mardi, 17 janvier 2017 14:12

Politique du ventre : Seïni Oumarou marche et danse sur les « cadavres politiques » de ses militants

Évaluer cet élément
(1 Vote)

Seini Oumarou MNSD Renaissance Acte II 01En début du week-end écoulé, le président du MNSD-Nassara Seïni Oumaroua a tenu un meeting à Tillabéri, autrefois fief du parti. Objectif : réaffirmer son insolite appartenance à la mouvance présidentielle. Le 8 du mois en cours, dans la même dynamique, le monde entier l’a vu marcher derrière Bazoum Mohamed pour soutenir le président Issoufou. L’homme a osé même quelques manifestations de joie à cette occasion. Pourtant, trois de ses militants et pas des moindres, croupissent dans les geôles de la Renaissance Acte II.

Pire, le parti de Seïni Oumarou a une incommensurable dette morale envers l’un d’eux, Sani Bala Dan Sani, coordonnateur du MNSD à Maradi dont le père a rendu des services inestimables au parti MNSD pour lequel il s’est battu jusqu’à son dernier souffle. Tout le monde connaît l’histoire de ce militant dont la conviction et l’engagement sont exemplaires. Les deux autres infortunés, sont abandonnés aujourd’hui par leur famille politique, ou du moins, le leader de leur parti qui semble désormais capables de tous les vices politiques tant que cela lui permet de gérer les 500 millions constituant le budget alloué à son institution : la Haute représentation du président de la République. Puisque Seïni est Haut représentant, son organisme ne peut qu’être Haute représentation du président de la République, n’est-ce pas ? Même si cette appellation n’a aucun sens apparent.

En tout cas, le président de l’ancien parti de l’opposition est bien décidé à rester « poli » pour ne pas froisser celui dont il est le haut représentant, cela même au prix de la liberté de ses compagnons politiques et du désarroi de leurs familles respectives. Difficile de ne pas parler de problème de conscience ici. Le plus grave, c’est que lorsque Seïni Oumarou rasait les murs de la Renaissance à la recherche d’une fissure où s’engouffrer, ses proches avaient fait croire que parmi ses exigences la question de la libération de tous les détenus politiques y compris ceux de parti Lumana n’était pas négociable. Que leur libération était inconditionnelle à tout ralliement, ou disons, assujettissement au Guri system. A l’épreuve des faits, ce n’était qu’un leurre. Mais rien d’étonnant pour un Seïni Oumarou que son ami Hama Amadou avait fait des pieds et des mains pour le remplacer à la Primature en 2007 mais qui a fini par aider à l’envoyer en prison avant de profiter de l’occasion pour lui arracher la présidence du MNSD-Nassara, une année plus tard. Récemment, c’est le même Seïni qui a trahi ses amis de l’opposition en leur donnant un véritable coup de masse non pas sur la tête mais au beau milieu de la colonne vertébrale.

Ainsi donc, ce samedi, pendant que ses camarades militants gardent toujours prison depuis plus d’un an sans jugement et sans qu’aucune preuve ne soit apportée contre eux, le président du MNSD, lui, réunit sa meute à Tillabéri pour chanter et danser aux rythmes de la Renaissance. Et là même de quelle manière ? Le jour de ce rassemblement dans la région du fleuve, nous avons vu un bus dans les encablures de Zabarkan non loin du centre commercial venu à la pêche de candidats en partance pour Tillabéri. Malheureusement pour le vendeur d’illusions, il est retourné comme il était arrivé puisque personne ne voulait opérer un tel déplacement pour un misérable billet de 2 000 FCFA.

Aussitôt venus auprès de ses nouveaux amis, Seïni a donc très vite appris comment ça marche sous l’arbre Renaissance : nul besoin d’une quelconque légitimité, tout s’achète ou s’arrache selon les circonstances. Quelle décadence pour un homme présenté comme un « sage » ! Si à Tillabéri même le MNSD-Nassara n’a désormais d’autre choix que « d’importer » des militants de Niamey pour tenir un simple meeting, cela veut dire que ceux qui annoncent la mort certaine de ce parti politique ont tout à fait raison. Dommage !

17 janvier 2017
Source : Le Canard en Furie

Dernière modification le mardi, 17 janvier 2017 19:22