Journée mondiale de l’environnement : Le ministre Almoustapha appelle ses concitoyens à combattre le «fléau plastique»

M. Almoustapha Garba L’édition 2018 de la journée mondiale de l’environnement est célébrée ce jour 5 juin à travers le monde. Instituée par les Nations Unies et marquant le souvenir de la première conférence internationale sur l’environnement tenue à Stockholm en Suède, cette édition est placée sous le signe du combat contre les déchets plastiques à travers le thème « combat contre la pollution plastique ». Un choix de thème qui se justifie lorsqu’on sait que le plastique constitue, de nos jours, une véritable menace pour l’environnement et même pour l’existence humaine. En effet, avec un tonnage hallucinant de 500 milliards de sachets plastiques produits chaque année dont 8 millions tonnes déversées dans les mers et les océans, la question de la gestion des déchets plastiques devient une source de préoccupation pour les gouvernements et les défenseurs de la nature.

Dans le message qu’il a prononcé la veille de cette journée, le ministre de l’Environnement, de la Salubrité urbaine et du Développement

durable M Almoustapha Garba a indiqué qu’il a été produit durant ces dix dernières années plus de plastiques que tout au long du siècle précédent. De plus, a-t-il dit, la moitié des plastiques utilisés sont jetables et à usage unique, l’on consomme chaque minute plus d’un million de bouteilles en plastique et que les déchets plastiques représentent 10% des déchets produit par l’homme dénotant ainsi l’ampleur universelle de ces matières. Le ministre Almoustapha Garba a souligné le caractère non biodégradable ou difficilement dégradable des plastiques expliquant que certains peuvent durer plus de 400 ans avant de se dégrader. « Or, c’est ces catégories de déchets qui sont les plus rejetés dans l’environnement avec tous leurs effets néfastes sur les écosystèmes naturels sensibles comme les zones humides » a-t-il précisé. Mais les conséquences ne s’arrêtent pas qu’à l’environnement a prévenu le ministre car, soutient-il la santé humaine et animale et l’environnement biophysique paient également un lourd tribut à la prolifération des déchets plastiques.

La pollution atmosphérique par incinération à l’air libre des déchets plastiques génère des gaz très toxiques entrainant des maladies cardiologiques et respiratoires mais aussi d’autres troubles gastro-intestinaux provoquant la mort des animaux en cas d’ingestion. Dans l’espace UEMOA, les études ont montré que 25% du cheptel est perdu à cause de l’ingestion des déchets plastiques selon le ministre. Les déchets plastiques empêchent l’infiltration des eaux de pluies dans le sol, obstruent les caniveaux d’évacuation d’eaux usées, favorisent le développement des gîtes larvaires des moustiques. Face à tous ces soucis que posent les déchets plastiques, le ministre de l’Environnement a parlé sans ambages. « Nous vivons le péril plastique découlant de l’importation et de la consommation des divers matériaux en plastiques ». Il a notamment pointé du doigt les sachets plastiques polyéthylènes largement répandus dans le commerce et ce malgré l’interdiction d’importation, de production et de commercialisation en vigueur depuis 2014.

Soulignant que les autorités sont conscientes du phénomène, le ministre Almoustapha Garba a indiqué que son département est à pied d’œuvre pour appliquer la loi dans toute sa rigueur et créer un cadre pour une meilleure gestion des déchets plastiques. L’une des mesures consistera à créer une immense décharge municipale contrôlée conventionnelle. Le ministère entend également mobiliser le secteur privé pour investir dans la filière des déchets plastiques. Pour la célébration de la journée de l’environnement, l’accent sera le changement de comportement des populations face à la question de la prolifération des déchets en général et ceux plastiques qui envahissent notre environnement (rues, espaces verts, places publiques, cours d’eau, koris et vallées). La question de l’environnement est au cœur du Programme de Renaissance. Des nombreux efforts sont déjà fournis en plus des nouvelles initiatives prises à cet effet par le gouvernement. C’est le cas de l’institutionnalisation de la fête tournante, la création du ministère de l’Environnement, de la Salubrité urbaine et du Développement durable ou encore la loi portant interdiction de production, d’importation et de commercialisation des plastiques. Reconnaissant que beaucoup reste à faire pour enrayer le plastique, M Aloustapha Garba a interpellé la conscience des concitoyens sur la nécessité absolue de prendre soin de leur milieu et de leur environnement.

Zabeirou Moussa(onep)

05 juin 2018
Source : http://www.lesahel.org/

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