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Il pleut des cordes à Niamey!

Il pleut des cordes à Niamey!Niamey, notre capitale, en cette troisième semaine d’Août, est soumise à un véritable déluge car il y pleut, presque sans interruption, depuis une bonne semaine. Et rien ne laisse présager que nous n’aurons pas la pluie jusqu’en fin Septembre !

Ironie du sort pour un pays sahélien qui, en cette période de culture et de moisson, a l’habitude d’implorer le ciel pour un hivernage fécond, voilà nos braves paysans en train de s’inquiéter pour cette profusion des pluies. Il y a bien sûr des raisons à cela.

Pour ce qui est des cultures vivrières, notamment le mil qui constitue la base de notre alimentation, dans la plupart des contrées des régions de notre pays, nous sommes dans la phase de grenaison (régions de Dosso et Maradi). C’est-à-dire que nous ne sommes pas loin des grandes récoltes (certaines régions ont déjà commencé). Hélas, quand le mil est en phase de maturité, il n’a plus besoin de beaucoup d’eau. Au contraire, c’est, en cette période, que l’ensoleillement achève le processus de maturité. Autant que le trop plein d’eau peut engendrer un phénomène de pourrissement qui amoindrirait forcément la performance des récoltes.

Par contre, pour certaines cultures de rente comme le maïs, le gros mil, arachide…les dégâts causés par le surplus d’eau, notamment sur les cultures destinées à l’exportation, sont moindres.

Un sol bien mouillé peut également profiter aux cultures de contre saison qui sont tributaires de l’irrigation. Cette situation peut amoindrir considérablement les exploitations agricoles qui se livrent à ce genre d’activités.

Si la profusion des pluies peut susciter des inquiétudes chez une certaine catégorie de paysans, par contre, au plan social, elle peut engendrer des catastrophes humanitaires. En effet, du fait que la majorité des maisons en zone rurale comme urbaine sont construites avec de la terre argileuse pétrie, les écroulements de toits et leurs lots de victimes sont très importants. Hélas, les enfants, le plus souvent, sont les plus concernés.

Au demeurant, pour éviter des drames supplémentaires, les autorités sont en train de procéder actuellement au déguerpissement de populations qui sont menacées par l’écoulement de pluies torrentielles.

Par ailleurs, le débordement de cours d’eau, dont notre pays est coutumier en cette saison d’hivernage trop généreuse en pluies, entraine également des destructions matérielles (comme les greniers) et des pertes importantes au niveau du cheptel.

Comme quoi, au sahel, les choses ne sont jamais simples…

Ibricheick

23 août 2017
Source : La Nation

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