dimanche, 12 février 2017 22:06

Manifestation du 4 février 2016 :Le peuple tourne le dos à Issoufou Mahamadou

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marche societe civile opposition 04 02 2017Une fois de plus, ce 4 février 2017, le peuple nigérien a manifesté son rejet d'un système politique sans repère aucun : la Renaissance. Une fois de plus, le peuple a dit non à l'affairisme, la gabegie, la corruption. Une manifestation populaire qui résonne comme un avertissement.

Aujourd'hui, les Nigériens sont devant une évidence : la Renaissance c'est comme le mensonge, ça fait parfois des fleurs, mais, jamais de fruits. En cinq (5) ans, nous avons eu des fleurs de toutes sortes, disons, des leurres. Au finish, malgré les discours mirobolants et démagogiques du camarade Issoufou Mahamadou, nous sommes en face d'un constat affligeant : le Niger va mal, très mal d'ailleurs. 

Voilà un pays où l'espoir se pointait à l'horizon avec notamment le début de l'exploitation pétrolière, qui, aujourd'hui est au bord du précipice. Voilà un pays qui avait rompu avec le cycle cauchemardesque des arriérés de salaires, qui, aujourd'hui se retrouve dans une grave crise financière. Voilà un pays où les indicateurs socioéconomiques étaient au beau fixe, qui, aujourd'hui se retrouve à la traine des nations dans quasiment tous les domaines. Nous sommes dans un pays à la dérive, et malheureusement, le chef suprême semble sourd et aveugle devant les cris de détresse de son peuple. C'est sur la base d'un système mafieux que le pays est dirigé. Nous n'avons pas un gouvernement, mais, une bande de camarades et une horde d'alliés dont le seul but est leur propre promotion personnelle. Du coup, toutes les compromissions deviennent possibles. Les ententes coupables sont de mise. Les entorses aux lois et règlements de la République deviennent le sport favori des tenants du pouvoir. La victime première de ce gangsté- risme d'État est bien évidemment le peuple, celui d'en bas.Ce sont les contractuels de l'enseignement malmenés. Ce sont les agents des municipalités accumulant plusieurs mois d'arriérés de salaires. Ce sont ces déguerpis clochardisés. Ce sont ces millions de Nigé- riens confrontés à un quotidien des plus obscurs. Alors, désabusés, et surtout très remontés contre le système mafieux imposé par Issoufou Mahamadou et ses camarades, les Nigériens sont une fois de plus sortis pour marquer leur rejet du régime de la Renaissance. Nous avons assisté à une belle marche citoyenne. Nous avons assisté à un ras-lebol sans précèdent. Nous avons assisté à l'exaspération des citoyens de toutes conditions sociales. Ce peuple en colère est porteur d'un message : il demande à Issoufou Mahamadou de radicalement changer sa gouvernance, au cas échéant, de tout simplement jeter l'éponge. En clair, le chef de l'État se doit de s'assumer devant l'histoire. On peut comprendre qu'Issoufou Mahamadou échoue, c'est humain. Mais, jamais le peuple ne peut tolérer de voir notre pays complètement à terre du fait de la mal gouvernance. Il est encore temps pour Issoufou Mahamadou de quitter la scène avec quelques honneurs : en démissionnant par exemple. Car, s'agripper au pouvoir malgré le rejet massif du peuple ne peut que conduire à un tsunami de colère populaire aux conséquences dé- sastreuses. N'en déplaise à Bazoum Mohamed, ce n'est pas en organisant des contremanifestations qu'Issoufou Mahamadou aura la lé- gitimité qui lui fait tant défaut. Également, les discours propagandistes ne peuvent cacher une réalité des plus désastreuses. Aujourd'hui, le peuple nigérien n'a qu'une seule revendication : la fin de la Renaissance.

Alpha 

12  février 2017
Source : Le Courrier 

Dernière modification le lundi, 13 février 2017 00:00