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Ouverture session budgétaire du parlement au titre de 2017 : Le PAN appelle au respect de la fonction du PR

Ouverture session budgétaire du parlement au titre de 2017 Le PAN appelle au respect de la fonction du PRC’est désormais devenu une habitude dans les discours du Président de l’Assemblée Nationale qu’au-delà de l’ordre du jour qu’il s’appesantisse sur des thèmes d’actualité. Dans son allocution prononcée à l’occasion de l’ouverture de la session budgétaire au titre de l’année 2017, le vendredi 6 octobre dernier, Son Excellence Ousseini Tinni a longuement disserté sur la haute fonction du Président de la République et l’impérieuse nécessité de la mettre à l’abri de toute désacralisation.
L’appel à l’ordre du Président du parlement nigérien n’est pas fortuit. Il découle du constat largement partagé ces derniers temps qu’il y a une forte tendance à la désacralisation des institutions de la République, de surcroît celle de la haute fonction du Président de la République. En avril dernier, le Chef de l’Etat, dans un entretien accordé à la télévision nationale « Télé Sahel », répondant à une question relative aux attaques virulentes dont il fait l’objet de la part de l’opposition politique et d’une certaine société civile déclarait : « Je pense que la meilleure façon, je dirais, de se consoler de la méchanceté de certaines personnes, c’est de s’efforcer à faire du bien. Moi, je m’efforce de faire du bien. Et c’est la meilleure façon de contrecarrer la méchanceté de certaines personnes ». Pour autant faut-il fermer les yeux sur cette propension à la banalisation des institutions républicaines ? Nombreux sont les citoyens qui sont sidérés de voir les qualificatifs irrespectueux et le traitement indigne dont font l’objet les responsables des institutions prestigieuses sur les réseaux sociaux. Le Président du parlement nigérien partage ce point de vue. Nous vous livrons, in-extenso, son analyse sur le sujet partagée dans son allocution du vendredi 6 octobre 2017 : « Qu’il s’agisse de la presse ou des réseaux sociaux, sachons raison garder et travaillons à maintenir les équilibres indispensables à la survie du système ! Dans cet ordre d’idée, je voudrais, avec vous, distingués invités, déplorer la trop grande propension des acteurs politiques et sociaux à vouloir impliquer le Président de la République dans les faits et débats les plus anodins, souvent avec force outrance de langage. Cela ne sert pas notre démocratie ; bien au contraire ! Il ne faut pas se tromper d’adversaire ! Le Président de la République est une institution à part entière ! Faut-il le rappeler, il n’est ni Chef de Gouvernement, ni Chef de parti, c’est la clef de voute de notre architecture institutionnelle, c’est le dernier recours, l’arbitre suprême, garant de l’unité et de la cohésion nationales.

Vouloir désacraliser sa fonction et celles des autres animateurs de nos autres institutions c’est prendre le risque de desservir la cause démocratique, d’affaiblir l’État, de fragiliser le pays à l’intérieur comme à l’extérieur et de donner raison aux partisans de la démocratie tropicalisée. Personne n’a donc rien à gagner à s’attaquer sans raison au Chef de l’État ! Dans les vieilles démocraties, si le Président de la République est souvent interpellé, ce n’est jamais avec la vulgarité à laquelle nous assistons ces derniers temps au Niger. Gardons donc de la hauteur, honorer les institutions nationales, c’est respecter son pays et surtout ménager l’avenir car, comme chacun le sait, les hommes passent, la République demeure ! »
Le Niger n’est pas le seul dans cette tendance à tourner en dérision les institutions républicaines. Au Sénégal, le même débat est en cours. Ici, au-delà du discours, les institutions judiciaires se sont saisies de la question. En août passé, une chanteuse a été arrêtée pour avoir insulté le Chef de l’Etat. Le 2 juin dernier, c’est un groupe de 4 « whatsappeurs » parmi lesquels une jeune journaliste d’une chaîne de télévision qui a été appréhendé et placé sous mandat de dépôt pour diffusion d’images contraires aux bonnes mœurs couplée d’association de malfaiteurs. Ce groupe avait réalisé un photomontage du Président Macky Sall.
Le pays qui détient le palmarès de répression pour le délit injures à l’encontre du Chef de l’Etat est sans conteste la Turquie où de l’investiture à la Présidence de la République de Recep Tayyip Erdogan, en Août 2014 à aujourd’hui, 1845 procédures judiciaires ont été ouvertes contre les personnes ayant porté atteinte à son honorabilité.
Si l’on considère la Turquie comme un pays loin du modèle démocratique, même en France, le délit « offense au Chef de l’Etat » existe. Aussitôt qu’il fut abrogé, en 2013, par le Palais Bourbon au motif qu’il n’était plus justifié dans une démocratie moderne, aussitôt le Sénat l’a réhabilité.
Oumarou Kané

09 octobre 2017
Source : La Nation

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