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mardi, 17 janvier 2017 03:42

La riposte de la majorité

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MRN marche 08 01 2017Suite à la manifestation impressionnante des partis politiques de l’opposition et de certaines organisations de la société civile, du 21decembre dernier à Niamey, les partis politiques membres de la mouvance présidentielle, ont riposté en montrant à leur tour, que sur ce terrain, ils pouvaient tenir la dragée haute à leurs adversaires.

La manifestation du 8 janvier 2017 de soutien au Président de la République a drainé beaucoup de monde. En comparaison de celle de la société civile du 21 décembre 2016 soutenue par l’opposition politique, on peut s’accorder avec l’expression d’un de nos confrères pour dire qu’il n’y a pas eu match.

Ceci pour dire que la réplique fut bien administrée. Non pas seulement en termes de mobilisation, mais celle de la MRN fut nationale en ce qu’elle s’est tenue sur l’ensemble des 8 chefs-lieuxe de région. D’ailleurs peut-on vraiment mettre en balance les actions du Président de la République, élu, du moins réélu par le peuple et les humeurs d’une société civile qui n’a aucune légitimité, encore moins un mandat ? Certes, l’existence d’une société civile est fondamentale en démocratie puisqu’elle donne la mesure de l’exercice des libertés fondamentales mais qu’elle n’aspire pas à conquérir le pouvoir, ses animateurs se doivent d’éviter de glisser sur les revendications politiques. Par exemple, quand la société civile rejette la légitimité du Chef de l’Etat dans un pays où l’opposition politique qui possède tous ses droits a fini par reconnaitre les résultats des élections, on peut bien se poser la question sur ses véritables intentions. La manifestation du 8 janvier 2017 d’envergure nationale en soutien au Président de la République, au-delà d’être perçue comme une réplique à celle du 21 décembre 2016, peut être interprétée comme un message clair envoyé à la société civile. En démocratie, c’est la constitution votée par référendum par le peuple souverain qui régit les règles de fonctionnement d’un pays, parmi lesquelles l’élection du Président de la République, la fin de son mandat et l’exercice des droits fondamentaux notamment le droit de manifester au nom duquel se fonde la société civile pour organiser ses manifestations. Toute autre voie de remise en cause de la légitimité du Président de la République est donc anticonstitutionnelle et par conséquent remet en cause la constitution et toutes les libertés qu’elle garantit. C’est là le message qu’on peut lire à travers la mobilisation conséquente du 8 janvier 2017 qui n’a pas vu que la participation des seuls partisans du Président de la République mais de tous ceux qui sont jaloux de la préservation du cadre démocratique. « Je ne suis pas partisan de la Mouvance pour la Renaissance du Niger. Je ne suis non plus militant d’un parti de l’opposition. Je n’ai pas voté pour Mahamadou Issoufou aux dernières élections présidentielles. Je ne suis pas d’accord sur la gouvernance actuelle. Mais, j’ai marché le 8 janvier 2017 pour dire non à la désacralisation des institutions démocratiques tout comme le 21 décembre 2016, j’étais dans la manifestation citoyenne pour exprimer ma colère face aux maux comme la corruption, l’impunité, la mauvaise gouvernance qui sont imputables au régime actuel », propos d’un enseignant au micro de Haske, qui vraisemblablement croit comme de nombreux autres citoyens que la société civile est en train de sortir carrément de son rôle. S’attaquer à la légitimité du Président de la République élu par le peuple, confirmé par la Commission Electorale Nationale Indépendance (CENI) et légalement investi par la Cour Constitutionnelle, c’est désacraliser les institutions de la République et s’attaquer à la Constitution, donc toutes choses dont justement la société civile a le droit de protection.

Pour revenir la manif du 21 décembre 2016 et à sa réplique du 8 janvier 2017, disons que maintenant que chaque camp a pu se jauger, il est temps d’arrêter ces sorties de rue qui donnent l’impression d’un Niger en perpétuel recommencement et en instabilité permanente et se mettre résolument au travail.

Omar Kané  

17 janvier 2017
Source : Haské

Dernière modification le mardi, 17 janvier 2017 04:38