lundi, 18 mars 2013 07:25

Faits divers :telle mère, telle fille

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Sanda est surveillant général dans un établissement périphérique de la capitale. C’est après avoir servi pendant plus de 15 années comme professeur d’Histoire Géographie dans cet établissement qu’il a finalement reçu cette promotion. Le pauvre, il avait passé une dizaine d’années à faire presque tous les arrondissements de Maradi avant d’être muté à Niamey où il crée une ONG, pensant de cette manière mieux préparer une retraite qui s’annonçait tambour battant.

Eh oui, 30 années de service, c’est très vite arrivé si jamais on ne prend garde ; et, à cette époque, il y avait cette fallacieuse loi qui était en vigueur et qui envoyait de chevronnés enseignants à la retraite après juste 30 années de service. C’est donc oscillant entre les travaux de son ONG et de ses cours à l’école que Sanda commença à servir dans cet établissement. Dans cette carrière, une seule classe lui est restée en mémoire ; la 5ème E, une classe insupportable comme pas possible. Du reste, la classe était sous la conduite de Haissa, une jeune fille très précoce en tout. Au fait, le problème avec Sanda, c’est l’impolitesse précoce de cette jeune fille de 14 ans. Il est bien vrai qu’elle excelle dans d’autres précocités mais, en enseignant consciencieux, Sanda n’a jamais cédé aux provocations de cette jeune diablesse, cette « iblissette » comme dira mon grand frère. Ainsi, les sénces de jambes dénudées, les roulements des yeux et des hanches qu’elle utilisait savamment pour embobiner les jeunes professeurs n’ont jamais porté fruit avec Sanda. A chaque fois qu’il tombait sur une de ces scènes d’indiscipline, Sanda renvoyait Haissa ; plus, il la convoquait à la surveillance pour se plaindre. Chose curieuse, Sanda était toujours mis en minorité par les autres jeunes professeurs qui intervenaient dans la classe. Même sur bulletin, il n’y avait que dans la matière de Sanda où Haissa n’arrivait pas à avoir la moyenne. Sanda était gêné par cette situation car, en son for intérieur, il savait que cette diablesse n’était pas un enfant de coeur. Heureusement pour Sanda que Dieu ne dormait pas. En effet, l’année tirait à sa fin quand Haissa tomba enceinte. Trois professeurs et deux « villageois » furent convoqués. Finalement, le dévolu fut jeté sur un pauvre réparateur de moto qui supporta la grossesse et effectua le baptême de la fille que Haissa venait d’avoir.

15 années s’étaient écoulées et toute cette mésaventure était enterrée par monsieur Sanda devenu aujourd’hui le surveillant général du même établissement. Si les choses avaient un tant soit peu évolué pour Sanda, il reste qu’il broie encore du noir quant à l’indiscipline des enfants dont il a la charge de contrôler pour canaliser leurs écarts de conduite. Wohohoho ! Les jeunes d’aujourd’hui sont encore beaucoup plus bouillonnants que ceux d’il y a 15 ans ; c’est comme si chaque année augmente au calvaire déjà invivable de monsieur le surveillant. Surtout cette jeune fille, cette Fatou de la 5ème D, une fille impossible comme pas possible. Dans sa carrière d’enseignant et même de surveillant qu’il exerce aujourd’hui, jamais Sanda n’a connu une fille aussi casse pied que Fatou. Elle est régulièrement en retard ; elle s’absente comme bon lui semble ; elle reçoit des visites pas du tout orthodoxes à l’école. En effet, il ne se passe pas un jour que Dieu fait sans qu’un jeune garçon se présente pour demander à voir Fatou. Ou c’est son cousin, ou c’est son frère, ou c’est son tonton ; tous des gens du même âge qu’elle, à peine 15 ans. Ce jour mardi, il est 13 heures passées. A la faveur d’un de ces intempestifs coups de sifflets dont seuls les scolaires d’aujourd’hui ont le secret (du moins eux et les syndicats de leurs secteurs), tous les élèves sont rentrés chez eux. Seuls quelques-uns de bonne foi sont restés dans les classes en paillote pour s’exercer. C’est pour eux que monsieur le surveillant reste toujours à l’école, histoire de les protéger des brebis galeuses qui viennent les déranger. Ainsi, de temps à autre, le surveillant effectue une ronde dans l’établissement. Il était à cette ronde quand, en passant près d’une ‘’tanda’’, il perçut des bruits suspects. Il hasarda un regard à travers le séko et… scandale ! La jeune Fatou se faisait culbuter copieusement par un jeune MC. Après une kalmachchahada des plus tonitruantes, le surveillant intima aux deux jeunes indélicats de le rejoindre à la surveillance. Le jeune MC s’éloigna en courant. Quant à Fatou, le surveillant lui intima de faire venir ses parents à l’école le lendemain. Le lendemain justement, il était 8 heures quand Fatou se présenta au surveillant en compagnie d’une jeune femme emmitouflée dans un hijab. Dans un excès de colère, Sanda débita sur la jeune fille : « Imbécile ! J’ai dit de faire venir ton père ou ta mère ! Pas une tante à toi !». Soudain, la jeune femme laisse choir son hijab en faisant découvrir son visage. Elle dit calmement au surveillant : « Je ne suis pas sa tante mais sa mère. Monsieur… c’est moi … ». « De la 5ème E ? », rugit le surveillant. « Oui monsieur », répondit-elle sans coup férir. Le bouillonnant surveillant toussa par trois fois et dit : « euh… retirez-vous… je vous remercie de votre visite ».

Madougouizé. 

18 mars 2013
publié le 13 mars 2013
Source : Le Monde d'Aujourd'hui

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