jeudi, 26 janvier 2017 20:50

Création d’une nouvelle structure au sein de la Mouvance pour la Renaissance du Niger : L’isolement politique de Bazoum Mohamed en marche

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Bazoum Mouhamed Renaissance NigerSelon des sources dignes de foi, plusieurs partis politiques membres de la Mouvance pour la Renaissance du Niger (MRN), ayant appuyé la candidature du Président Issoufou aux deux tours de la présidentielle de février et mars 2016, sont sur le point de créer un nouveau cadre. Sans renoncer à leur soutien au Président Issoufou – du moins dans l’immédiat – ces partis veulent tout simplement se libérer de la MRN jusque-là régentée par le Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS-TARAYYA) dirigé par Bazoum Mohamed. Si les principaux partis dont on cite les noms sont effectivement dans la démarche pour la création de cette nouvelle structure, il ne restera à la MRN que le PNDS-TARAYYA et quelques petits partis politiques dont certains ne sont même pas représentés à l’Assemblée nationale.

Il y a déjà une dizaine de jours, le Mouvement national pour la société de développement (MNSD-NASSARA) et une dizaine de partis ont créé l’Alliance pour la Paix et la République (APR) qui, tout en apportant son soutien au Président Issoufou Mahamadou, a décidé de se démarquer de la MRN. D’après de nombreux analystes, cette création des structures parallèles au sein de la majorité au pouvoir est tout simplement le signe d’une rupture entre les responsables de la MRN, en l’occurrence le président du PNDS-TARAYYA Mohamed Bazoum et beaucoup de leaders des partis politiques de la majorité, en termes de la gestion de l’adversité politique. Le MNSD-NASSARA et les partis qui sont avec lui ont, par exemple, rejeté l’attitude guerrière adoptée par Bazoum Mohamed vis-à-vis des forces politiques et sociales opposées au régime, quand ils ont insisté sur la nécessité d’aller dans le sens du pardon et de la réconciliation entre les Nigériens. Certes presque tous les leaders des partis politiques de la majorité au pouvoir étaient à la marche organisée par le PNDS-TARAYYA, le 7 janvier dernier, pour répondre à la marche du 21 décembre 2016 des organisations de la société civile qui exigeaient une meilleure gouvernance politique, sociale et économique au Niger. Mais il semble que beaucoup d’entre eux étaient gênés des vociférations insultantes auxquelles s’était livré Bazoum Mohamed à l’endroit de l’opposition politique et plus particulièrement à l’endroit du chef de file de cette opposition Hama Amadou et son parti, le Mouvement démocratique nigérien pour une fédération africaine (MODEN-FA/LUMANA-AFRICA). Une fois la MRN réduite à sa plus simple expression, le président du PNDS-TARAYYA, qui caresse le rêve de succéder à Issoufou Mahamadou à la magistrature suprême en 2012, n’aura alors plus aucune force politique crédible à la tête de laquelle il peut crâner et insulter qui il veut. Et pour son malheur, les rivalités internes au sein même de son parti vont s’accentuer pour aboutir à son éjection pure et simple de la présidence du PNDS-TARAYYA qu’il détient d’ailleurs presque à titre provisoire. En effet, comme lui-même le sait sans doute, un y a au sein du PNDS-TARAYYA un courant très fort et organisé qui se prépare à lui barrer la route de la succession du Président Issoufou Mahamadou. Et si ce dernier est aussi derrière ce groupe, Bazoum Mohamed doit dès à sa présent commencer à se plaindre sur son sort car il pourra bien connaître les mêmes épreuves qu’a connues son ennemi juré (Hama Amadou), quand Tandja Mamadou avait choisi de le liquider.

Dan Lamso

26 janvier 2017
Source : Le Monde d'Aujourdhui

Dernière modification le jeudi, 26 janvier 2017 21:12