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dimanche, 26 septembre 2010 14:52

Le Nigérien de la semaine : Oumarou Idé

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Comment souhaitez-vous vous présenter aux internautes de Nigerdiaspora ?
Je suis Belgo–Nigérien ayant passé mon enfance et mon adolescence au Niger à travers tous les départements et arrondissements de part la fonction de mon papa qui était Préfet et cadre de l’élevage.
J’aime bien voyager, aller vers les autres et m’enrichir de leur différence. Ce qui m’a permis de résister en Belgique où j’ai fait mes études universitaires.    


Je suis marié  et père deux charmants enfants (un garçon et une fille) qui donnent encore plus de sens à mon combat de tous les jours.
Je suis passionné  de voyages, de découvertes, de sport et de jardinage (j’ai une grande variété de rosiers et d’érables japonais dans mon jardin). J’aime également faire la cuisine et suis en phase de décrocher un diplôme en œnologie et sommellerie.
Pour les intimes, je me prénomme Omar IDE.

Quel a été votre parcours académique ?

J’ai fait mes écoles  maternelles à Agadez et à Maradi, mon école primaire à l’école Canada (privée) à Niamey et à Tanout (Zinder) et ensuite les études secondaires au CEG 1 Birni de Zinder, à Tahoua et enfin j’ai décroché mon Bac D au Lycée Mariama.
Je suis titulaire d’un Bachelor en gestion Marketing, un Master en Finance et j’ai parfait mes formations par une spécialisation en fiscalité internationale.
Je suis également inscrit à l’Ordre des Experts Comptables à Luxembourg et membre actif de l’association Luxembourgeoise des Compliance Officers (Responsables de la déontologie et de la conformité légale dans le secteur financier). Je participe également à des groupes de travail dans le secteur de la finance à travers l’Ordre des Experts comptables et l’Institut des réviseurs d’entreprise au Luxembourg.

Qu'est ce qui vous a encouragé  à continuer dans cette voie ?
La soif de réussir, de ne jamais se contenter de peu (surtout dans la quête du savoir). Il faut de la persévérance, voire même de l’acharnement pour sortir son épingle du jeu.  Bien évidemment cette soif de vaincre vient de l’éducation reçue de mes parents qui nous ont toujours poussés à nous surpasser et à ne compter que sur nous-mêmes.

Pouvez-vous nous donner un aperçu de vos expériences nationales et  internationales?  

Je n’ai pas eu encore l’opportunité de travailler au Niger.  Mon premier job a été en Belgique via un stage en entreprise. Par la suite, j’ai travaillé pour une société d’investissement en immobilier à Bruxelles avant de postuler au Grand-Duché de Luxembourg, une des grandes places financières au monde.   Actuellement je suis Manager chez Mazars (un grand cabinet d’audit et d’expertise comptable spécialisé dans l’ingénierie financière, l’audit, le corporate et la fiscalité).  Ce cabinet est présent notamment dans beaucoup de pays en Afrique.  Et notre cabinet en Côte d’Ivoire effectue des missions d’audit au Niger.  Pourquoi pas, peut être un jour, mettre en place un cabinet Mazars au Niger ?  Ce n’est pas le travail d’audit financier, voire même opérationnel qui manque dans ce pays.

Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées en tant  que fonctionnaire international ?
En réalité  et en toute modestie, j’ai pu, par la grâce de Dieu, m’adapter et me faire adopter assez facilement.  
Bien sûr, une fois les diplômes en main, il faut apprendre à se vendre sur le marché du travail et c’est comme cela partout dans le monde.  

Quels sont les enseignements que vous avez tirés de votre expérience ?

J’ai appris beaucoup en côtoyant plusieurs nationalités, cultures et manières de faire différentes.  C’est très enrichissant à tout point de vue.  

Qu'est ce qui vous a poussé vers la finance ?

La finance dirige hélas le monde et la comprendre, c’est un grand pas en avant pour une bonne gestion au sein de la famille d’abord et au niveau des postes de responsabilité auxquels les gens sont appelés un jour. Dans tous les domaines (médecine, pharmacie…), la finance est présente.

Quel rôle a joué le Niger dans votre parcours de  "financier au Luxembourg"?
Le Niger m’a permis d’avoir une base très solide. Quand je suis arrivé en Belgique, je n’ai eu aucune difficulté dans les matières à gros coefficient : mathématiques financières, statistiques, l’économie en général.


Quelles sont les valeurs qui vous ont guidé ?
La soif d’apprendre, de réussir, l’ambition, le respect de l’autre et toujours viser plus haut. Des valeurs familiales en soi.

Quels conseils donnez-vous aux jeunes Nigériens qui voient en vous un modèle ?

Je ne pense pas être un modèle, j’ai utilisé ce que le « système » m’a offert au Niger et en Belgique dans le cadre des études.  Et je pense que tout le monde a la possibilité de réussir que ce soit par les études ou autrement.  L’homme le plus riche de la Belgique, Albert Frère, est un autodidacte  et sa maman lui répétait toujours « Eteignez les lumières, nous ne sommes pas les Rothschild ».

En tant que "économiste ", quel regard portez sur l'économie nigérienne?
L’agriculture au Niger représente quelques 40% du PIB et mobilise près de 91% de la population. Nous avons une exportation de 15% de biens et services contre 25% pour les importations, une balance commerciale toujours déficitaire malgré nos capacités à exporter (bétail, coton, oignons, pommes de terre, uranium, charbon, or et pétrole maintenant,...). Notre taux d’inflation reste encore supérieur à la norme de 3% fixée par la commission de l’UEMOA. Cela résume tout.
Il faut un changement radical.

Votre carrière vous l'aviez déjà en tête ou elle s'est faite au jour le jour ?

Ma carrière a été un chemin tracé dans mes pensées si je puis dire.  Je me fixe des objectifs et je me bats pour les atteindre, telle est ma manière de travailler.


Envisagez-vous un avenir professionnel au Niger?  
Inch Allah.   Mon épouse étant pédiatre, elle n’y manquera pas de travail également. Ce pays me manque tant….

Avez-vous des projets pour le Niger?

Bien évidemment, je ne fais qu’énumérer quelques cas concrets de mesures de bonne gouvernance qu’on pourrait mettre en place :

D’un point de vue social :


·        La scolarisation de qualité pour tous,
·        La mise en place des systèmes de santé notamment par des mutualités,

·        Un accès au logement décent pour tous,

D’un point de vue économique et agricole :

·        L’assainissement des finances publiques, la lutte contre la corruption, le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme,
·        L’audit obligatoire pour les entreprises publiques et privées avec un accès libre et public aux comptes financiers,
·        Le partage équitable des ressources du pays (le Niger avec l’uranium fournit  plus du tiers de l’énergie à EDF en France, il est inacceptable que nous ne puissions pas en faire profiter toutes les franges de la population),
·        Une agriculture moderne et pérenne indépendante des aléas climatiques (mise en place de barrage, de pompes, de panneaux solaires pour la réduction de l’énergie…) et l’utilisation des produits de saison (qui coûtent moins cher) (prenons l’exemple d’Israël dont les agriculteurs utilisent moins de 30% d’eau tout en doublant leur production, le pays a un excédent de 150%), en utilisant de l’eau recyclée, de l’eau dessalée, de l’eau saumâtre que l’on peut trouver aux embouchures de notre grand fleuve,

·        Un élevage moderne avec des infrastructures de transformation et de commercialisation des produits de l’élevage pour la consommation locale et l’exportation,
·        Un renforcement des échanges commerciaux avec la sous-région,
·        Une alimentation en électricité à des tarifs réduits pour permettre à nos ménages d’utiliser des cuisinières électriques, des fers à repasser électriques, des aspirateurs électriques sans se soucier de la facture à la fin du mois…bref à les orienter vers la modernité… pour utiliser cette énergie physique gaspillée à d’autres tâches plus intellectuelles….( nous avons du charbon à Anou Araren pour cela),
·        Une régulation des établissements de crédits par la mise en place d’un organe chargé de veiller à la surveillance du secteur financier (il est inacceptable que des banques de la place proposent  des crédits à des taux de remboursement de plus de 13%),
·        Une amélioration des systèmes de transport (notamment la mise en place d’un réseau ferroviaire vers les pays côtiers : Bénin, Nigéria…) pour un acheminement et un échange commercial plus rapide et de qualité...), et cela vers toutes les grandes régions du Niger et non pas vers Niamey seulement.

·        La chasse au secteur informel qui nuit à l’économie,
·        Une amélioration et un développement des infrastructures hôtelières  et récréatives (jardins publics, parcs, terrains de jeux…),
·        Une rémunération décente et régulière pour les travailleurs du privé et du public,
·        La décentralisation des pouvoirs politiques et publics,
·        Une incitation au goût d’entreprendre, notamment par des mesures incitatives (diminution ou absence d’imposition pendant trois ans pour des entreprises nouvellement créées, absence  ou diminution des coûts salariaux, absence d’imposition sur le bénéfice des entreprises qui investissent un pourcentage de ce bénéfice dans le social, la santé ou qui le réinvestissent…)
·        Halte aux aides massives qu’on nous octroie et que nous remboursons deux à trois fois plus cher, etc.

Je vous laisse le mot de la fin
Je suis certain et convaincu que le Niger s’en sortira un jour et pour cela il faut qu’il y ait un changement radical dans la gouvernance (On ne peut pas laisser des gens à des postes de responsabilité pendant plus de cinq ans sans contrôle, ni audit), car tout le problème actuel et passé se retrouve hélas dans la mauvaise gestion du pays.

Omar Idé  Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Réalisée par Boubacar Guédé

 

Dernière modification le mardi, 28 février 2012 13:15