mardi, 14 février 2017 06:49

Tillabéri/Mise en œuvre de l’initiative 3N : Une réalité dans le Tagazar selon le maire Moctar Seyni

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La commune rurale de Tagazar est l’unique commune du département de Ballayera. Elle compte 1134 km² avec 1314 habitants. Elle est située sur le dallol avec beaucoup de potentialités en agriculture et élevage. Elle a comme chef lieu Balleyara qui est, du reste, connu pour son marché international et le dynamisme du commerce local.

Au plan agricole, selon le maire de cette commune, M. Moctar Seyni, depuis l’avènement des autorités de la 7ème République, l’on peut dire que la commune de Tagazar a deux (2) saisons à savoir la saison pluvieuse et la saison irriguée. La population pratique les cultures pluviales et les cultures irriguées. Cette année a-t-il ajouté, 2000 ha seront emblavés au niveau de la commune uniquement pour la production de la pomme de terre.

«Déjà, il y a des cultures irriguées considérées comme traditionnelles telles que la patate, le manioc, la riziculture autour des rivières. Il y a aussi d’autres productions maraichères qui occupent des superficies similaires à celle de la pomme de terre » a indiqué le maire de la communa rurale de Tagazar. Selon lui, l’on dénombre environ 20 000 personnes hommes femmes qui exploitent ces superficies. « Ce qui est important ici, de plus en plus les jeunes reviennent à l’agriculture cela s’explique par le fait qu’au lieu de partir en exode en période sèche c'est-à-dire la période d’octobre à juin, plusieurs jeunes reviennent pour pratiquer les cultures irriguées» a expliqué M. Moctar Seyni qui ajoute que la pratique des cultures irriguées est très bénéfique.

S’agissant de l’initiative 3N, M. Moctar Seyni a indiqué que c’est une réalité palpable dans le Tagazar. «Cette année, il faut le préciser, l’Etat a peu appuyé les producteurs en semences, mais compte tenu du contexte institutionnel crée par l’Etat dans le cadre de l’I3N les populations se sont procurées des semences. Avant 2011, cela ne se faisait pas » a-t-il affirmé avant de préciser que c’est pourtant toujours le même dallol dans le Tagazar. «La pratique des cultures irriguées est devenue un reflexe comme quand la pluie tombe partout au Niger les populations prennent leur houe pour partir sur le terrain et chaque année des nouvelles superficies sont emblavées à cela s’ajoutent les appuis de beaucoup de projets à l’endroit des populations dans le cadre de l’irrigation. Je peux donc avouer que l’initiative 3N est une réalité dans le Tagazar» a indiqué M. Moctar Seyni. Aussi, le maire de la commune rurale de Tagazar a souligné d’autres actions notamment la transformation et la conservation. « Pour cela, nous envisageons construire un magasin de conservation de la pomme de terre afin de permettre aux producteurs de bénéficier de leurs productions surtout en numéraire. Nous voulons faire de Balleyara un comptoir de l’approvisionnement en pomme de terre. Les producteurs à travers leurs structures faitières amènent la pomme de terre au niveau de la maison du paysan et à un certain moment, la maison du paysan avec ses structures arrivent à l’évacuer à Niamey, comme nous sommes dans un carrefour avec des marchés favorables tels que Niamey, Loga, Dosso, filingué » a-t-il affirmé. Selon lui, les producteurs ici font du business agricole, ils ne font pas la culture juste pour la subsistance. Ils investissent dans les cultures irriguées et utilisent la main d’œuvre des jeunes.

Interrogé sur la contribution de la pratique des cultures irriguées à l’économie locale, M. Moctar Seyni a expliqué qu’il y a ce qu’on appelle la taxe sur la production agricole. «Par exemple sur chaque sac de pomme de terre, de la patate, de manioc la commune perçoit 100 F. Chaque dimanche jour du marché de Balleyera, nous n’avons pas moins de 3000 sacs de pomme de terre, de manioc, de patate douce qui vient de l’extérieur donc pour nous la production locale contribue à l’économie de la commune» a ajouté le maire de la commune rurale de Tagazar.

Aussi M. Moctar Seyni lance un appel à l’endroit de la population et de la diaspora pour qu’ils viennent s’impliquer dans l’agriculture qui est une activité pourvoyeur de revenus. «Le Tagazar dispose des terres les plus riches en matière de production maraichère». De cette manière, on répond à l’appel du Président de la

République, Chef de l’Etat Issoufou Mahamadou et on contribue à lutter contre la pauvreté» a-t-il indiqué avant de préciser que «quand l’agriculture marche les autres activités vont suivre».

Zakari Mamane ONEP/ Tillaberi

13 février 2017
Source : http://lesahel.org/