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Ladan Tchiana : le souffredouleur de la Renaissance ?

Ladan Tchiana : le souffredouleur de la Renaissance ?Omar Hamidou Tchiana, dit Ladan Tchiana, est devenu invisible depuis quelques temps. Rumine-t-il des douleurs silencieuses ou vit-il des remords d’une immaturité politique qui l’aurait jeté dans la gueule du loup ? A coups de coups bas, ses « Amis » sont entrain de démolir son petit empire, envoyant l’un après l’autre ses militants en prison. Mais quand ses alliés brandissent des fautes avérées dont ils seraient rendu coupables, peut-il avoir d’autres choix, sinon, qu’à digérer ses mélancolies et à vivre les douleurs de l’amitié socialiste ? Il a davantage à s’inquiéter pour ce qui pourrait lui arriver, lui et tout son parti, car si Hassane Seydou et le maire de Karma sont aujourd’hui mis au frais, il faut encore craindre que d’autres de ces cadres qui ont servi la renaissance et dont on sait que ce n’est pour aucun idéal et aucune ambition pour le pays qu’ils sont partis avec lui sinon que d’avoir l’occasion de manger avec lui avec les socialistes qui les avaient poussés à se rebeller contre leur ancien parti à l’intérieur duquel, ils auraient dû mener leur combat en défendant une position que le temps pourrait les aider à mieux comprendre. Ceux-là, voraces, ne sont certainement pas allés du dos de cuillère. Et ils sont partis et ils ont « mangé» gras. Et la logique veut qu’on ne demande des comptes qu’à ceux qui ont géré et qui pourraient avoir mangé… de l’illicite, il va sans dire, à faire payer à ceux qui se sont engraissés.

Mais, sans doute que Ladan a de bonnes raisons de se plaindre. On connait dans le camp du pouvoir et donc de ceux qui ont géré et qui gèrent encore, quelques noms désormais connus du grand public et qui ont commis de graves malversations et qui ne sont pas inquiétés outre mesure après avoir « avalé » des milliards » alors qu’on s’acharne contre un alliés et ses cadres, comme s’ils devraient être les seuls malpropres d’une gouvernance qui n’a promu aucune valeur dans sa gestion. Dans l’équité et la justice, sans doute que personne ne pourra se plaindre et Ladan aurait pu comprendre et peut-être accepté aussi. Mais lorsque, le disant en face de tous les maires, le régime reconnait que les maires sont nombreux à commettre des indélicatesses et que seuls les proches de Ladan devraient payer, il y a de quoi être frustré. Et les colères de Ladan qui n’ont pas encore explosé, sont compréhensibles dans la mare d’injustice où baigne la Renaissance. Pour qui connait l’homme, il ne peut que se surprendre de son mutisme, à son repli face à la chasse aux sorcières enclenchée contre ses militants comme s’ils sont les seuls pourris de la Renaissance. La gestion sélective des camarades concernant la mauvaise gouvernance locale ne peut alors que développer chez l’allié ciblé un sentiment d’acharnement, et peut-être aussi de trahison. Est-ce la meilleure façon pour ses alliés pour lesquels il a sacrifié une vieille amitié qui lui donnait tous les honneurs et toute la grandeur espérée d’un homme politique ? De la part des socialistes auxquels il a rendu ses services immenses, Ladan pouvait mériter mieux que cette avanie qui fait de lui la risée de la Renaissance. Peut-être qu’avec trois députés, on « se fiche de lui ». Tant pis. On se rappelle le grand bruit que Ladan avait fait pour rassurer les caciques du PNDS qu’il a fait le choix de trahir son parti pour leur rendre service et tenter, alors que le parti le refusait, de convoyer tout le parti de Hama Amadou à la renaissance. Il se disputa pour cela la base de Tillabéri, revendiquant sa légitimité, quand, pourtant, tous les militants restaient debout, à refuser l’aliénation et l’assujettissement. Les méchants diront qu’il a mérité son sort car on connait la maxime : qui a trahi sera trahi. C’est dans l’ordre naturel des choses.

Mais c’est d’autant plus cornélien pour le président d’Amen-Amin, qu’il semble être un homme perdu, un homme égaré sur les sentiers difficiles de la politique, pour ne plus savoir, par quelle issue se libérer de la situation inconfortable dans laquelle le mettent ses alliés et ses cadres qui n’ont pas su être mesurés à gérer plus rigoureusement pour ne pas se compromettre. Certains se demandent, si Ladan est lui-même sûr de sa gestion ? Ainsi qu’une presse l’a apporté, ne le fait-on pas chanter depuis qu’il a osé la déclaration fracassante que l’on sait, pour lui clouer le bec. Il est difficile d’être brave quand on n’est pas clean. Il n’y a plus qu’à assumer. C’est pourquoi dans la culture islamique, il est toujours dit de demander à Dieu à faire manger chaque jour du licite car il y a de ces choses impropres qui peuvent conduire aux situations les plus désagréables.

Mais on ne peut pas comprendre cette impunité sélective qui ne vise qu’un allié et ses militants alors que pour assainir, la volonté est réelle et sincère, d’autres gros poissons, auraient pu être pris avant. Cependant, lorsqu’on a peur d’être rattrapé par sa gestion, l’on ne peut que se cloitrer dans son coin, douloureux, à vivre le stress de ses imprudences.

A la Renaissance, ou disons, au sein de la MRN, il ne faut plus se tromper : ceux qui ont trahi ou que le fumet de la renaissance a enivré pour se rendre armes et bagages, pour s’être compromis dans leurs gestions à travers les différentes responsabilités dont on les avait chargées, ne peuvent jamais être braves à bousculer un autre pour être, ne seraitce que libres et dignes citoyens. Les alliés ne peuvent jamais hausser le ton. Dans leur colonisation nouvelle, ils doivent être éternellement sous le joug de socialistes envahissants. Ils sont morts politiquement.

DJANGO

06 octobre 2017
Source : L'Actualité

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