Eloigner le spectre des pieds dans l’eau

On avait annoncé qu’elle serait tardive, mais abondante, avec par endroit des inondations. La saison des pluies est bel et bien là, et tous les jours que Dieu fait, on constate un ciel assez fourni en nuages et des probabilités fortes de pluies diluviennes. Les braves paysans se satisfont déjà de ce début de campagne agricole en fanfare. Dans nos villes, c’est déjà le branle-bas avec les quelques quantités de pluie enregistrées ces temps-ci. En effet, à Niamey la capitale, comme dans les autres chefs lieux des régions, le problème d’assainissement se pose avec acuité. Après la moindre pluie, les rues sont systématiquement envahies d’eau de ruissellement qui stagne en formant par endroits de véritables marigots. Conséquence, il devient de plus en plus difficile de circuler dans certains quartiers.

A Niamey par exemple, des quartiers comme SONUCI, Bassora, Talladjé, et bien d’autres encore, détiennent la palme d’or de l’inaccessibilité. En effet, ces quartiers mal assainis sont difficiles d’accès pour les automobilistes en période d’hivernage. Leurs habitants sont toujours traumatisés par le cauchemar des nuits pluvieuses synonymes d’inondation des rues et même des maisons. Beaucoup ne savent plus à quel saint se vouer dès que la saison des pluies commence avec son récital de blocages des rues, et des cassis de fortune dressés pour protéger les murs de certaines concessions. Se frayer un chemin pour joindre son lieu de travail s’apparente à un véritable parcours de combattant pour ceux qui vivent dans ces zones à problèmes. Les «taximen » viennent encore en rajouter au calvaire de ces habitants en refusant obstinément de desservir ces zones d’angoisse.

Heureusement, cette année, avec les mesures prises par la Délégation Spéciale de la ville de Niamey, certaines inquiétudes liées aux eaux de pluie commencent à se dissiper. Car très tôt M. Moctar Mamoudou, le président de cette Délégation Spéciale, et ses hommes, ont pris la mesure du péril, et ont déployé leurs gros engins dans ces quartiers sensibles de la capitale. Et leurs interventions ont permis quelque peu, d’éloigner, de l’esprit des populations, le spectre des pieds dans l’eau. Mais ce ne sont là que des mesures d’urgence, et il va falloir trouver au plus tôt des solutions pérennes. C’est certainement le prochain défi que la Délégation Spéciale de Niamey doit relever pour permettre aux habitants de ces quartiers inondables de dormir les points fermés même quand il pleut des cordes.

Oumarou Moussa(onep)

06 juillet 2018
Source : http://lesahel.org/

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