jeudi, 19 janvier 2017 03:29

11ème Réunion des ministres de l’Intérieur des pays membres de la CEN-SAD, à Niamey : Mutualisation des efforts pour faire face au phénomène de la migration irrégulière

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CEN SAD Niamey 2017.jpg La 11ème réunion des ministres de l’Intérieur des pays membres de la Communauté des Etats Sahélo-Sahariens (CEN-SAD) s’est tenu, hier à la salle Margou de l’Hôtel Gaweye de Niamey. La rencontre a vu la participation des délégations des pays membres de la CEN-SAD, du Secrétaire général de ladite organisation M. Ibrahim Sani Abani, des représentants de la CEDEAO, de la CBLT, du Conseil de l’Entente, de l’OIM, de la Fondation Hanns Seidel et de plusieurs autres invités et représentants des partenaires. C’est le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité Publique, de la Décentralisation et des Affaires Coutumières et Religieuses M. Bazoum Mohamed qui a présidé les cérémonies d’ouverture et de clôture des travaux à l’hôtel Gaweye. Cette rencontre sanctionnée par une déclaration dite Déclaration de Niamey, a eu pour thème les migrations irrégulières et les enjeux de sécurité.

En procédant à la clôture des travaux, hier dans l’après midi, le ministre d’Etat Bazoum Mohamed a félicité les experts pour la qualité du travail abattu en si peu de temps. Il s’est aussi félicité du fait que cette 11ème réunion a permis aux ministres d’échanger sur des thèmes connexes à la migration irrégulière à savoir le trafic illicite des migrants, le terrorisme et les différents réseaux qui sont associés. «La coopération des Etats membres constitue l’un des principaux facteurs de succès dans notre lutte commune contre la migration irrégulière et les menaces terroristes » a estimé M. Bazoum Mohamed. A cela s’ajoute le renforcement des capacités des acteurs.

C’est pourquoi, le ministre d’Etat a insisté sur la responsabilité des Etats membres à actionner avec efficacité et efficience ces deux leviers. Il a salué l’initiative de la CEN-SAD pour la création d’un centre anti-terroriste qui sera basé en Egypte et l’octroi de 1000 bourses de formation au profit des forces de sécurité des Etats membres. « La présente rencontre s’achève, à mon sens, sur une note de satisfaction (…) grâce à votre esprit d’ouverture et votre sens aigu de responsabilité » a dit le ministre Bazoum Mohamed qui a tenu à remercier, au nom du Chef de l’Etat et du Premier ministre, tous les participants.  

A l’ouverture de la réunion, le ministre d’Etat a rappelé que cette 11ème réunion des ministres de l’Intérieur des pays membres de la CEN-SAD se tient dans un contexte de crises et de conflits dans différentes parties du monde et notamment dans l’espace sahélo-saharien. Ces crises dit-il, impliquent des bouleversements politiques, des recompositions identitaires, de dislocations des territoires et dessinent inévitablement une nouvelle géopolitique. M. Bazoum Mohamed a ajouté que ces crises impliquent aussi une augmentation des flux migratoires notamment de l’Afrique vers l’Europe mais surtout à l’intérieur de l’Afrique.

« Ces dernières années, on estime à plus de 10.000 africains morts en tentant de traverser la Méditerranée. C’est un véritable sujet de préoccupation pour nos pays et nous devons l’aborder avec responsabilité. Les migrations irrégulières interpellent les incohérences de certaines politiques menées dans nos pays dans lesquelles les jeunes et les femmes sont devenus des victimes » a souligné M.     Bazoum Mohamed . Aussi, le ministre d’Etat, a souligné que la situation sécuritaire dans l’espace sahélo-saharien se caractérise de Dakar à Djibouti par des crises multiples mais aussi de progrès économiques certains pour tous les pays, avant d’ajouter que l’association entre les terroristes et les trafiquants de drogue a rendu la menace contre la sécurité de nos Etats plus grande.

Pour le ministre d’Etat,       ministre de l’Intérieur M.     Bazoum Mohamed les Etats Sahélo-sahariens doivent   repenser leurs politiques   migratoires et sécuritaires en redéfinissant de nouveaux standards pour faire face aux nouveaux défis. « Il faudra intensifier la coopération Sud-Sud en matière de gestion des flux migratoires et de sécurité mais aussi en matière de développement » a-t-il notifié. Le développement sera le socle de toute politique migratoire et sécuritaire qui voudrait relever les défis actuels avec des moyens qui répondent aux attentes des populations lesquelles n’aspirent qu’à vivre dans la paix. Pour cela, le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur a estimé qu’il faudra entre autres rendre accessible dans les zones rurales africaines les nouvelles technologies de l’information ; rattraper le retard de nos pays dans l’éducation des jeunes en utilisant les nouvelles technologies ; créer une couverture maladie continentale en faveur des jeunes et couches démunies; régler définitivement la question de l’accès à l’eau potable dans nos pays, etc.

Le ministre Bazoum Mohamed a également noté qu’au plan économique, les Etats membres de la CEN-SAD doivent poursuivre une croissance soutenue en vue de résoudre dans la prochaine décennie, les problèmes de la faim, des maladies primaires, d’analphabétisme et d’éducation. « Cela renforcera la qualité du capital social et changera de manière significative les conditions de vie des populations. Les populations penseront plus à changer leur vie ‘’chez eux’’ et non à aller vers des aventures incertaines » a conclu M. Mohamed Bazoum. Pour sa part le Secrétaire général par intérim de la CEN-SAD M. Ibrahim Sani Abani a appelé à la poursuite des concertations en vue de réguler et d’encadrer le mouvement des personnes, de dépasser le traitement symptomatique du phénomène comme convenu notamment à travers le Plan d’Action de la Valette, le Plan d’Action de la Conférence de Rabat sur les migrations et la Convention des Nations Unies sur le Droit des travailleurs migrants.

Quant au représentant de la Fondation Hanns Seidel, il a indiqué que le partenariat entre sa structure et la CEN-SAD remonte à l’année 2013. Au cours de trois premières années, la coopération s’est concentrée sur le renforcement des compétences des commissions électorales nationales du Mali, du Burkina Faso et du Niger. Dr Gunther Beckstein a par ailleurs exprimé la disponibilité de la Fondation Hanns Seidel à accompagner les efforts des pays membres de la CEN-SAD à relever les défis liés aux migrations irrégulières et à la sécurité de l’espace en dotant les Etats membres des ressources humaines, matérielles et financières nécessaires.

Il faut rappeler que cette rencontre fait suite à celle des experts et s’inscrit dans le cadre de la dynamique de l’institution visant à faire face aux migrations irrégulières, à assurer la sécurité de l’espace et à contribuer à la prospérité socioéconomique des Etats membres.

Laouali Souleymane(onep)

19 janvier 2017
Source : http://lesahel.org/

Dernière modification le jeudi, 19 janvier 2017 04:22