Airtel Niger

Forfait Albarka

68ème Session du Comité Exécutif du Programme du Haut-Commissariat des Refugiés, à Genève (Suisse) : Bazoum Mohamed évoque la situation humanitaire et la migration irrégulière

68ème Session du Comité Exécutif du Programme du Haut-Commissariat des Refugiés, à Genève (Suisse) : Bazoum Mohamed évoque la situation humanitaire et la migration irrégulière Le ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur, de la Sécurité Publique, de la Décentralisation, et des Affaires Coutumières et Religieuses, M. Bazoum Mohamed participe, à Genève en Suisse, aux travaux de la 68ème Session du Comité Exécutif du Programme du Haut-Commissariat des Refugiés. A cette occasion, il livré une communication dans laquelle, il évoque la situation humanitaire au Niger, ainsi que la problématique de la migration irrégulière.
Dans son exposé, le ministre d'Etat Bazoum Mohamed a exprimé la préoccupation du Niger face à cette situation inédite de déplacements forcés de personnes dans le monde, en ayant une pensée particulière pour les populations réfugiés de Birmanie. Il a également tenu à exprimer, la gratitude des plus hautes autorités de la République du Niger pour l'action appréciable, accomplie par les différentes organisations humanitaires présentes sur le territoire du Niger, le HCR notamment. A l'instar de nombreux autres pays du monde, a dit le ministre d'Etat, le Niger fait aujourd'hui face à ce grand défi de déplacement massif de populations en quête de sécurité, de paix ou tout simplement mues par un désir d'un avenir meilleur et d'une vie digne.
«L'amplitude des déplacements forcés auxquels le Niger fait face depuis quelques années, est inédite. Il y a d'abord eu, au début de la décennie, le retour massif, mais peu médiatisé, de nos compatriotes de Côte d'Ivoire puis de la Libye. La crise Libyenne qui est une véritable catastrophe pour les pays de la bande sahélo saharienne va par la suite déstabiliser le Mali et provoquer le déplacement de populations nombreuses dont plus de 60 000 vont se réfugier sur le territoire nigérien. En 2013, avec la montée en puissance de la secte Boko Haram, nous enregistrons les premiers afflux de réfugiés en provenance du Nigeria. Ils sont aujourd'hui 110,000. Les actions de cette organisation terroriste sur le territoire nigérien vont provoquer le déplacement forcé de 130 000 de nos concitoyens vivant dans la région de Diffa», a ajouté M. Bazoum Mohamed. Il a souligné qu'aussi bien sur la zone frontalière avec le nord du Mali ou celle avec le Nord-est du Nigeria, le gouvernement du Niger déploie des efforts considérables sur les plans militaire et financier pour assister et protéger ces déplacés, ainsi que les populations qui les accueillent. « Ces efforts ont eu pour effet de distraire des ressources importantes destinées aux services sociaux de base. C'était là le prix que nous ne pouvons ne pas consentir pour marquer notre solidarité vis-à-vis des populations sœurs en détresse. En cela le Gouvernement honore une tradition de solidarité bien de chez nous et aura été totalement en phase avec les populations d'accueil auxquelles il me plait de rendre un hommage appuyé pour leur grande générosité », a dit le ministre d'Etat. Il a ajouté que les statistiques de l'UNHCR révèlent que la durée moyenne de l'asile d'un réfugié en Afrique est de 17 ans. Au Niger, comme dans de nombreux pays africains, cela représente presque une génération. Selon le ministre d'Etat, ce constat impose d'aborder les choses de manière réaliste et d'accompagner en profondeur l'intégration socio-économique des réfugiés plutôt que de confiner les individus dans des camps dans l'attente hypothétique du retour à la paix.


«Aussi, en partenariat avec l'UNHCR, avons-nous développé des actions visant à permettre aux réfugiés de vivre en dehors des camps. A ce titre, que ce soit pour les réfugiés maliens ou les réfugiés nigérians, d'importants programmes d'urbanisation sont mis en place en relation avec les autorités locales et les services techniques pour assurer aux réfugiés l'accès légal au foncier et au logement. De nouveaux quartiers voient actuellement le jour, dans ces quartiers, réfugiés et populations locales, se côtoient et créent un vivre ensemble admirable », a souligné le ministre d'Etat. Evoquant la migration, M. Bazoum Mohamed a indiqué que la migration irrégulière est une dynamique générée par des facteurs propres à l'époque historique que le monde vit. « Ce mouvement de jeunes africains vers l'horizon de leur espoir que constitue l'Europe, est l'expression d'une radicalité sur le sens de laquelle nous ne devons pas nous méprendre. Notre intelligence commune est interpelée», a ajouté le ministre d'Etat. M. Bazoum Mohamed a enfin dit qu'il est urgent d'en appeler à la mise en œuvre du plan de la valette, de façon conséquente pour que « la solidarité et la coopération si nécessaire entre l'Afrique et l'Europe ait le sens qui lui a, jusqu'ici, fait défaut et qui explique en partie l'acuité des difficultés auxquelles nous faisons communément face ».
Le ministre d'Etat s'entretient avec M. Filipo Grandi
En marge des travaux de la 68ème session du Comité Exécutif du Programme du Haut-Commissariat des Refugiés, le ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur, de la Sécurité Publique, de la Décentralisation et des Affaires Coutumières et Religieuses, M. Bazoum Mohamed s'est entretenu avec le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les Réfugiés, M. Filipo Grandi. Outre cet entretien, le ministre d'Etat a également participé à un panel portant sur « les défis et la réponse le long de la route de la Méditerranée centrale ». Ce panel a été co-animé par M. Bazoum Mohamed, le Représentant du HCR en Libye, M. Roberto Mignone, le Chef de mission de l'OIM en Libye, M. Othman Belbeisi, et le directeur des opérations d'urgence de l'UNICEF à Genève, M. Sikander Khan.
Oumarou Moussa(onep)

05 octobre 2017
Source : http://lesahel.org/

Imprimer E-mail

Politique