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Exploitation de l’uranium au Niger : L’ONG Aghir In'man se bat depuis 2002 pour faire connaitre l'impact des activités d'extraction de l'uranium au Niger. Son fondateur et président, Almoustapha Alhacen, reçoit cette semaine un prix international pour son action.Environ 30% de l'uranium extrait par Areva provient du Niger. Mais à quel prix ? Lauréat du prix international Nuclear Free Future Award 2017 (dans la catégorie Résistance), Almoustapha Alhacen mène un combat depuis 2002 pour la reconnaissance des conséquences environnementales et sanitaires de l'exploitation des mines d’Arlit.

Fondateur et président de l’ONG Aghir In'man, il reproche aux filiales d’Areva, qui exploitent ces mines depuis les années 70 dans le nord du pays, un manque de transparence sur l’impact de leurs activités sur les populations locales. "Nous avons constaté un certain nombre de maladies à Arlit et dans les campagnes environnantes. Ces maladies, qui touchent les personnes mais aussi les animaux, sont inhabituelles dans cette zone", explique-t-il. "Quarante ans après le début de l’exploitation, Arlit ressemble à des ruines et il y a des millions de résidus exposés à l’air libre, à moins de 5 kilomètres de la ville à vol d’oiseau, dénonce Almoustapha Alhacen. Nous avons hérité de la pollution durable et cette pollution, malheureusement, elle est là." 

Depuis 2010, l’entreprise Areva a lancé sur place des observatoires de la santé et n’a constaté aucune victime. Un dispensaire a également été mis en place pour les habitants, ainsi qu’un plan de mesure de la contamination d’Arlit. Mais l’inquiétude demeure dans cette ville de 140 000 habitants où les populations sont "exposées de manière chronique depuis l’enfance", affirme Bruno Chareyron, directeur de la Commission pour la recherche et l’information indépendante sur la radioactivité (Criirad).

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