mardi, 17 janvier 2017 14:10

Dépôt d’une motion de défiance contre le maire de la commune rurale de Roumbou (Dakoro) et le refus de la convocation de la session : Le ministre en charge des collectivités doit mettre fin à l’anarchie !

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Dakoro Maradi Niger 01Décidément sous la 7ème République, la gestion patrimoniale des affaires publiques est devenue un cancer qui s’étend partout. Cette situation n’est pas seulement le propre de ceux qui sont au sommet de l’Etat au niveau central. Loin s’en faut ! Ce qui se passe à l’intérieur du pays, notamment dans certaines collectivités décentralisées   est sidérant. C’est le cas au niveau de la commune rurale de Roumbou, située dans le département de Dakoro, région de Maradi. Le maire de cette localité se conduit d’une manière singulière.

Neuf (9) conseillers sur les onze (11) ont signé une motion de défiance depuis 28 novembre 2016 contre le maire, le sieur Yacouba DJACKOU. Les griefs exposés dans le document en notre possession mettent en relief la transgression tous azimuts du code général des collectivités territoriales. Les conseillers ont relevé leur exclusion de la gestion de la mairie, la caporalisation par le maire Yacouba DJACKOU de toutes les rencontres avec les partenaires au développement, l’opacité dans la gestion, l’absentéisme de tout puissant maire. Bref, à les entendre, Yacouba DJACKOU gère la commune rurale de Roumbou à la manière d’un autocrate. Pire, ce dernier ne souffre point la contradiction et refuse même «la délégation de certaines attributions à son adjoint» qui est réduit à faire de la figuration. Ils soulignent que l’opération achat des céréales « grenier du paysan» qui est financée par le projet PAC3 a manqué de transparence. Le maire, selon toujours les signataires fait des pieds et des mains pour attribuer « le marché de gré à gré à ses proches » ; la construction d’un park de vaccination devant avoir lieu dans le village de Maigochi « a été détournée par le maire au profit de son village natal » ; le gardien de la Mairie a été congédié par ce dernier qui a recruté « un autre sans l’avis du conseil ». Les signataires de la motion de défiance poursuivent en expliquant que le maire Djackou a un tempérament difficile. Il s’«emporte et refuse de répondre aux questions posées par les conseillers. Il fait lever la séance avant que l’ordre du jour ne soit épuisé». La gestion personnelle du maire   et la confusion dans les rôles ont été également pointés de doigt  puisque le maire est à la fois « ordonnateur, receveur et billeteur». Le receveur est au chômage forcé depuis «17 mois». Que dire de ce maire qui fait la ronde dans les marchés pour « suivre les collecteurs et récupérer les sommes collectées». Et lorsqu’il est absent, ce denier prend les dispositions pour que les recettes lui soit envoyées via «BENIF AFUWA». Pendant ce temps, les salariés de la collectivité compilent des arriérés « 19 mois pour l’adjoint au maire ; 26 pour le secrétaire municipal ; 20 mois pour l’agent d’Etat civil». Forts de tous ces éléments d’appréciation, les signataires de la motion de défiance (liste en fac-similé) ont décidé de retirer leur confiance au trublion de maire le sieur Yacouba Djackou. Par ailleurs, face au refus de convoquer une session extraordinaire pour discuter de tous les reproches à lui fait, les conseillers ont saisi le préfet de Dakoro M. Abass Harou qui, lui aussi fait   du dilatoire en violation des textes en la matière. Une attitude réactionnaire qui en dit long sur la connivence supposée entre les deux personnes. Les mécontents ne désarment pas pour autant. Ils viennent d’adresser deux correspondances, l’une à la Halcia et l’autre à l’Inspection d’Etat avec comme ampliateurs le ministère de l’intérieur et le gouvernorat de Maradi.

En attendant l’épilogue de cette affaire, si vous voulez un cas pratique de mauvaise gestion de nos collectivités, faite-y un détour par la commune rurale de Roumbou, vous n’en serez pas déçu.

Le ministre de l’intérieur en charge des collectivités doit interpeller le Préfet de Dakoro pour mettre fin à cette violation de la loi par lui et le maire qui de toute évidence refusent sciemment de convoquer la session si cela n’est une question de deux poids deux mesures.

17 janvier 2017
Source : Le Temps

Dernière modification le mardi, 17 janvier 2017 19:57