus de la V8 endommagèrent sérieusement les rebords en pavés, avant de s’éclipser en trombe dans un concert de crissements des pneus. Arrogance et incivisme !....

Hier matin, au Rond-point Maourey, un autre chauffard en a fait mieux… En pire ! Ce dernier s’est illustré en déboulant, d’on ne sait où, pour semer le désastre et la destruction au sein du carrefour récemment rénové et brillant de mille charmes. Dans sa course effrénée, son véhicule s’emballa en rasant littéralement sur son passage deux panneaux de signalisation, avant de s’immobiliser sur les bordures de la route. Le conducteur qui, selon les témoins de la scène, était dans un ‘’certain état’’, en a encore rajouté en voulant tenir tête aux agents de la circulation en faction sur les lieux. Ces derniers n’ont eu d’autre choix que de l’embarquer.

Et que dire de tous ces luxueux et scintillants lampadaires qui illuminent nos grands carrefours, et qui sont quotidiennement aplatis par des chauffards insouciants, comme si on était dans un simple jeu de démolition ?

Dans un cas comme dans l’autre, ces exemples sont assez illustratifs pour nous édifier sur le fait qu’il nous reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour gagner le pari de la sauvegarde de toutes ces nouvelles infrastructures publiques chèrement acquises et qui font pourtant, aujourd’hui, la fierté de tous les Nigériens.

Et pourtant, ce pari nous avons le devoir impérieux de le gagner, et à tout prix ! Comment faire ? D’abord, agir dans le sens d’éveiller (ou cultiver) en chacun de nous le respect, en tous lieux et en toute circonstance, des valeurs du civisme et de la responsabilité vis-à-vis de la chose publique. Sinon, manier habilement la baquette magique de la rigueur implacable de la loi afin que tout vandale ou ‘’casseur’’ ait à répondre de ses actes, ne serait-ce qu’en lui faisant supporter les frais des dommages occasionnés. Franchement, il y a lieu de sévir sans faiblesse !...

Assane Soumana(onep)

10 août 2019
Source : http://www.lesahel.org/

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