mardi, 14 février 2017 14:15

Affaires bébés stigmatisés / opération Maïboulala : Les raisons de l’épée de Damoclès sur Hama Amadou et ABC

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Hama Amadou Amadou Boubacar CisseComme par enchantement, le président Issoufou Mahamadou lance l’opération Maïboulala (le détenteur de la chicotte) tandis que le sulfureux dossier des bébés importés refait surface. Une simple coïncidence, peut-être. Ce sont deux dossiers diamétralement opposés, d’ailleurs. Ils ne partagent même pas la même juridiction. Le premier implique des affaires de gestion de biens et deniers publics tandis que le second porte sur une affaire de supposition d’enfants. Mais ça, c’est la forme. Dans le fond, les deux affaires débouchent sur deux opposants politiques qui dérangent : Hama Amadou et Amadou Boubacar Cissé (ABC).

Tous deux présidents de partis politiques opposés au pouvoir actuel. Le premier est le challenger du président de la République au second tour de la présidentielle de mars 2016 ; le second a eu la ‘’mauvaise’’ idée de quitter la mouvance présidentielle pour devenir opposant. L’autre point commun de ces personnalités politiques est incontestablement leur situation d’exil politique. Et c’est justement ça le problème …

Quand le silence dérange …

Il semble convaincu qu’un Hama Amadou même en exil et même silencieux comme une tombe demeure toujours un danger pour un régime basé sur l’autoritarisme, l’injustice et la mal gouvernance. Dès lors, la seule source de quiétude est de l’appréhender, l’embastiller et le garder au chaud aussi longtemps que possible. La hargne déversée sur Hama Amadou par le président du PNDS-Tarayya Bazoum Mohamed, relativement à la marche du 21 décembre 2016 organisée par la société civile est révélatrice de cette phobie qui habite les tenants du pouvoir chaque fois que l’ombre du président Hama plane sur,ou disons, dans leur tête. Aujourd’hui que la renaissance est discréditée dans le monde à cause essentiellement de ses propres actes dont les scandales qui l’éclaboussent à longueur de mois, et la très mauvaise réputation de certains de ses enfants soupçonnés d’appartenir à milieux de trafic en tous genres, les barons de Niamey peuvent penser que c’est Hama Amadou, de son exil, qui leur ferme les « robinets » des bailleurs de fonds. Comment un seul individu peut-il avoir le dessus sur tout un État lorsqu’il ne s’agit que de parler et convaincre ? C’est tristement ridicule. Et même dans le cas où il en est ainsi, est-ce Hama Amadou qui, de son exil parisien, a plongé le Niger dans la morosité financière actuelle ? Est-ce Hama qui perçoit les impôts, droits de douanes, ressources minières et pétrolières ? Pourtant les ressources internes font également défaut pour la Renaissance. Mais apparemment tout ça importe peu, l’essentiel est de pouvoir condamner Hama Amadou et lancer un mandat d’arrêt international contre lui afin qu’il soit rapatrié pieds et poings liés. C’est vraisemblablement la seule chose qui pourrait soulager le régime du président Issoufou Mahamadou. Le Niger et son développement se limitent à cela.

Le cas ABC.

Amadou Boubacar Cissé est celui sur le carnet d’adresses duquel le Guri system a beaucoup compté. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le ministère du Plan lui avait été confié de 2011 à 2015. L’homme a tenu sa promesse en mobilisation plus que les 3 000 milliards que le programme de la Renaissance Acte I a prévu mobiliser en termes de ressources extérieures. Se faisant, aujourd’hui qu’il ne mange pas dans la même tasse que les tenants de l’autorité à Niamey, il devient de facto un « danger public » à neutraliser vaille que vaille. Le président de la République vient d’effectuer une mission en … pour s’en doute chercher quelques pétrodollars. Or, Cissé, du fait de son passage à l’OCI est bien connu et écouté par les pays arabes. Ceci expliquant cela, le chef de l’État peut bien craindre qu’il lui fasse ombrage dans sa quête effrénée de liquidité. Alors, si d’aventure ABC venait à être impliqué dans les victimes de Maïboulala et qu’un mandat d’arrêt parvienne à l’envoyé au pays et au gnouf, le terrain de la quête financière ne s’en trouvera que déblayé pour l’homme qui traine la fatidique date du 20 mars 2016 comme des chaînes qui font horrible brut effrayant les patrons de la Communauté internationale.

Cette analyse pour bien être une réponse partielle à tous ceux qui s’interrogent sur le pourquoi Maïboulala court après des millions alors qu’elle passe devant les 20 milliards de l’achat du Mont Greboun et les 9 milliards de devises étrangères saisies à l’aéroport pour ne citer que cela. De même que ceux qui se demandent pourquoi une affaire de supposition d’enfants occupe tant les juridictions tandis qu’une autre de trafic de drogue ne semble émouvoir personne trouveront une ébauche de réponse.

Ibrahim A. YERO

14 février 2017
Source : Le Canard en Furie

Dernière modification le mardi, 14 février 2017 15:53