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Assainissement / Mai boulala : Pour l’équité !

Assainissement / Mai boulala : Pour l’équité !Depuis des jours, des Nigériens naïfs s’esclaffent, croyant que par le limogeage fracassant du maire central de Niamey, l’Exécutif sortait de sa torpeur et qu’il était enfin décidé à sévir, pour faire payer, tous ceux qui ont mal géré ou qui ont volé, leurs actes. Il ne faut pas oublier que cela survenait en plein débat de l’Uraniumgate qui dérange et que peut-être, le régime peut avoir cru qu’enfin, à travers cette autre théâtralisation, il trouvait le moyen de faire oublier la révélation lancinante du journal Le Courrier. La mise en scène autour de ce dossier du maire central ne trompe personne. Si le président voulait convaincre que la recréation est terminée et que l’on est entré dans les choses sé- rieuses, il n’avait pas besoin de ce tintamarre pour faire impression. Il aurait suffit, par la force de sa main, de frapper dans les rangs de ceux qui sont plus proches de lui et dont on sait, pour certains, les accusations graves qui pèsent sur eux, pour que l’on comprenne que l’on est dans une nouvelle dynamique et que l’opération Maï Boulala prend enfin son envol. Comment d’ailleurs croire quand pour le pauvre maire sacrifié, on parle de trois milliards non encore expliqués, pendant que pour d’autres encore intouchables, ce sont des centaines de milliards qui seraient en jeu ? Où est la volonté quand, pour des cas avérés, des gens continuent à narguer les Nigériens, pendant que pour de fausses accusations, d’autres depuis plus d’une année, croupissent en prison ?

Finalement, dans l’imaginaire collectif, on n’emprisonne que ceux qui se mettent en travers du régime, jouant l’opposition et se tenant en structures de veille sur la gestion des camarades. Pour améliorer sa gestion et amener les Nigériens et les partenaires à apprécier sa gouvernance, en châtiant d’abord les cas indélicats de son époque afin que cela serve pédagogiquement aux autres qui seraient tentés d’aller dans la même direction, Issoufou gagnerait mieux en crédit mais pour montrer encore qu’il est Zaki, au lieu de cette attitude, il fouille dans des gestions lointaines, souvent jugées même bonnes par les partenaires, pour se débrouiller là à trouver quelques broutilles pour faire arrêter des gens et les emprisonner. Il faut d’abord que sa gestion soit saine, pour vouloir corriger celle d’un autre. Or, en la matière, les Nigériens ont l’impression que jamais le Niger n’a connu d’aussi graves scandales, d’aussi graves affaires qui ont terni l’image du pays, en exposant le Niger sur la scène internationale comme un Etat voyou, si ce n’est à cette époque. Si Issoufou avait vraiment de réelles ambitions d’assainir la vie publique, sans doute qu’il aurait dû commencer par sa propre gestion infestée de prédateurs d’une race jamais découverte encore par les parquets, des voleurs de gros calibres devenus dans un système hideux intouchables dès lors qu’ils ont le mot de passe du système qui consiste juste à savoir magnifier le prince, à lui passer la brosse, à lui vouer soumission et servitude jusqu’à la mort au point de nier sa propre existence politique dès lors qu’on ne devait plus avoir d’ambitions politique en face de lui sinon que de s’effacer pour qu’il soit le seul coq de la basse-cour pouvant et devant aller dans une compétition électorale. L’on se rappelle que presque tous ceux qui sont avec lui aujourd’hui si ce n’est Seini que des rêves démesurés ont trompé sur son destin politique, avaient dignement reconnu qu’ils n’étaient pas dignes de la confiance populaire et donc éligibles face à lui et ont dû renoncer à leur droit pour le soutenir et plonger le pays dans le désarroi. Depuis quelques jours, pour une histoire d’assainissement – un beau prétexte n’est-ce pas ?, – les laudateurs du régime chantent un « réveil du Lion » pour faire croire que ses rugissements timides pouvaient effrayer la faune qui a su pourtant dompter un roi de la savane dévastée ou finalement chacun connait chacun. Le président est lui-même devenu milliardaire alors qu’il n’avait aucune boutique à Niamey, ni même à Tahoua et voilà qu’en six années de gestion, par ses propres déclarations orgueilleuses et peu sincères pour certains on le découvre milliardaire. Peutil alors sensément donner l’exemple ? Peut-il aujourd’hui s’en prendre à un Kounché, à un Diori, à un Baré, à un Ali Saibou, à un Tandja, même à un Wanké dont on ne peut aujourd’hui montrer dans la capitale aucune résidence extravagante, aucune fortune ostentatoire qui trô- nerait en leur nom et en leur gloire ? Il y a donc aujourd’hui objectivement des raisons de douter de cet homme, de ne plus croire qu’il est l’homme pour lequel il s’est fait prendre par le verbe : un homme rigoureux et juste, un nationaliste travailleur. Le pays, sous sa direction éclairée, est foutu, et l’argent manque et tout semble à l’arrêt. L’administration hautement politisée avec aujourd’hui des compétences reconnues méritoires qui sont mises à la marge, pendant que le système fait la promotion de la médiocrité, du clanisme, ne donnant aucune chance à l’administration de prospérer, une administration qui est d’ailleurs aujourd’hui parasitée par des chercheurs infatigables de prébendes qui n’ont jamais su apprendre à travailler, à faire avancer un Etat.


Quand on a laissé par laxisme le régime fonctionner sur tout un mandat sur la pré- dation, sur les détournements, la corruption et que l’on a laissé les privilégiés du système s’enrichir béatement et ostentatoirement pour exhiber ici et là en aidant écoles du terroir et villages de sa circonscription électorale, on ne peut faire la morale à personne. Quand on a à côté de soi des cas plus frais, plus graves, plus ré- cents et qu’on les ménage même lorsque les magistrats ont demandé à s’occuper de leur cas, et qu’on n’agit pas, indifférent à leur appel, peut-on vraiment convaincre qu’on est déterminé à faire de l’assainissement ? Les Nigériens ne sont pas convaincus et ils ne croient pas que ce ré- gime soit capable d’assainir sa propre gestion. La raison est bien simple et on peut le mettre au défi de l’essayer si tout le système ne s’effondrera pas ! En effet, lorsque dans le même système, chacun sait ce que l’autre a fait et il est à parier que certains détiennent des preuves, comment peut-on se laisser faire prendre seul alors qu’un autre a commis souvent des fautes plus lourdes ? On peut certainement jouer avec les « petits ruminants » qui errent avec Ladan, mais, peut-il plus longtemps accepter que dans la bergerie, seuls paient ses militants sachant que les loups restent encore tapis dans l’enclos ? Il ne faut pas oublier que c’est le procureur lui-même qui avait dit que s’il faut que tous les dossiers soient traités, il leur faudra reconstruire de nouvelles prisons tellement les cas sont nombreux qui concernent des malversations. C’est un magistrat qui le dit, pas un opposant ! Cette information à l’allure bénigne montre, tant au niveau de l’administration que des sociétés d’Etat, toute la monstruosité de la gestion des camarades, tout le carnage, le saccage, le pillage commis par les camarades et leurs alliés qui ont fini par mettre à terre le pays. Issoufou a encore à convaincre qu’il est capable d’assainissement et qu’il n’y a pas qu’un Hassane Seydou, à ne plus en être capable au Niger. Autant l’on reconnaitra que Hassane Seydou n’aura pas été capable d’assainir la capitale, autant, les Nigériens sont unanimes à reconnaitre que le magistrat suprême n’aura pas été aussi capable d’assainir la vie publique dans le pays. On sait toute la meute de voleurs et de trafiquants qui sont allés s’abriter dans son ombre pour trouver protection et bénédiction et qui, depuis qu’ils lui ont rassuré de leur soutien indéfectible, ils sont rassurés d’échapper à la justice, à de poursuites judiciaires qui pour eux, ne pouvaient qu’être humiliantes. Aussi, il y a quelques semaines, pour mener l’opération engagée en grande fanfare, le gouvernement avait demandé à la représentation nationale, de procéder à la levée de l’immunité parlementaire de certaines personnalités dont un député accusé de trafic de drogue, après plusieurs mois, la procédure semble bloquée, difficile à relancer. Durant toute la session des lois qui compte trois mois, il n’avait pas été possible d’y accéder et pire, on devait apprendre que c’est au nom de solidarité ethnique ou régionaliste que les dossiers piétinent, le magistrat suprême ne pouvant plus parvenir à faire l’unanimité au sein de son groupe, pour que des gens gravement accusés répondent de leurs actes. Cependant, d’autres qui n’auraient plus de région ni d’ethnie si l’on puisse le dire, croupissent en prison. Sommes-nous franchement dans un Etat de droit, dans une république normale ? Ces actes graves témoignent également des dérives dangereuses auxquelles nous a conduits la gouvernance des camarades pour laquelle il urge de prendre des décisions courageuses. Comment ne pas fatiguer un premier ministre avec un tel tâtonnement, avec de telles manières assez rétrogrades de gérer une nation qui se veut moderne et juste ?


Mahamadou Issoufou doit comprendre que son « boulala » ne fait peur à personne si tant est qu’il en use de manière impartiale et juste pour que l’Etat ne soit jamais spolié ou lésé. Mais dans la marche actuelle, il va sans dire, qu’il ne pourra que rencontrer des difficultés dans son opération qui se fait de manière sélective, pour ne pas dire discriminatoire. On se rappelle que pour les cas tout aussi graves des recrutements parallèles dans les établissements, au lieu de châtier sévèrement pour débarrasser notre école de telles pratiques, on fait semblant de s’y intéresser, prétextant de gérer les cas de manière pédagogique, sans doute pour ne pas avoir à blesser des militants. On va où dans ça ? « Maï Boulala », ça ne convainc pas encore. Et puisque nous ne sommes plus en 1960, il faut qu’on y mette de l’équité !
ISAK

06 août 2017
Source : Le Nouveau Républicain

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Politique