jeudi, 26 janvier 2017 20:51

Opération «Maiboulala» : La justice doit aussi frapper dans l’entourage du Président Issoufou Mahamadou

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Justice NigerDepuis quelques jours, plusieurs anciens responsables et fonctionnaires des sociétés et offices, ainsi que des opérateurs économiques sont dans le collimateur de la justice par rapport à de nombreux dossiers. On parle, entre autres, des dossiers du barrage de Kandadji, du riz japonais et de l’hôpital régional de Niamey, communément appelé hôpital Poudrière.

Il semble que les interpellations de ces personnalités rentrent dans le cadre de l’opération «Maiboulala», lancée par le Président de la République Issoufou Mahamadou pour, avait-il promis, mener une lutte sans pitié et sans quartier contre la corruption et les infractions assimilées.

Les Nigériens, qui étaient nombreux à applaudir une telle opération, ont très vite déchanté quand des affaires impliquant des personnes proches du Président de la République avaient éclaté sans que des véritables poursuites soient engagées contre certains protagonistes. On peut, par exemple, évoquer l’affaire de restitution des milliards de francs CFA saisis par la douane à l’aéroport international Diori Hamani de Niamey ; les fraudes au concours (finalement annulé) de recrutement des agents de la santé à la Fonction publique et la toute récente affaire de bradage des containers de la Société de raffinage de Zinder (SORAZ). Au lieu qu’elles aillent se défendre devant la justice, certaines personnes citées dans des affaires ont même eu des nominations au Cabinet du Président de la République, comme si on veut les soustraire à toute poursuite judiciaire. C’est le cas notamment de l’ancien Directeur général des douanes dont le nom a été cité dans l’affaire de la SORAZ. Alors que la Haute Autorité de Lutte contre la Corruption et les Infractions Assimilées (HALCIA) l’avait mis dans son orbite, allant jusqu’à bloquer ses comptes bancaires, M. Issaka Assoumane a eu l’heure chance d’être promue Conseiller avec rang de ministre à la Présidence de la République, le même jour que le Conseil des ministres l’avait relevé de ses fonctions. Si donc l’opération «Maiboulala» se veut sérieuse et équitable, il va falloir que la justice chargée de sa conduite se fasse le devoir de t’étendre à quiconque est impliqué dans une affaire de corruption et toute autre infraction assimilée. En général les Nigériens ne soutiennent pas ceux qui sont accusés de détournement ou de tricherie. Mais ils veulent qu’il y ait équité dans la sanction.                                                

Aboubacar Oumar Mohamed

26 janvier 2017
Source : Le Monde d'Aujourdhui

Dernière modification le jeudi, 26 janvier 2017 22:01