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mercredi, 02 mai 2007 22:59

«La réussite de la Tunisie doit servir d'exemple à beaucoup de pays africains»

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Mme Aïchatou Mindaoudou, ministre nigérienne des Affaires étrangères, de la Coopération internationale et de l'Intégration africaine «Quand je qualifie le modèle de développement de la Tunisie de référence, je choisis bien mes mots»



Image«Je suis une très grande partisane de la coopération Sud-Sud Nous sollicitons l'expertise de la Tunisie pour faire avancer notre pays sur la voie du développement»

Dans le cadre de la consolidation des relations de coopération avec les pays frères et amis, qui constitue un des piliers de la politique étrangère et de la diplomatie de la Tunisie du Changement, la Tunisie accorde une place de choix à la coopération Sud-Sud, plus particulièrement avec les pays du continent africain.

C'est dans ce contexte que notre pays vient d'accueillir Mme Aïchatou Mindaoudou, ministre nigérienne des Affaires étrangères, de la Coopération internationale et de l'Intégration africaine, à la tête d'une importante délégation pour participer aux travaux de la 6e grande commission mixte entre les deux pays.

Cette visite a été riche et consistante en activités avec une séance de travail entre les deux délégations, en plus des entretiens de l'hôte de la Tunisie, notamment, avec le ministre des Affaires étrangères, le président de la Chambre des Députés, le ministre du Commerce et de l'Artisanat et le ministre de la Santé publique qui ont constitué une occasion propice pour identifier les divers créneaux potentiels de coopération bilatérale afin de hisser les relations, déjà excellentes, entre les deux pays à des paliers encore supérieurs et passer à la vitesse de croisière.

Le point culminant de cette visite a été, sans conteste, celui de la signature d'une série d'accords dans plusieurs secteurs.

Cette visite a été, également, une opportunité pour l'illustre hôte de se rendre compte de visu de l'oeuvre de développement réussie par la Tunisie, qualifiée par Mme Aïchatou Mindaoudou de référence et d'exemple à suivre par plusieurs pays africains.

Pour en savoir plus sur cette visite et sur les perspectives de coopération bilatérales ainsi que sur d'autres problématiques touchant, notamment le continent africain, nous avons rencontré la ministre nigérienne qui a bien voulu nous entretenir de toutes ces questions. Interview

Pour commencer, pourriez-vous nous donner, de votre point de vue, un aperçu sur l'état des relations bilatérales et comment les qualifieriez-vous?

Pour vous donner un aperçu sur l'état des relations bilatérales entre le Niger et la Tunisie, il n'y a pas une meilleure façon de le faire que notre présence ici en Tunisie à l'occasion des travaux de la 6e session des travaux de la grande commission mixte.

Et pour qualifier nos relations bilatérales, il y a un seul mot : elles sont excellentes.

Que peut-on attendre de votre visite en Tunisie, de la tenue des travaux de la 6e session de la grande commission mixte tuniso-nigérienne et des accords conclus pour l'avenir de la coopération bilatérale ?

Les sessions des commissions constituent toujours une occasion pour faire le point sur le chemin parcouru et réfléchir sur les perspectives en identifiant, le cas échéant, de nouvelles voies pour renforcer la coopération, et la redynamiser.

Malheureusement, nous avons fait le constat, jeudi, que cette coopération était un peu au creux de la vague. Nous avons, alors, identifié les problèmes dus simplement au manque de suivi assez strict des décisions issues des différentes commissions mixtes précédentes.

C'est la raison pour laquelle nous avons décidé d'innover, cette fois-ci, en mettant en place un mécanisme de suivi qui va se réunir régulièrement au niveau des experts des deux pays, entre les deux sessions pour évaluer l'état d'avancement de la mise en exécution des décisions et faire des propositions.

D'autre part, nous pouvons, mon collègue et moi, nous rencontrer en dehors du cadre de la commission mixte pour donner l'impulsion nécessaire aux projets convenus. C'est l'aspect le plus important car il traduit la volonté commune d'aller toujours de l'avant et de nous impliquer davantage, surtout que ce sont là les instructions fermes que nous ont données les Chefs d'Etat de nos deux pays.


Vous estimez, donc, que les perspectives sont prometteuses ?


Prometteuses, oui. Et beaucoup plus qu'elles ne le sont actuellement. Je peux, d'ailleurs, annoncer que du 7 au 9 mai prochain se tiendront à Niamey les Journées économiques de la Tunisie, ce qui constitue, déjà, un indicateur de notre volonté pour que les choses avancent et aillent de l'avant.

Vous avez qualifié le modèle de développement de la Tunisie de référence. Qu'attendez-vous, justement, de la Tunisie, de son expérience, de son savoir-faire et de son modèle de croissance ?

Quand je parle de référence, je choisis bien mes mots. Du point de vue de la promotion de la femme, de l'éducation, du bien-être de la population, je veux dire par là, à titre , "une maison pour tous, une voiture pour tous", la Tunisie est vraiment une référence dont on devrait tirer normalement profit. Et ce sont parmi les raisons pour lesquelles, dans différents domaines, nous sollicitons l'expertise de la Tunisie pour enrichir et faire avancer notre pays sur le chemin du développement.

Quelle est votre vision de la coopération entre pays africains et que pensez-vous de la formule des regroupements au sein du continent africain?

La coopération entre pays africains est une philosophie ancienne définie par nos aînés dans le cadre de la coopération Sud-Sud. De toutes les façons, la coopération entre les pays du Sud est l'avenir de la coopération en Afrique parce que nous avons, sinon le même niveau de développement ou, du moins, ceux qui sont en avance sont passés par certaines étapes que ceux qui sont en arrière.

Donc, quoi de mieux que de pouvoir identifier les écueils par lesquels sont passés les pays en avance et de voir comment ils les ont surmontés ! Ainsi, on raccourcit les temps et on bénéficie de l'expérience et des conseils de ces pays même s'ils n'ont pas de moyens matériels et financiers.

Je suis une très grande partisane de la coopération Sud-Sud parce que nous nous comprenons, nous connaissons les problèmes des uns et des autres et nous savons comment les surmonter.

En ce qui concerne les regroupements au niveau de l'Union africaine (UA), il y a tout un débat qui est en cours depuis la mise en place de la nouvelle structure de l'UA. Il y a certains pays qui sont très pressés et qui veulent aller très vite avec des structures gouvernementales normales. D'autres disent qu'ils veulent prendre leur temps, de réfléchir pour jeter les bases solides et aller par étapes. Les deux ont raison . Les premiers parce que l"objectif initial depuis les années soixante, et qui avait présidé à la création de l'OUA, c'était cela.

Les seconds ont raison aussi parce qu'une telle entreprise, qui est quand même la vocation de tout Africain, ne peut pas se faire au pas de course, mais toujours est-il que les chefs d'Etat ont pris conscience de cela. En effet, au cours du dernier sommet de l'UA à Addis-Abeba, ils nous ont instruits, nous ministres des Affaires étrangères de nous réunir pour réfléchir sur l'avenir de l'Union, de faire des propositions concrètes.

Dans le même ordre d'idées, lors du séminaire des ministres des A.E., la semaine prochaine à Durban, nous allons exprimer de façon claire la position du Niger et agir. Et à Accra, cette position sera également exprimée. Et je forme l'espoir que le seul gagnant sera l'Afrique.

Y a-t-il des projets de coopération multilatérale et que peut apporter cette formule aux pays africains concernés ?


On a pris l'habitude de dire, désormais à juste titre, que le monde est devenu un village planétaire. Il est, donc, tout à fait normal que la coopération multilatérale, qui a toujours existé, soit repensée et réorientée parce que la coopération multilatérale, qui a existé depuis l'indépendance de nos deux pays, n'a pas été efficace pour nous sortir des problèmes de développement.

Plus encore, je sais que dans la plupart des pays africains, la pauvreté n'a fait qu'empirer malgré l'énorme quantité d'argent injectée? Cela veut dire que les modalités, qui n'ont pas été les bonnes, ont fait que les objectifs attendus n'ont pas été atteints. C'est qu'au début, ce n'était pas participatif. On ne demandait pas l'avis des populations des pays. On greffait juste des programmes.

Je pense que, maintenant, que ce soit du point de vue de la Banque mondiale ou du Fonds monétaire international ou de toutes les coopérations mutilatérales, cette conscience est là. Et en nous asseyant ensemble pour définir les programmes, je crois qu'on peut trouver la voie.

Vous venez de parler de l'accentuation de la pauvreté dans certains pays d'Afrique. Que pensez-vous de l'impact de l'approche du Président Ben Ali pour l'éradication de ce fléau avec des propositions concrètes telle la création du Fonds mondial de solidarité qui est d'ailleurs inspirée de l'expérience tunisienne du Fonds de solidarité nationale ?


Du point de vue multilatéral, les idées avancées par le Président Ben Ali et les modalités de leur mise en oeuvre entrent exactement dans la ligne droite de ce que je viens de dire, c'est-à-dire dans un cadre de reformulation de la coopération multilatérale, tout en répondant aux demandes provenant des pays qui en sont bénéficiaires.

Maintenant, du point de vue de l'expérience interne de la Tunisie en ce qui concerne la solidarité, la lutte contre la pauvreté et le développement économique, quand j'ai parlé tout à l'heure de référence, je suis persuadée que votre pays a réussi et la réussite de la Tunisie doit servir d'exemple à beaucoup de pays africains.

Et je sais qu'il n'y a pas que le Niger. Plusieurs pays africains viennent ici pour vous écouter et vous regarder à l'oeuvre pour tirer les leçons de l'expérience tunisienne et aller les dupliquer dans leurs pays respectifs pour pouvoir impulser le développement économique chez eux. Et comme il s'agit d'un pays du Sud comme le nôtre, ces expériences sont facilement assimilables chez nous.

02 Mai 2007
Publié le 1er Avril 2007
Source: http://fr.allafrica.com/

 

Dernière modification le mardi, 28 février 2012 13:15