Lancement du Projet de redressement économique et social du Lac Tchad (RESILAC) : 35 millions d’euros de budget pour toucher 90.000 bénéficiaires en quatre ans

La zone du Lac Tchad fait face à des défis à la fois écologiques, sécuritaires, humanitaires et sociaux aggravés par les effets néfastes des actions de l’organisation terroriste Boko Haram. C’est pour aider les populations et les pays concernés par cette crise que l’Union européenne a, à travers l’Alliance Sahel, initié le Projet de redressement économique et social du Lac Tchad (RESILAC). Ce projet a officiellement été lancé le jeudi 24 mai dernier à Niamey, au cours d’une cérémonie qui s’est déroulée à la Maison de la presse. Le lancement à été conjointement donné par le ministre délégué à l’Elevage M. Mohamed Boucha, l’ambassadeur chef de la Délégation de l’Union européenne SE. Raul Mateus Paula et l’ambassadeur de France au Niger SE. Marcel Escure.

Le RESILAC est doté d’un budget de 35 millions d’euros pour une durée de quatre (4) ans. Les interventions du projet couvriront une zone repartie sur quatre pays notamment la région de Diffa au Niger ; l’Etat de Borno au Nigeria, la région du Lac au Tchad et la région de l’Extrême –Nord au Cameroun. Les actions du RESILAC profiteront à 90.000 bénéficiaires directs et 1.600.000 bénéficiaires indirects en particulier les jeunes et les femmes. « C’est le plus important projet de développement de la région du Lac Tchad et constitue un programme phare de l’Alliance Sahel » a déclaré l’ambassadeur chef de la Délégation de l’UE au Niger. Il faut rappeler que l’Alliance a été lancée en juillet 2017 par l’Union Européenne, l’Allemagne et la France.

Pour le ministre délégué à l’Elevage, le RESILAC s’inscrit dans le plan régional de développement de la région de Diffa et cadre avec les politiques et stratégies du pays notamment le PDES et l’Initiative 3N. « Je suis convaincu que cette action va améliorer significativement la situation de la région de Diffa, souffrant non seulement du conflit armé qui sévit depuis 2015, mais aussi de problèmes structurels entravant le développement économique et social de cette riche région » a déclaré M. Mohamed Boucha avant d’ajouter que la situation de précarité des populations de Diffa et particulièrement celle des femmes et des jeunes constitue pour les autorités nigériennes, une préoccupation permanente. Le ministre délégué à l’Elevage a, enfin, invité le consortium d’acteurs à donner le meilleur d’eux-mêmes en vue de trouver des solutions durables aux défis qui se posent aux populations du Manga.

D’après SE. Raul Mateus Paula, le RESILAC a pour ambition de participer à la restauration de la stabilité socioéconomique de la zone du Lac Tchad qui, abrite plus de deux millions de personnes. Il contribuera à la restauration des systèmes d’alimentation et des marchés locaux et intègrera aussi des activités humanitaires. Le RESILAC comporte, en outre, un volet ‘’Recherche’’ qui permettra d’exploiter les leçons apprises, de produire des connaissances utiles et d’orienter le projet en conséquence. C’est pourquoi, l’ambassadeur Chef de la Délégation de l’UE a souligné la nécessité d’une coopération renforcée entre les différents acteurs. « Il est crucial d’assurer complémentarité, synergies et dialogue entre toutes les parties prenantes, tant en matière humanitaire que de développement» a estimé SE. Raul Mateus Paula.

Pour l’ambassadeur de France au Niger, le RESILAC contribuera à la consolidation de la sécurité et de la gouvernance, au renforcement du capital humain et au développement durable. « Les défis sécuritaires qui transcendent les frontières ne nécessitent pas seulement une réponse militaire coordonnée mais aussi des interventions pour un développement socioéconomique inclusif et durable » a estimé SE. Marcel Escure pour qui le RESILAC vient compléter le projet «Jeunesse Diffa» et le Projet d’appui à la sécurité alimentaire des ménages (PASAM) financés par la France à hauteur de 15millions d’euros spécifiquement dans la région de Diffa. « L’ensemble de ces projets traduit ainsi l’engagement de la France au côté du Niger pour faire face aux défis climatiques et sécuritaires du pays» a conclu l’ambassadeur Marcel Escure.

Siradji Sanda(onep)

29 mai 2018
Source : http://www.lesahel.org/

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