L'air du temps

 L'air du temp : La fin de l’ère des vrais griotsLe décès, mardi dernier, de Djéliba Badjé, n’est pas seulement le drame de la disparition d’un homme. C’est aussi, pourrait-on craindre, le signe d’un déclin annoncé de tout un pan de la tradition orale nigérienne, précisément celle des populations Zarma-songhoy. En effet, Djéliba Badjé était le dernier de ces grands maîtres-griots généalogistes, qui parce que détenteurs attitrés des mœurs et des valeurs ancestrales, participent à l’œuvre de perpétuation des traditions orale dans nos sociétés africaines. C’est dire, comme Amadou Hampaté Bâ, que c’est une bibliothèque débordant d’œuvres précieuses qui a brûlé, ce mardi 24 avril 2018, avec la mort de ce griot de source, formé à la bonne école du métier de ‘’djéli’’.

Conteur de légendes et d’épopées ancestrales, Déjiba Badjé, ce baobab séculaire, était assurément le témoignage vivant et parlant de l’histoire de la société nigérienne. Certes, grâce aux œuvres qu’il a laissées, nous continuerons longtemps encore à savourer ses récits et les notes rugissantes de son ‘’molo’’ à travers les légendes de Mamar Kassey, de Mali Béro, de Bakary Dja contre Damonzon, de Garba Mama contre Silamika Ardo Macina, de Boubé Hardo Galo face à Oumarou Foutiou, de Fatoumata Bi Dani et Hama Djala Paté, ainsi que de Goroba Dicko et d’autres guerriers téméraires,

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