Environnement : Maradi, un réservoir de ressources agro-forestières à préserver

La Région de Maradi est une zone agro-écologique par excellence au regard du potentiel agro-forestier dont elle dispose. On dénombre à l’échelle régionale 17 forêts classées totalisant 106.495 ha ; 45 domaines protégés couvrant 128 483 ha ; 450 périmètres de restauration d’une superficie estimée à 42. 000 ha et d’importants parcs agro forestiers résultants de la pratique de la Régénération naturelle assistée (RNA). Cependant, toutes ces ressources forestières sont confrontées à une forte pression liée à la démographie exponentielle de la région de Maradi.

Face cette situation qui pourrait compromettre l’équilibre écologique, la direction régionale de l’Environnement, la Salubrité Urbaine et du Développement Durable n’est pas restée les mains croisées. C’est ainsi que conformément à la politique nationale en matière de l’environnement, elle a adopté et développé un certain nombre de stratégies pour contenir ou atténuer les différentes pressions exercées sur les ressources forestières. Il s’agit notamment de l’élaboration et la mise en œuvre des plans d’aménagement participatif et de gestion durable des ressources forestières à travers la mise en place des marchés ruraux contrôlés de bois énergie ; la sensibilisation des communautés pour leur éveil de conscience sur la protection et la gestion des ressources forestières ; et la promotion des techniques de gestion durable des terres. Cette dernière a concerné la pratique de la RNA dans l’optique de renforcer la couverture ligneuse des terroirs agricoles en vue d’accroitre la disponibilité en bois, la protection et la fertilisation des terres agricoles pour atténuer la pression agricole ; la récupération des terres dégradées agricoles et pastorales dans l’optique de régénérer leur potentiel productif ; la lutte préventive contre les feux de végétation (ou feux de brousse) via l’ouverture des pare-feux pour la protection du disponible fourrager et la conservation de la diversité floristique. En outre, selon le directeur régional de l’environnement, le Colonel Maman Hamidou, entre 2018 et 2019, 14 706 ha des terres dégradées ont été récupérés dans la région de Maradi avec le soutien financier de l’Etat et des partenaires techniques et financiers. Quant à la régénération naturelle assistée, le Colonel Maman Hamidou précise que la région de Maradi est l’une des régions où la RNA fait partie des stratégies Gestion Durables des Terres les mieux adoptées par les producteurs. A titre illustratif, 73. 323 ha ont été traités entre 2018 et 2019 soit environ 30% de la superficie totale traitée à la même période au plan national.

S’agissant du secteur de la pêche, la région de Maradi regorge d’importantes potentialités halieutiques caractérisées par des plans d’eau (1 lac, 8 mares permanentes et 22 mares semi-permanentes et temporaires, 4 retenues d’eau) totalisant une superficie de 1500 ha, favorables au développement de la pêche ; plusieurs bassins et étangs piscicoles privés où les espèces de Tilapia et Clarias (Silures) sont élevées ; une diversité halieutique caractérisée notamment par les espèces suivantes : Latesniloticus, Oreochromissp, Clariassp, Bagrussp et Mormyrussp. Et enfin, 23 pisciculteurs inventoriés en 2017.

Malgré la volonté manifeste des acteurs de la pêche à sauvegarder et à mettre en valeur de façon durable les ressources halieutiques de la région, le secteur de la pêche reste confronté à plusieurs difficultés. Il s’agit entre autres de l’insuffisance de partenaires intervenant dans le secteur de la pêche et aquaculture ; de certains plans d’eau par des plantes indésirables ; ensablement du lac et des mares qui sont concomitamment exploités pour les besoins pastoraux, agricoles et halieutiques.

En perspective, la direction régionale de l’Environnement envisage la poursuite de la mise sous aménagement des forêts et de leur gestion participative et durable ; l’intensification des activités de gestion durable des terres notamment la RNA, la récupération des terres dégradées, la lutte contre les plantes envahissantes terrestres et la lutte contre les feux de végétation ; la promotion de la gestion durable des parcs agro forestiers dans l’optique d’accroitre la capacité de satisfaction des besoins en bois de feu et de service ; la promotion de la foresterie privée à travers le développement de plantations individuelles. Ce qui permettra de réduire la pression sur les formations végétales naturelles ; la promotion des produits forestiers non ligneux pour une meilleure conservation des espèces forestières ; le développement de la pisciculture intensive et extensive ; la communication pour un changement de comportement vis à vis des ressources naturelles notamment forestières.

Hassane Daouda, Envoyé Spécial

21 février 2020
Source : http://www.lesahel.org/

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