Sanef 2018

jeudi, 12 janvier 2017 10:51

Gouvernance Issoufou : l’homme aux mauvais choix

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IssoufouS’il y a quelque chose dont la Renaissance devait se plaindre, ce ne serait ni d’une opposition mal en point, encore moins d’un Hama Amadou exilé. C’est bien des mauvais choix que son chef a, lui-même, délibérément faits. Qui a choisi de marcher à Paris pour ensuite se déclarer « Charlie » ? Issoufou ! Qui a emprisonné son principal challenger pour organiser des élections tropicalisées et se déclarer vainqueur avec 92,51% des suffrages ? Issoufou ! Qui a politisé l’Administration au point que la plus part des cadres compétents sont mis à la touche ? Issoufou ! Qui a refusé d’organiser les élections locales pour ajourner le mandat des conseillers élus en lieu et place du peuple ? Issoufou !

Qui a choisi de diviser les Nigériens au point de pourrir l’atmosphère sociopolitique ? Issoufou ! Qui a concassé les partis politiques avec des répercutions sur la cohésion de la société dans son ensemble ? Issoufou ! Qui a rehaussé l’effectif des députés de 113 à 171, grevant du coup le budget de l’Assemblée nationale à 16 milliards au lieu de 9 ? Issoufou ! Qui a formé un gouvernement pléthorique de 43 membres ? Issoufou ! Qui a nommé des conseillers avec rangs de ministres et chargés de missions qui alourdissent la masse salariale sans aucune plus-value pour l’Administration publique ? Issoufou ! Qui a asséché le Trésor public ? Issoufou ! Qui a mobilisé des Nigériens pour le soutenir contre une autre partie de Nigériens ? Issoufou ! Qui n’a jamais respecté les accords signés avec les partenaires sociaux de l’éducation notamment les scolaires et les enseignants ? Issoufou ! Qui a des collaborateurs belliqueux de la trempe d’un Massaoudou ou d’un Bazoum ? Issoufou ! Qui est incapable de laisser la justice sévir contre ses proches lorsque ces derniers sont soupçonnés de détournement, de corruption ou même de trafics ? Issoufou ! Qui a autorisé l’installation de bases militaires étrangères sur le territoire nigérien ? Issoufou ! Qui a acheté un vieil aéronef à 21 milliards aux Iles-caïmans ? Issoufou ! Qui a promis monts et merveilles à son peuple et qui l’a plongé dans une crasseuse pauvreté ? Issoufou ! Qui a emprisonné des pères de famille au motif d’un coup d’Etat dont les contours sont toujours flous, une année plus tard ? Issoufou ! Qui a félicité les autorités de Niamey suite aux monstrueux déguerpissements dans la capitale ? Issoufou ! Comme on le voit, la Renaissance devait se plaindre d’elle-même et non d’une société civile qui ne fait qu’exprimer les frustrations d’un peuple. Le pouvoir du président Issoufou est victime de ses propres choix. Choix, qui se plient plus aux exigences partisanes qu’à l’intérêt général. Dans la gouvernance d’un pays, on ne saurait réussir tant que l’on ne met pas en avant l’intérêt collectif. C’est tout ce qui manque à la Renaissance et elle ne saurait l’avoir parce qu’elle n’est pas animée par des hommes d’Etat, mais bien par des chefs de clans !

Ibrahim A. YERO

12 janvier 2017
Source : Le Monde d'Aujourd'hui

Dernière modification le jeudi, 12 janvier 2017 23:14