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Le cris de cœur de l’opposition politique …

Le cris de cœur de l’opposition politique Ailleurs, sous d’autres cieux (partout sauf au Niger), les agissements du pouvoir du Président Issoufou Mahamadou auraient valu des actions ou des actes concrets pour faire déguerpir cette équipe de mangeurs de deniers publics et de briseurs de l’harmonie et de la cohésion sociale.

Que ne font pas Mahamadou et sa suite pour pousser les nigé- riens dos au mur, notamment les journalistes, les activistes de la société civile et les partisans des partis de l’opposition politique ? Que ne font-ils pas pour faire comprendre au peuple nigérien qu’ils ne sont là que pour se servir, pour servir leurs intérêts mesquins au détriment justement de la population même qui les a élus ? Il n’y a qu’au Niger où le voleur crie au voleur et envoie un autre présumé voleur en prison alors que lui continue à sé- vir de façon flagrante et éhontée. Il n’y a qu’au Niger où un petit groupuscule d’individus s’amuse à jouer avec le destin de toute une nation en bradant ses intérêts au vu et au su de tout le monde. Que d’actes de bas étages perpétrés sur le dos d’un peuple rendu somnambule par la force des choses.

En effet, à chaque fois que l’opposition politique fait une déclaration pour dénoncer les travers du régime, on crie partout : « Réveil de l’opposition politique ! ». Comme pour dire que notre opposition a comme peur de jouer son rôle, celui d’exercer le contrôle citoyen de l’action publique ; comme pour dire enfin elle se réveille de son sommeil dogmatique et bientôt elle va agir conséquemment, à la taille des actes de forfaitures posés par les tenants du pouvoir. Et, plus rien ! On retombe toujours dans la léthargie ambiante ; en attendant la prochaine déclaration pour encore et encore espérer en vain des actes concrets. Certes, les sorties de l’opposition politique apportent du baume au cœur meurtri des nigériens. Si elle ne peut combattre conséquemment les forfaits du pouvoir, elle arrive quand même à les dénoncer, à informer le peuple de ce qui se passe réellement. Les dé- clarations de l’opposition ont donc cet avantage d’apporter au peuple la lumière sur certains mensonges éhontés de l’État. C’est le cas dans la toute dernière déclaration dans laquelle il est fait mentions des actes de corruption, de manipulation de la justice, des différences de traitements entre les citoyens, des appareils institutionnels qui sont mis strictement au service de l’État, de violations flagrantes des droits et libertés fondamentales. Tout un lot de pratiques déplacées commis par le PNDS et ses alliés au pouvoir.

Par cette déclaration, l’opposition politique a compris ellemême que les actes du pouvoir auraient provoqué, sous d’autres cieux, de bouleversements monstres. Si cela n’est pas le cas au Niger, l’opposition fait comprendre donc que ce n’est ni par peur ni par laxisme mais par le souci de préserver l’unité et la cohésion sociale au Niger. On note le sens élevé de patriotisme de cette opposition, surtout son souci premier d’épargner au peuple les affres et travers connus et vécus sous d’autres cieux. Signal ou ré- ponse claire et nette adressée au chargé de communication du PNDS IRO Sani qui semble dire qu’il n’y a de nigériens patriotes que ceux qui sont avec eux. Pour le reste, ce super nigérien ne voit que traîtres et comploteurs. Il traduit par là la vision même de son parti qui a toujours considéré comme ennemi tout celui qui n’est pas de son bord ; Hassoumi Massaoudou l’a si bien dit avant lui.

Ceci dit, le comportement de l’opposition politique nigérienne est à saluer. Son sens élevé de responsabilité est à louer. Cependant, s’il vous plait, il ne faut pas être plus royaliste que le roi. Aujourd’hui, le peuple nigérien lui-même est meurtri et il n’aspire qu’à être libéré de la tyrannie instaurée par le Gury System. Ce pouvoir n’est rien d’autre qu’une dictature rampante qui agit par le truchement d’une majorité parlementaire très confortable et acquise entièrement à sa cause. Quelle Loi, quelle bassesse désormais ne pourrait pas passer et être entérinée par cette assemblée dé- séquilibrée à dessein par le truchement de saccage des formations politiques ? L’on comprend que c’est à dessein, conscient des actes de magouilles qu’il pose que le pouvoir a fait le choix de s’octroyer à tout prix cette situation confortable à l’Assemblée Nationale. Tout a été mis en œuvre par ce pouvoir et quand nous disons tout, il s’agit principalement de l’argent pour corrompre et acheter les panses légères qui ont vite fait de rejoindre la mouvance au pouvoir. Certains doivent être entrain de regretter leur décision de s’allier à ce pouvoir. Tout passe systématiquement à l’Assemblée Nationale ; les ministres interpellés bénéficient d’une pléiade d’interventions en leur faveur qui noient les vérités émises par les quelques voix de l’opposition. Cette supercherie, le peuple a fini de la comprendre du moment où c’est contre cette pratique même que le PNDS s’est toujours opposé quand il n’était pas au pouvoir. Le Président Issoufou Mahamadou a toujours dénoncé ce qu’il a appelé un complot contre le peuple ; un regroupement ou une entente entre les politiciens pour gruger le peuple. Aujourd’hui c’est lui même qui trône à la destinée de ce regroupement qui s’est constitué les pleins pouvoirs et qui suce impunément les nigériens. Quelles lunettes en bois porte-til pour ne pas voir cette réalité ? Même les députés frondeurs sont à l’abri car on ne peut plus lever leur immunité parlementaire pour pouvoir mener des enquê- tes indépendantes sur leurs forfaits. Çà circule déjà qu’une trentaine de députés du PNDS s’opposerait à la levée de l’immunité parlementaire de deux de leurs collègues. Dans tous les cas, même si ce pas arriverait à être franchi, il y a encore cet autre rempart et non des moindres : une partie de la justice instrumentalisée mise au service du systeme que l’opposition a toujours dénoncé. Le peuple veut juste la lumière ; juste la vé- rité et non la condamnation du ministre. Qu’on nous dise ce qui s’est passé et où sont passés les dollars qui auraient atterri dans le trésor nigérien. Pour le dé- tourner, on le laisse avec Allah comme on dit chez nous ; avec Allah et aussi avec le prochain régime épris de droiture qui viendrait à gouverner au Niger ; car, figurez-vous qu’aussi longtemps que puissent durer une acte de forfaiture, il finira toujours par rattraper le commanditaire. Que vaut notre petite vie par rapport à celle du pays, de la terre nigérienne ?
OUDOU
1er août 2017
Source : Le Monde d'Aujourd'hui

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