vendredi, 15 mars 2013 12:17

Invité : M. Amadou Boubacar Cissé, ministre d’Etat, ministre du Plan, de l’Aménagement du Territoire et du Développement Communautaire

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Monsieur le Ministre d’Etat, pouvez-vous nous édifier davantage sur le rôle et l’importance du département du Plan dans cette nouvelle dynamique de la renaissance du Niger ?
Selon la vision de Son Excellence Monsieur le Président de la République, le Niger se devait de renouer véritablement avec l’exercice de planification économique après plusieurs décennies d’affaiblissement de cette fonction.

«Avec le PDES 2012-2015, notre pays dispose d’un instrument permettant d’impulser un changement fort et un bond qualitatif majeur pour la maîtrise de notre développement»

En effet, l’abandon de la planification stratégique pendant dix ans pratiquement a eu pour conséquences la primauté des préoccupations de court terme sur celles à  long terme, une dilution des responsabilités quant à la conception et l’élaboration des politiques de développement, l’absence d’une capacité d’anticipation par rapport à la prise en charge des problèmes du pays, le manque de cohérence des politiques sectorielles élaborées au sein de l’administration publique, l’absence de coordination et d’harmonisation des interventions des partenaires techniques et financiers du Niger et la dégradation du cadre et des outils de planification.

C’est dans ce contexte que le Président de la République du Niger a décidé de la restauration de la planification à  travers la création du Ministère du Plan, de l’Aménagement du Territoire et du Développement Communautaire (MP/AT/DC). Cette décision procède de sa volonté de rechercher en particulier des solutions appropriées aux dysfonctionnements qui caractérisent la gestion du développement du Niger.

Ainsi, l’exercice de la planification stratégique permet au MP/AT/DC de définir, de préparer, de réaliser et de contrôler toutes les actions de développement à l’intérieur d’un cadre global unique et de veiller à leur harmonie avec les orientations majeures déjà définies par le Président de la République à  travers son programme pour la renaissance du Niger.  Le MP/AT/DC est également en charge de la mobilisation des ressources extérieures indispensables au financement du développement socio-économique du Niger.

L’objectif ultime étant de raffermir les fondements de notre économie et de renforcer son potentiel à réaliser un rythme de croissance accélérée et inclusive à même de répondre au double défi d’amélioration du revenu et de la création d’emplois.

Dans ces conditions, le champ d’action du MP/AT/DC, depuis sa mise en place en avril 2011, a été principalement double : d’une part, de remettre en place les cadres institutionnels propres  à réussir cette nouvelle approche de maîtrise à long terme de l’évolution du Niger, et d’autre part, de jeter les bases d’une mobilisation optimale des financements requis pour la réalisation des investissements majeurs et prioritaires, sources de création de richesses et d’emplois. De cet fait, le PM/AT/DC est chargé, en relation avec les Ministères sectoriels, de la conception, de la mise en œuvre et du suivi –évaluation de la politique de développement économique et social définie par le Gouvernement. D’où son rôle transversal.

Votre département ministériel a été le maître d’œuvre de l’élaboration du Programme de Développement Economique et Social (PDES), un document qui constitue un véritable socle pour la mise en œuvre de l’action gouvernementale. De façon très simple, en quoi consiste ce Programme et quels sont les résultats essentiels attendus de la mise en œuvre de ce programme ? 

Avec le Plan de Développement Economique et Social (PDES) 2012-2015, notre pays  dispose d’un instrument permettant d’impulser un changement fort et un bond qualitatif majeur pour la maîtrise de notre développement économique, social et culturel, afin d’inscrire durablement notre pays sur le chemin de la croissance.  Instrument opérationnel du Programme de Renaissance du Président de la République, de la Déclaration de Politique Générale et des engagements internationaux auxquels notre pays a souscrit, le PDES est désormais le Cadre unique de référence de la politique économique, sociale et culturelle de notre pays. A ce titre, il s’impose comme le cadre de programmation pluriannuel pour les interventions de l’Etat et des Partenaires Techniques et Financiers. Il a été élaboré  sur la base d’un large consensus qui a impliqué l’ensemble des parties prenantes, à savoir : l’Etat et ses démembrements, les organisations de la Société Civile, le Secteur Privé, les structures traditionnelles et les Partenaires au développement.

La vision du PDES se fonde sur l’édification d’un pays  émergent, bâti sur une économie dynamique, diversifiée, durable et harmonieusement répartie sur le territoire national, une République moderne, démocratique, citoyenne et bien gouvernée, une Nation riche de sa culture et de ses valeurs partagées, une société  ouverte sur le monde et attachée au savoir et à l’innovation technologique, prospère, équitable, solidaire, unie et en paix, engagée  à favoriser l’intégration africaine. Les principaux résultats attendus reposent sur : le renforcement de la crédibilité des institutions publiques pour assurer une gouvernance harmonieuse et efficace ; la concrétisation de grands projets structurants, tels que la construction du barrage de Kandadji et la réalisation d’un pôle de développement économique régional ; les nombreux investissements en Aménagements Hydro-Agricoles ; la construction de la centrale de Salkadamna dans sa composante extraction de charbon et énergétique et la construction de briquettes ; la construction de la centrale électrique de Gorou Banda pour renforcer notre capacité de production de l’électricité  ; le démarrage des travaux la boucle ferroviaire Cotonou-Niamey–Ouagadougou – Abidjan ; la mise en œuvre d’importants investissements routiers (tronçons Flingué – Tahoua ; Madadi-Madaroumfa-Nigéria ; la route du Pétrole ; la route de l’Aïr ; la route Arlit –  Assamaka et la route de Goudel) ; de très forts investissements dans les secteurs de l’éducation, de la santé et de l’eau potable et assainissement ; la construction de la cimenterie de Kao en vue de satisfaire la demande nationale de plus en plus importante ; la poursuite et l’intensification des aménagements du programme Niamey Nyala, concernant aussi bien la capitale que les agglomérations régionales ; l’intensification des programmes d’investissements des industries extractives (Anou Araren, seconde phase d’extraction pétrolière…..). S’ajoutent également une disparition progressive de l’insécurité  alimentaire et nutritionnelle  par la mise en œuvre réussie de l’Initiative 3N; une compétitivité retrouvée de notre économie, notamment par la valorisation de nos ressources hydrauliques et minières ; l’amélioration sensible des conditions de vie des populations, avec la réduction sensible de la pauvreté et une augmentation de 5% par an de la consommation des ménages ; l’émergence d’une classe moyenne dynamique, portée par la croissance économique, ainsi qu’une redistribution des fruits de la croissance au profit des plus pauvres, notamment par l’amélioration des services publics et plus particulièrement ceux de la santé, de l’éducation, de l’eau potable et de l’assainissement.

Toujours à propos du PDES, il y a quelques mois ce document a été présenté devant les bailleurs de fonds et les partenaires du Niger, lors d’une table ronde tenue à  Paris et des promesses ont été faites en vue de la mobilisation des ressources nécessaires à  son financement. Quelles sont les avancées enregistrées relativement à la traduction en acte des intentions d’appui ?

La Table Ronde des partenaires techniques et financiers sur le financement du PDES, tenue en novembre 2012 à Paris, a été un franc succès pour le Niger et tous les objectifs  fixés ont été atteints. Il faut rappeler que des représentants de plus de soixante dix Partenaires Techniques et Financiers (PTF) avaient pris part à la Table Ronde.

Outre l’adhésion des Partenaires Techniques et Financiers à la stratégie de développement déclinée à  travers le PDES, le principal résultat a été que la Table Ronde a débouché sur des annonces de financements pour un montant global supérieur à 4,8 milliards de dollars US, soit un peu plus de 100% des 4,7 milliards de dollars US qui représentaient le «  gap » de ressources non encore mobilisées à l’intérieur des 10,8 milliards de dollars US de financements nécessaires pour la réalisation du Plan d’Actions Prioritaires (PAP) défini à  l’intérieur du PDES.

Depuis la tenue de la Table Ronde, le Ministère du Plan, de l’Aménagement du Territoire (MP/AT/DC) s’est attelé  au défi de créer les conditions de mobilisation effective des annonces de financements pour la réalisation des programmes/projets d’investissements porteurs de croissance économique et d’emplois particulièrement pour la frange jeune des populations nigériennes. A cet effet, le MP/AT/DC a poursuivi les négociations avec les partenaires techniques et financiers ; ce qui a permis à date de signer des conventions de financement d’un montant total de près de 300 milliards FCFA. Les négociations sont également très avancées avec trois de nos principaux partenaires à savoir la Banque mondiale, la BAD et la BID en vue de concrétiser leurs annonces de financement faites au cours de la Table Ronde, pour un montant de plus de 2,1 milliards US dollars.

Le MP/AT/DC a en outre procédé à la mise en place opérationnelle des organes du dispositif institutionnel dédié  à la mise en œuvre du PDES. Il s’agit : d’une part des organes d’orientation politique et de pilotage à savoir : un conseil d’orientation, une commission interministérielle de planification stratégique et un comité Etat-Partenaires Techniques et Financiers et d’autre part, des organes techniques et opérationnels de suivi-évaluation que sont : un Secrétariat Permanent, des comités sectoriels, des comités régionaux, des comités départementaux, et des comités communaux de suivi-évaluation du PDES.

Votre département a organisé récemment la réunion du comité de pilotage sur la boucle ferroviaire. Pouvez-vous nous édifier par rapport à l’état d’avancement de ce projet intégrateur ?

Ce projet est effectivement un projet phare et structurant pour notre économie nationale. Le projet de construction et de réhabilitation de la boucle ferroviaire Cotonou-Parakou-Dosso-Niamey-Téra-Ouagadougou-Abidjan d’une longueur totale de 2970 Km est hautement prioritaire pour nos quatre pays qui sont concernés à savoir le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire et le Niger. Pour preuve, les Chefs d’Etat, réunis le 17 décembre 2012 à Niamey, dans le cadre du Conseil de l’Entente, ont retenu le projet de la boucle ferroviaire comme premier projet intégrateur à réaliser dans l’espace sous-régional et ont solennellement réaffirmé leur volonté de le voir se concrétiser dans les meilleurs délais.

Dans le cadre des activités préparatoires de ce projet, outre la table-ronde des partenaires techniques et financiers que vous avez mentionnée, une série de concertations au niveau ministériel ont été initiées. Elles ont permis d’aboutir à un consensus des Etats concernés pour une promotion commune de ce projet. Un dispositif institutionnel de gestion des activités préparatoires du projet a été mis en place. Il comprend : un Comité de Pilotage qui est l’organe de décision et d’orientation du projet et composé  des Ministres en charge du suivi de la réalisation de ce projet dans les quatre Etats concernés ; un comité des experts chargé  de la préparation des réunions du Comité de Pilotage ; un Secrétariat Permanent qui est la cellule technique de gestion du projet. Il disposera d’expertises technique, financière, juridique et administrative nécessaires à la conduite de toutes les activités préparatoires du projet. Il sera animé par un expert de haut niveau.

Actuellement, le MP/AT/DC s’attèle à rendre opérationnel le Secrétariat Permanent en le dotant de toutes l’expertise requise pour mener à bien sa mission. Au total, les travaux préparatoires pour la réalisation de ce projet structurant pour nos économies avancent et les diligences sont en cours de manière à assurer le démarrage effectif des travaux de construction et de réhabilitation au cours du troisième trimestre 2013, conformément à la volonté  des Chefs d’Etat.

Monsieur le ministre d’Etat, de manière globale, quel est aujourd’hui l’état  des relations entre notre pays et les institutions financières internationales ?

Les relations entre le Niger et les institutions internationales, et de manière générale les partenaires techniques et financiers, sont excellentes. Ces relations de coopération sont très fructueuses pour notre pays et partant pour notre économie. L’importance du volume de financements mobilisés depuis 2011 et le succès de la Table Ronde sur le financement du PDES sont la preuve de l’excellence de nos rapports avec tous nos partenaires techniques et financiers. Les différentes visites effectuées au cours des deux dernières années par la Directrice générale du FMI et la Première Vice-présidente de la Banque mondiale en sont également des témoignages éloquents.

Vous aviez effectué des déplacements dans plusieurs pays émergents, peut-on considérer ces actions comme entrant dans le cadre de la politique de diversification des partenaires ?

L’importance des besoins de financement de plus en plus croissants de notre pays, nous commande de nous orienter vers une diversification de nos partenaires techniques et financiers. Ainsi, tous en entretenant d’excellentes relations de coopération avec nos partenaires traditionnels, nous avons initié des actions en direction de nouveaux partenaires que sont principalement les pays émergeants à savoir principalement la Chine, la Malaisie, le Singapour et la Corée du Sud. C’est dans ce sens qu’il faut situer nos visites dans ces pays avec certains parmi lesquels nous sommes en discussions très avancées. Notre objectif est, tout en nous s’inspirant de leur expérience de réussite, de mobiliser les ressources financières adaptées à la couverture des besoins de financement de notre économie. 

Votre département, on l’a constaté, a été  très actif sur le plan de la mobilisation des ressources financières extérieures, notamment à  travers la signature de plusieurs conventions ; un succès apparemment mal perçu par certains Nigériens qui y voient  une façon d’accroître l’ardoise de l’endettement du Niger. Quels éclaircissements aimeriez-vous apporter à  ce niveau ?

Les autorités de la 7ème République ont un programme d’investissement très ambitieux dont la mise en œuvre nécessite d’importantes ressources. L’on comprend aisément que la mobilisation des ressources tant internes qu’externes constitue une des priorités de ce Gouvernement. Pour les ressources internes, beaucoup de réformes, notamment le renforcement des régies financières, sont entreprises pour permettre leur mobilisation accrue. S’agissant des ressources extérieures, des actions vigoureuses ont été entreprises pour davantage les mobiliser. Leur mobilisation est sujette à deux principes fondamentaux qui sont respectés.

Le premier principe est que ces ressources doivent être hautement concessionnelles, c’est–à-dire à des conditions de taux d’intérêt extrêmement favorables et à des maturités très longues, de manière à maîtriser notre endettement. En général, les emprunts contractés sont caractérisés par des taux d’intérêts compris entre 0% et 3% avec un différé moyen de l’ordre de 10 ans et une maturité moyenne de plus de 20 ans. Le second principe est que ces ressources sont utilisées au financement des projets d’investissement rentables qui puissent créer la richesse destinée au remboursement de la dette ainsi contractée.  Dans ces conditions, je puis rassurer nos compatriotes qu’à ce jour, notre niveau d’endettement reste largement soutenable, c’est-à-dire il correspond à nos capacités de remboursement et en deçà des normes communautaires retenues au niveau de la CDEAO et de l’UEMOA. En effet, le ratio de la dette par rapport au PIB se situe actuellement à 24% pour une norme communautaire de 70%. Donc, il n’y a aucun risque d’accroître de façon inconsidérée notre niveau d’endettement tout en soulignant qu’aucun pays du monde ne s’est passé de recours à l’endettement pour financer son développement.

Dans le même chapitre de la mobilisation des ressources extérieures, sous quels auspices s’annonce l’année 2013 pour le Niger ?

En dépit des résultats enregistrés au plan de la mobilisation des ressources extérieures, d’importants efforts restent à fournir. Pour l’année 2013, notre objectif en la matière est de poursuivre et d’intensifier nos efforts afin de mobiliser les ressources additionnelles nécessaires à la mise en œuvre du PDES, tout en veillant à une évolution maîtrisée de notre endettement.  L’année 2013 doit être l’année de la matérialisation des projets que nous avons identifiés comme prioritaires dans le PDES et pour lesquels le Président de la République a pris des engagements vis-à-vis de nos compatriotes.

Réalisée par Assane Soumana

15 mars 2013
publié le 15 mars 2013
Source : Sahel Dimanche

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