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jeudi, 19 janvier 2017 13:39

La marche de soutien de la MRN : Le chèque à blanc

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MRN marche 08 01 2017L’opinion nationale et internationale a été témoin le 8 janvier dernier d’un phénomène politique insolite d’un genre nouveau au Niger. En effet, le parti au pouvoir au Niger, le PNDS-Tarayya, en tête, appuyé par la cinquantaine de « particules » politiques acolytes ont battu le pavé, pour soi-disant, marcher contre la société civile et apporter un soutien à leur champion, le président de la république Issoufou Mahamadou en proie à des contestations de plus en plus fortes face au malaise que vit le pays et qui tente de le noyer.

Cette marche selon Mr Bazoum Mohamed, ministre de l’intérieur et président du principal parti au pouvoir qui en a été aussi le porte-parole ad-hoc, a été organisée pour répondre, comme dans un jeu d’enfants, du tic au tac à une manifestation organisée une semaine auparavant par la société civile. Puisqu’après avoir réussi à diviser la société civile comme ils en ont fait de toutes les autres structures socioprofessionnelles et récupéré quelques prébendiers d’eux pour en faire des laudateurs au palais présidentiel, dans l’entendement de Bazoum Mohamed, il ne saurait plus avoir de société civile au Niger. Ainsi, au cours du meeting qui a clôturé l’évènement, il a fait d’une manière particulièrement féroce, un réquisitoire contre les principaux dirigeants de la société civile « rebelle » qui selon lui seraient de connivence avec l’opposition politique pour renverser le régime. Dans sa lancée au rythme des hourras qui l’enflammaient davantage, le tribun émoustillé s’est offert un temps de plaisir, son jeu favori a ridiculiser les opposants,ceux du parti Lumana en particulier et à diaboliser Hama Amadou, chef de file de l’opposition, aujourd’hui hors du Niger depuis le hod-up électoral de Mars 2016 qui a octroyé contre toute logique un 2nd mandat àIssoufou Mahamadou, l’accusant formellement d’actionner la société civile aux fins de créer une subversion permanente qui ferait tomber le régime.

Voilà pour l’essentiel, la marche dans sa forme et dans son fond telle qu’organisée par Bazoum et ses camarades et pour laquelle d’énormes ressources humaines et aussi financières ont été consentis au moyen de ponctions sévèresopérées sur le budget déjà squelettique du Niger. C’est irritant et ce n’est pas tout !

Puisque le commun des régimes en désarroi est la paranoïa, obnubilés qu’ils sont par des complots virtuels en permanence, Bazoum a tenté aussi la voie déloyale du mensonge et de la supercherie et de la fabrication en insinuant comme à l’accoutumée, la thèse éhontée du complot pour persuaderson auditoire crédule. Mais le plus révoltant, ce n’est pas seulement la peur circulaire dont il se sert comme refuge, c’est plutôt l’opiniâtreté à demeurer dans le faux, de refuser d’ouvrir un tant soit peu les oreilles et les yeux ne serait-ce que pour faire semblant de voir la misère ambiante des populations et d’entendre leur cri de détresse. C’est à proprementêtre malhonnêteque d’occulter la réalité et de chercher par des artifices burlesques des solutions irréelles aux problèmes réels au moyen notamment de la bouc-émissération. C’est un jeu du genre dépassé et qui n’est d’actualité que chez les socialistes qui nous gouvernent car personne, même ses applaudisseurs candides n’ont cautionné la thèse d’un complot téléguidé. L’argument principal qui constitue la charpente du réquisitoire est boiteux et ne tient pas la route ; c’est comme on dit «  cousu de fil blanc » et c’est honteux ; et c’est aussi accablant que par un tour de notre destin nous soyons amenés un jour de 2011 par la force des choses à élire nos bourreauxcomme du reste Hama Amadou a contribué, pour son malheur et le nôtre, àporter àla tête de notre pays des socialiste en panne d’inspiration. Là où, ils accusent surtout leur plus grand déficit, c’est dans le manque total d’humilité, la morgue et l’arrogance, le cynisme, l’orgueil démesuré et la suffisance, somme toute, la gouvernance chaotique résultant de leur amateurisme sur laquelle personne ne peut les interpeller sans avoir en réponse sa part d’insultes et d’excès. C’est manquer de lucidité que de ne pas voir, même avec des lunettes en bois, le malaise aigu dans lequel végète notre pays et qui se résume à ce qui suit : école moribonde, système de santé sur les béquilles, économie sur cale, administration désuète et inactive, une justice à 2 vitesses, confiscation des libertés, installation de la pensée unique, medias publics mis sous coupe réglée et réquisitionnées au service exclusif du chef et des thuriféraires, exercice des libertés collectives soumis à dures épreuves, chapelet de grèves des syndicats et des étudiants, chômage et manque d’emploi accentués pas le déguerpissement et démolition sauvage des petits commerces, la gabegie, la concussion, les passe-droits, l’enrichissement illicite, autant de fléaux qui ont atteint leur paroxysme sous cette gouvernance et qui ont permis avec une facilité surprenante à une poignée de privilégiés de s’enrichir en vidant impunément les caisses de l’état pour les transformer ensuite en béton et en gros cylindrés de prestige et narguer le peuple. Bref, une pile de priorités exigeant chacune des réponses immédiates.

En attendant et jusque dans nos campagnes les plus reculées, la famine sévit de façon impitoyable, jetant sur les routes périlleuses de l’exode, hommes, femmes et enfants vers les grandes villes où ils viennent grossir les rangs déjà volumineux des mendiants, les badauds et autres désœuvrés.

Niamey que Bazoum dans sa myopie a décrite comme étant l’une des plus belles du continent depuis l’avènement du Guri aux affaires, (ce qui est aussi une insulte), est la ville qui paie lourd tribut du dépeuplement massif de nos campagnes avec pour corollaires, le commerce ambulant désordonné, le chaos de la circulation routière accentué par l’incivisme jamais égalé de nos concitoyens qui pour la plupart sont non instruits et des laissés-pour-compte, l’insalubrité, l’errance d’animaux, l’nsécurité nocturne aggravée par l’inexistence quasi-totale de l’éclairage publique et la fourniture de l’électricité devenue aléatoire. Du fait de tout ceci, Niamey est une ville ressemble à une ville abandonnée et sans gouvernance, une ville fantomatique et déplaisante, noyée dans la poussière et les ténèbres ; de sorte que comparée justement aux autres capitales de la sous-région dont a fait cas Bazoum, Niamey n’a rien d’une capitale moderne. Elle n’est ni plus ni moins qu’un gros village au milieu des tas d’immondices.

A tout ce triste tableau, il faut ajouter le long chapelet de scandales dont les uns plus invraisemblable que les autres et qui pris chacun en soi en soi, constitue pour notre pays, un drame émouvant, et pour lesquels les nigériens attendent encore des explications : ce sont entre autres l’affaire EximBank, celle du prêt congolais, l’affaire de L’ARTP, l’achat de l’avion présidentiel, le chemin de fer dont le projet est renvoyé aux calendres grecs, le concours de la douane et celui des infirmiers, et récemment l’affaire des containers de La SORAZ soustraits frauduleusement et vendus dans des conditions qui jurent avec l’orthodoxie. N’oublions pas au passage, l’affaire du fameux « coup d’état » déjoué et celle de l’OPVN pour lesquelles des pères de familles croupissent en prison plus d’un an déjà sans motif évident.

Voyez-vous, la liste de scandales qui font le lot quotidien de ce régime est donc longue, et c’est sur ces scandales ainsi que ceux évoqués plus haut que Bazoum était attendu et non pour chercher ailleurs l’explication des problèmes qui se posent ici. Les nigériens ont faim et soif au vrai sens comme au sens figuré des termes, Ils ont besoin de nourriture et de l’eau mais aussi de justice et transparence dans la gestion de la chose publique.

De grâce, que Bazoum arrête donc de divertir les Nigériens et surtout d’insulter leur intelligence. S’il pense qu’il y a des nigériens insoucieux et naïfs qui au nom de l’allégeance mécanique au parti sont prêtsà les suivre comme les moutons de Panurge, qu’il se dise aussi et en revanche qu’une une large part de nos concitoyens clairvoyants ne sont pas si près (prêts) defléchir à leursfolles injonctions.

Le pouvoir de Bazoum est aux abois, incapable de trouver des solutions aux problèmes qu’il a contribué pas sa maladresse à amplifier. Il cherche à occulter le débat en cherchant des bouc-émissaires pour justifier son échec. Que les nigériens le comprennent bien ; la vérité est que, quel que soit leur bord politique, ils sont tous lés par le même destin face à la tragédie dans laquelle les ont précipités leur corps défendant, les champions de la renaissance.   Avec l’espoir qu’ils sont conscients que toutes les difficultés énoncées plus haut sont aussi les leurs et non pas seulement celles de la société civile ou de l’opposition (je crois du reste qu’ils le sont car les problèmes des nigériens sont communs à eux tous sans exclusive), ils mèneront un combat commun. Ils refuseront certainementà l’avenir de se faire traiter dans des aventures hasardées par des politiciens en mal de popularité car en continuant à suivre naïvement les Bazoum et à répondre mécaniquement à leur appel, c’est exactement comme applaudir la gouvernance malgré tous ses ratés dont nous avions fait cas plus haut, c’est cautionner la forfaiture sous toutes ses formes, c’est approuver la mise à mort programmée de notre pays, c’est avoir sur sa conscience le regret d’un acte d’une gravité existentielle, c’est surtout ( ce qui est paradoxal très dommageable) d’offrir aux « socialistes » qui nous gouvernent , un chèque à blanc pour qu’ils continuer avec votre bénédiction à commettre davantage de forfaits !

Maiga

19 janvier 2017
Source : Le Monde d'Aujourd'hui

 

Dernière modification le jeudi, 19 janvier 2017 19:23