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dimanche, 12 février 2017 21:23

Opération Maïboulala : Le « machin » qui fera éclater la mouvance qui soutient Issoufou

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Résultat de recherche d'images pour "issoufou"Les divergences vont crescendo dans les entrailles de la Mouvance pour la Renaissance du Niger (MRN), majorité au pouvoir. Les querelles intestines s’intensifient entre la soixantaine de partis politiques agglutinés autour du PNDS-Tarayya depuis 2010 pour les uns, et 2016 pour les autres. Plusieurs fois, le baptême d’un nouveau front au sein de la majorité a été annoncé à la presse. Cet autre front est inspiré de l’APR qui, malgré son appartenance à la majorité, ne fait pas parti de la coalition au pouvoir. Mais l’UPR, c’est son appellation, n’a jamais vu le jour. Probablement qu’un coude très lourd lui pèse dessus de tout son poids empêchant ses créateurs d’en faire l’annonce solennelle. Toutefois, certains alliés ne gardent plus leur langue dans la poche pour autant qu’ils ne sont pas en public ou devant les micros. D’autres vont même plus loin en témoignant leur sympathie aux partis membres de l’opposition politique.

 

C’est le cas de l’APR de Seïni Oumarou, du MPR de AlbadéAbouba ministre de l’Agriculture et de l’Elevage, et du CDS-Rahama d’Abdou Labo tous présents au lancement des activités du RDR-Tchendji, un parti de l’opposition politique. A cette occasion, le représentant de l’APR Ousseini Salatou a déclaré ceci : « nous nous sommes battus à leurs (ndlr, les militants du RDR-Tchendji) côtés et nous continuerons à nous battre à leurs côtés, plaise à Dieu. Parce qu’au niveau de l’APR, nous partageons les mêmes convictions : la démocratie, le respect des libertés, la justice sociale, le refus de l’exclusion politique et sociale. Nous respectons votre choix d’être à l’opposition, mais nous prions Dieu qu’un jour, dans la joie et le bonheur, nous nous rencontrions. Merci ! » On ne peut pas être plus clair dans son rejet de la façon dont le Niger est géré par le président Issoufou Mahamadou et son équipe. Même le MPR-Jamhuria dont le soutien à la Renaissance est à l’origine de la cassure du MNSD-Nassara s’est fait représenter à cette activité politique de l’opposition ou du moins d’un parti de l’opposition. Là aussi, le représentant a pris la parole pour saluer la création du RDR. Le CDS-Rahama de l’ancien ministre Abdou Labo était également de la partie et son représentant n’a pas fait mystère des raisons de sa présence : la réconciliation avec « l’ennemi » d’hier.« Vous êtes nos amis, nous sommes ici ensemble aujourd’hui et même demain nous serons ensemble. Si on dit ’’CDS-Rahama’’, on ajoute Tchendji dolé, et puis RDR, c’est Tchendji aussi. Tout ce qui peut amener Tchendji (ndlr, le changement) dans ce pays, nous sommes preneurs »a-t-il déclaré

Les raisons de ces provocations dirigées contre la Renaissance

A vrai dire, chacun a ses propres problèmes, ses propres comptes à régler avec le régime du président Issoufou. Et sans doute que l’insatisfaction, l’opération Maïboulala en cours ainsi que la réactivation du dossier des bébés importés ne sont pas étrangères à ses opérations de charme destinées à l’opposition au détriment du pouvoir. Ce sont donc, apparemment des menaces, histoire de montrer au président Issoufou que la possibilité de quitter sa majorité est toujours envisageable. On sait que l’APR n’est pas satisfaite des miettes qui lui sont offertes dans le partage du gâteau national après sa réédition ; l’implication supposée de certains militants du MPR-Jamhuria dans les dossiers de détournements transmis à la justice et au nom desquels des personnalités sont écrouées pourrait bien expliquer cette attitude discourtoise à l’égard de la MRN. Si les informations faisant état du jugement au fond de l’affaire des bébés importés courant ce mois de février se confirment, alors, le président du CDS-Rahama a toutes les raisons du monde de s’inquiéter, de gesticuler et de menacer. Abdou Labo, on se rappelle, a déjà passé un séjour en taule à cause de sa présumée implication dans ladite affaire.

Ainsi, loin des récriminations de déficit de démocratie, de respect des libertés et de bonne gestion,balbutiées par les alliés du président Issoufou, en vérité, ils ont tous des préoccupations personnelles et/ou corporatistes qui n’ont rien à avoir avec la gestion du pays proprement dit. D’ailleurs, les nouveaux arrivants, l’APR en l’occurrence, savaient déjà comment la Renaissance gouverne. Quant aux brebis galeuses de la MRN, elles sont partie prenante de cette gestion et en partagent le bilan quel qu’il soit avec le PNDS-Tarayya. Il y a juste quelques jours, on les a vu à la Place de la Concertation scandé: « Issoufou n’est pas seul ». Mais alors que veulent-ils aujourd’hui ? Si non qu’invoquer l’intérêt général pour, en réalité, défendre leurs intérêts personnels. Et malheureusement, ils n’ont pas le courage de claquer la porte de la mouvance présidentielle qu’ils décrient à demi-mot. Comment appelle-t-on un tel comportement ? De toutes les façons, dans cette vie, on n’a jamais le beurre et l’argent du beurre. Soit on décide de retourner à l’opposition et on s’assume ou alors, on reste dans les arcanes du pouvoir et on arrête de gémir comme un bébé. Même si l’on pourrait leur concéder le fait qu’aucun grand militant du PNDS-Tarayya ne soit cité parmi les personnes mises ou à mettre en cause. Ce qui n’est ni juste, ni courtois envers des alliés qui assistent impuissants à l’embastillement de leurs militants.

Quoi qu’il en soit, ce ne sont pas des déclarations insidieusement glissées dans des interventions publiques qui feront peur à un Issoufou Mahamadou surnommé Zaki, le « lion ».Alors, messieurs, vous voulez quitter la majorité présidentielle ? Préparez-vous à recevoir Maïboulala en pleine figure ! Vous n’êtes pas prêts pour ça ? Alors, fermez-la !

Ibrahim A. YERO

12 février 2017
Source : Le Monde d'Aujourd'hui 

Dernière modification le lundi, 13 février 2017 00:10