mardi, 07 février 2017 12:25

Issoufou Mahamadou : le ″lion″ traqué

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Résultat de recherche d'images pour "issoufou mahamadou lettre président"En arrivant au pouvoir, le camarade-président du socialisme nigérien, promettait de gouverner comme un Saint, comparant son désir de gouverner selon les normes qui ont fondé l’action d’un certain Oumar Ibn Khattab. Et les Nigériens étaient heureux d’avoir un homme si proche de Dieu pour croire qu’enfin, ils connaitront la meilleure des gouvernances, celle qui mettra l’homme nigérien au centre de son action. Les camarades ont pêché par leur façon de concevoir la politique : règlements de compte, personnalisation du débat politique, hargne vengeresse, vision mercantiliste de la politique, injustice… Des innocents paient pendant que des brigands et autres criminels restent sous sa protection, intouchables !

On devait alors très vite voir le vrai visage de nos socialistes. Il s’agit pour l’essentiel d’une clique d’aigris que l’envie de l’embourgeoisement rapide a poussée au saccage pour spolier l’Etat. Pendant que l’Etat s’appauvrit, eux s’enrichissent dangereusement, bâtissant dans la ville villas et buildings, maisons à étages et autres fantaisies de nouveaux riches, divorçant et mariant, remplissant les maisons de milliards détournés, et changeant au gré des humeurs de voitures insolentes. En deux années de gestions déjà, à en croire une certaine presse, l’on pouvait compter pas moins de seize nouveaux milliardaires dans leur rang. Vive le socialisme…

En se faisant l’otage d’un groupe pour lequel il semble avoir choisi de gouverner au détriment d’autres Nigériens laissés à la marge, Issoufou ne pouvait plus être le président de tous les Nigériens ainsi que le lui commande la Constitution. Après plus de cinq années de gestion, pour avoir choisi de n’écouter que des courtisans sans envergure, il s’est embourbé dans sa gestion et le pays vit depuis quelques temps les moments les plus difficiles de son histoire. Egaré dans le labyrinthe de sa marche hasardeuse, il avance, coincé dans les creux d’une machine grippée dont le contrôle semble lui échapper.

Au milieu de mille feux…

Pour avoir mal gouverné, pour avoir refusé de tenir compte des plaintes du peuple, les socialistes se sont retrouvés englués dans une situation complexe dans laquelle ils pataugent, ne pouvant plus retrouver les chemins. C’est une crise multidimensionnelle qui les cernent et parce qu’ils manquent de réponses propices aux défis immenses que leurs maladresses ont créés, leur cas semble désespéré et irrécupérable. Au plan national le front social s’allume, n’épargnant aucun secteur de la vie économique. Les enseignants reviennent à la charge alors même que le gouvernement n’a aucune réponse à ses propres engagements. Au même moment la situation des municipalités s’aggrave. ″Maïboulala″ par son caractère sélectif réveille des rancœurs au sein de la MRN émiettée. Ces marches et ses meetings qui prennent de l’ampleur à travers le Niger angoissé témoignent de la fragilisation d’un pouvoir qui, peut-on en être certain, n’ayant pas été capable de gouverner le pays pour lui donner de bonnes perspectives pendant qu’il avait de l’argent, ne peut que le conduire au chaos aujourd’hui qu’il n’a plus le sou. La situation difficile des finances publiques ne présagent dans le court et moyen terme que d’une gestion délicate des salaires que l’Etat peine à assurer depuis de longs mois. Pire, aucun pays, fut-il ami, ne peut donner de l’argent à un autre pour qu’il paie des salaires qui sont considérés comme étant de l’ordre de ce qu’on appelle les dépenses de souveraineté. Il ne faut donc pas être surpris quand après avoir engrangé quelques petits milliards quémandés à l’extérieur, et quelques petits millions glanés par la fameuse opération ″Maïboulala″ l’on ait l’impression que la situation du pays se tasse, l’argent devenant de plus en plus rarissime. L’environnement économique à cause de sa morosité ambiante, complique la situation pour des camarades qui ont montré leur limite et vis-à-vis desquels le peuple semble prendre ses distances. Au plan politique la situation n’est guère meilleure. Mal élue, certains diront non élue selon les convenances démocratiques établies, la renaissance, en choisissant de s’imposer au peuple, se place dans une situation inconfortable qui fragilise son pouvoir qui, parce qu’il n’a pas la caution du peuple, ne peut avoir d’autorité. Mais il n’y a pas que le caractère usurpé de ce pouvoir maléfique qui constitue un boulet qui alourdit ses pas dans sa marche difficile. Pour ne pas savoir respecter l’autre, pour n’avoir pas d’estime même pour celui-là qui est avec elle, la renaissance, a fini par dégoûter ses amis, ses alliés qui se rendent compte que ces socialistes pensent peu le pays, et ne voient que leur personne et surtout, qu’ils n’ont aucun sens humain de l’amitié et de la relation politique. L’autre, pour eux, ne peut qu’être un objet dont elle peut se servir et quand il ne peut lui être utile, il peut s’en débarrasser non sans l’humilier en sus. Les observateurs sont aujourd’hui unanimes à dire que la MRN est minée par quelques frustrations et qu’aujourd’hui, quelques tempêtes agitent le régime qui risque de perdre bien de ses soutiens. Bon nombre sont arrivés à comprendre que ces socialistes de pacotille ne peuvent jamais changer et voyant le gouffre profond dans lequel ils précipitent le Niger, leur pays, leurs consciences leur dictent le choix du peuple en lutte depuis des mois sans qu’on ne l’écoute afin de ne pas être comptable du drame qui se joue ou au moins, pour avoir géré avec le régime, en ayant le courage de se désolidariser de cette conduite hasardeuse, avoir quelques circonstances atténuantes au tribunal du peuple qui finira par demander des comptes à chacun.

Sous l’orage…

On l’avait déjà dit depuis longtemps : la loi naturelle des choses fait en sorte que chaque corps porte en lui, les germes de sa propre destruction. Et l’on savait que la Renaissance ne pouvait que se désagréger de l’intérieur et le peuple ne viendra que pour achever la déstructuration interne en balayant les détritus d’un monde haï, décomposé, fait de haines fertiles et de méchancetés bestiales immodérées. En ces temps de fragilité, la Renaissance ne pourra donc compter sur aucune autre force car aux heures des grands tournants de l’histoire, même les ministres,mêmes les alliés serviles ne peuvent que choisirle camp de la vérité et du peuple. Le régime n’a que trop de dossiers brûlants dans les mains. Que pourra révéler la dé-classification des dossiers concernant la libération des otages Français d’Arlit ? A quoi doivent avoir servi les deux mille milliards prêtés dans l’informel chez Eximbank China ? Pourquoi, le régime a-t-il protégé ce député qui serait impliqué dans une affaire scabreuse de trafic de drogue en terre malienne ?

Comme on le voit, ce ne sont pas des problèmes qui manquent aujourd’hui à Issoufou Mahamadou et à son sérail qui doit l’avoir trompé en le poussant sur des chemins incertains qui ne peuvent par ailleurs honorer la fonction qu’il assume même lorsque celle-ci est usurpée un 20 mars où le pays a été tristement silencieux, boudant un scrutin tropical qu’on lui imposait sous l’œil complice d’organisations sous-régionales et internationales hypocrites. La Renaissance est donc assise sur une énorme bombe dont l’explosion semble imminente quand on sait que malgré que la crise se complexifie, l’on continue à nier sa réalité. Historiquement, tous les régimes qui ont coulé, n’en sont arrivés là que par une telle attitude en refusant notamment de reconnaitre l’existence de problèmes.

La Renaissance est donc sur la pente déclive, poussée par un peuple debout, pendant que l’Ami qui a soutenu pour tenir dans le faux, fait ses bagages pour quitter le centre de décision d’une France qui continue à faire le mal par les immixtions intolérables de ses enfants qui confondent les Etats à des amitiés interpersonnelles.

Forcément, un nouveau vent soufflera sur le monde et le Niger…

AI.

07 février 2017
Source : Le Canard En Furie

Dernière modification le mardi, 07 février 2017 18:22