dimanche, 12 février 2017 21:27

L’enfer : Quand Brigi demande aux agents de la mairie de manger ʺsourouʺ

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Brigi Rafini Pm 1Qui peut encore se rappeler depuis combien de temps les agents des municipalités de Niamey, pauvres cobayes d’un régime qui ne sait pas situer les champs de ses adversités, sont en lutte pour revendiquer un droit, leurs salaires ? C’est difficile à le dire, mais l’on peut au moins tenir la comptabilité des arriérés qu’ils accumulent sans que jamais leurs fréquents débrayages ne puissent changer quelque chose à leur situation parce que leur hiérarchie est insensible à la misère humaine, à la lente tragédie que provoquent ses laxismes. Le Maire central, lui, est un gros incapable, il n’affiche que sourire narquois et indifférence cruelle face au malheur de ses employés. Et c’est un tel type qui doit au nom d’un autre Tazartché qui ne dit pas son nom, continuer à gérer la ville alors qu’il aura montré les limites de ses compétences.

 Au nom de quelle logique un tel homme devra encore assumer les charges pour lesquelles finalement, il aura montré qu’il n’a aucun talent ? Et l’on sait comment l’homme, se rebellant contre le parti qui a fait de lui, le conseiller au nom duquel il devrait répondre toujours, avait bataillé pour arracher à un Oumarou Dogari, fidèle à Hama Amadou, issu du même parti que son remplaçant manipulé mais incapable, aidé en cela par un pouvoir qui exécutait un agenda secret qui ne visait qu’à reprendre l’électorat de la capitale à Hama Amadou et à son parti le Moden Fa Lumana. L’opération, ne réussit pas car les élus lâches ne peuvent jamais drainer avec eux, des électeurs qu’ils auront ainsi trahis et qui tiennent au respect de leur dignité et de leur parole donnée.

Les agents de la Ville de Niamey ont faim. C’est sciemment fait. Quand on sait ce que ses agents font rentrer par mois au Trésor, l’on peut comprendre le cynisme qui commande pareil drame face auquel, curieusement, les centrales affichent un profil bas, incapables de comprendre que ce qui arrive au poisseux pourra bien arriver un jour au veinard. Défendre le cas des agents de la mairie, ne devait donc pas être considéré comme une affaire d’un groupe mais une question d’éthique, une question prolétaire qui interpelle tout travailleur à qui la solidarité ouvrière commande de défendre des principes et des valeurs. Face à ce problème que le maire central traine depuis de longs mois pour exposer au monde son incapacité à gérer la Ville, nos lâchetés collectives n’ont pas permis de marquer notre soutien avec ces hommes et avec ces femmes sacrifiés sur l’autel de l’inconséquence politique d’aventuriers politiques qui n’ont jamais vu dans les jeux politiques que leurs propres intérêts. On ne peut voir, ni entendre le ministre de tutelle sur le dossier, pas même le « Président de tous les Nigériens » - pour ironiser – interpellés si souvent dans la gestion de ce dossier qui semble ne lui faire ni chaud ni froid. C’est terrible. Et l’on a posé la main sur le Coran, pour dire qu’on assurera le bonheur de tous les Nigériens ! Chiche.

Il y a quelques jours, le premier ministre Brigi Rafini, s’y est impliqué mais en restant dans la périphérie du problème, pour ne demander, manquant de propositions concrètes pour donner le sourire à des agents inquiets, que ce que n’importe quelle autre personne pouvait dire : attendre, et avoir de la patience. Peut-on d’ailleurs, aller rencontrer des gens qui n’ont pas de salaires depuis bientôt huit mois, avec une telle proposition somme toute écœurante ? Une telle proposition, venant du premier des ministres, ne peut apaiser des cœurs chez des hommes si meurtris qui attendent mieux qu’un tel discours qui frise le mépris. Comment peut-on d’ailleurs écouter un tel discours, quand la situation financière difficile dont il se sert pour appeler à la patience, ne l’ont pas empêché de composer un gouvernement de la taille que l’on sait et sans que les fonds politiques alourdis par ailleurs ne manquent de tomber dans leurs escarcelles gloutonnes ? Comment peut-on croire à cette philosophie ʺrafinienneʺ désuète quand systématiquement, tous ceux que l’on démet même pour des fautes avérées, sont renommés pour trouver un point de chute où ils peuvent continuer à grappiller ? Peut-on d’ailleurs dire à quelqu’un qui attend depuis sept mois un salaire de patienter, si ce n’est pour l’offusquer davantage ? Peut-on se nourrir de patience quand, dans la république, le train de vie des autres ne change pas et qu’on peut encore s’offrir de voyager en première classe ?

C’est un problème réel que posent les agents de la ville de Niamey à qui leur maire incapable et insouciant a imposé cette épreuve difficile. Dans la foi que chacun prétend professer, on peut croire que, chaque fois qu’un ministre, que le premier ministre, que le président rentrent pour garnir leur assiette encombrée de viandes farcies, ils se souviendront que loin, quelques part dans la ville, d’autres chefs de famille, ont les siennes vides et pauvres, regardant chaque matin qui se lève, l’horizon incertain. La situation précaire de ces pères et mères de famille oubliés, doit interpeller les consciences de nos autorités. Et cette question revient toujours : pourquoi les autres villes paient leurs agents, et que Niamey soit seule à ne pas en être capable ?

Hassane Seydou doit prendre une glace et se regarder… On commet un crime, souvent sans tenir un fer ou un revolver dans les mains !

WALÉ.

12 février 2017
Source : Le Monde d'Aujourd'hui 

Dernière modification le lundi, 13 février 2017 00:09