jeudi, 16 février 2017 19:21

Mal gouvernance/sécheresse financière : Issoufou court dans tous les sens

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France, Allemagne, Arabie Saoudite, Qatar etc., le président Nigérien parcours le monde d’est en ouest, du nord au sud, à la recherche de liquidité. Ses mauvais choix et sa gouvernance partisane ont fini par dilapider les maigres ressources du pays à telle enseigne que le Trésor public s’est vidé de ses billets de banque au profit des individus militants et alliés du parti au pouvoir. On récolte ce que l’on a semé, dit l’adage. Le Niger qui amorçait un décollage vers la fin de la décennie 2000 est férocement tiré par le bas avec une gouvernance inégalée dans son caractère insouciant, destructeur et maladroit. Aujourd’hui le mal est fait et ce n’est pas le parachutage de Hassoumi Massoudou aux Finances et les quelques dizaines de millions « fabriqués » par l’opération Maïboulala qui y changeront quelque chose.

Ce n’est surtout pas les voyages intempestifs du président de la République qui généreront les milliards nécessaires à une relance ou à la conjuration de la banqueroute. La solution, hélas, est au-dessus de la volonté/capacité du chef de l’État.

Pour sortir du gouffre actuel, il s’en faut une bonne dose de patriotisme, d’honnêteté, de rigueur, de don de soi et d’ingéniosité. Toutes choses qui font défaut à la Renaissance, même épaulée par le MNSD-Nassara et consorts.

Le patriotisme permettrait de regarder la réalité en face, l’acceptée, y apporter les solutions disponibles et demander à tous de contribuer chacun selon ses moyens et compétences. Cela, au nom de l’intérêt général. Il serait alors question de réduire le train de vie de l’État par la révision à la baisse de la taille du gouvernement, la suppression des postes inutiles de conseillers ministres et chargés de missions dans les institutions de la République, la présidence, l’Assemblée nationale et la Primature, notamment. Ce patriotisme exige également de demander des comptes à tous ceux qui ont géré les affaires publiques ces 6 dernières années et remettre l’État dans ses droits, là où, de besoin. Mais là-dessus, aucun n’espoir n’est permis puisqu’il est impossible d’accorder, ne serait-ce que le bénéfice du doute au président Issoufou. On ne peut voir l’homme demander à un Hassoumi Massoudou : « comment avez-vous fait pour acheter un vieil avion à 20 milliards ? » ; ou interroger un Brigi Rafini sur : « comment votre gouvernement a-t-il fait pour laisser saisir les biens du Niger en France et aux Etats-Unis ? ». Ceci étant, le patriotisme nécessaire à une relance fait crucialement défaut.

La vigueur impliquerait que la justice soit laissée pour conduire librement tous les dossiers devant elle ou à venir. Que tous les rapports d’inspection lui soient transmis et que leur traitement n’obéisse qu’à l’autorité de la loi. La rigueur impose également l’abandon des dépenses de prestiges ainsi que les marchés fantaisistes et surfacturés. Il faudrait également qu’il y ait un véritable bouleversement dans l’administration publique afin que tous ceux et celles qui ne méritent pas leur poste soient remplacés par des fonctionnaires compétents, expérimentés et dévoués que la politisation à outrance à mis à l’écart au grand dam de l’intérêt supérieur de la nation.

Le don de soi devait permettre à Issoufou Mahamadou de s’imposer président de tous les Nigériens et non celui d’un clan, d’un parti politique ou d’une majorité présidentielle. Il devait, par la même occasion, accepter de faire libérer les prisonniers politiques et demander la participation de tous les citoyens à l’œuvre de construction nationale. Là, non plus, ne rêvons pas, le président de la République ne peut se donner à ce point.

Et enfin, l’ingéniosité, en plus de permettre aux régnants de faire les choix judicieux pour le bien collectif et de gérer avec parcimonie, devait amener les autorités Nigériennes à comprendre que les discours ne peuvent nourrir un peuple et que ce monde globalisé et fortement médiatisé ne laisse plus aucune chance à la démagogie. Le président Issoufou court dans tous les sens, mais partout où il passe, ses hôtes s’étonnent de la richesse insultante de certains Nigériens tandis que le pays lui, n’a rien dans le ventre. Partout dans le monde, l’on sait que des gens qui peinaient à se procurer un kilo de riz sont devenus milliardaires à cause simplement des responsabilités politiques qu’ils occupent ou ont occupé dans l’appareil de l’État. Dès lors, il ne sert à rien d’accuser une pauvre opposition ni de crier sur tous les toits que la Renaissance a réalisé ce qu’aucun régime n’a réussi dans ce pays. Il faut juste avoir les pieds sur terre, la tête sur les épaules et se convaincre d’une chose : rien de bon ne peut se faire sans le peuple. Et le peuple, ce n’est pas la majorité présidentielle.

Ibrahim A. YERO

16 février 2017
Source : Le Monde d'Aujourd'hui

Dernière modification le vendredi, 17 février 2017 06:13