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Pour se sauver Bazoum cherche à créer une situation de crise ingérable ?

Pour se sauver Bazoum cherche à créer une situation de crise ingérable ?Les déclarations du ministre de l’Intérieur, président du parti au pouvoir, Mohamed Bazoum, ré- sonnent encore dans l’esprit des Nigériens. L’on se demande ce qui a bien pu pousser le patron du PNDS-Tarayya a tenir les propos incendiaires proférés sur la télé- vision nationale le 29 octobre dernier à l’occasion des heurts ayant opposé forces de l’ordre et manifestants. Le bon sens peine à expliquer les véritables motivations du ministre Bazoum quand il a dit : « … vous vous souvenez de ce qui s’est passé 4 jours seulement après (ndlr, la marche de Charlie Hebdo à laquelle le Pré- sident Issoufou avait pris part en France) où un parti politique, en l’occurrence, le MODEN FA Lumana avait provoqué ces émeutes qui ont fait sur l’ensemble du pays une quinzaine de morts (…) Ce parti est un parti qui est en train de connaître une dérive depuis 2 ans, 3 ans maintenant qui risque de le perdre totalement … »

Une dérive qui risque de le perdre totalement. On ne peut pas être plus clair ! le dessein du sieur Bazoum est d’effacer « totalement » le Lumana africa par une dissolution pure et simple comme, du reste, il a fait de l’association ACTICE Niger. Si la dissolution de cette association n’a suscité aucun remous, le ministre de l’Intérieur sait pertinemment qu’il n’en sera pas de même en ce qui concerne la deuxième force politique du pays, le MODEN FA Lumana africa, dont la plus part des sympathisants accusent la direction d’être « peureuse » parce que ne voulant pas aller dans la logique de l’affrontement souhaité par le PNDS-Tarayya. Tout premier flic du pays qu’il est, le président du parti au pouvoir ne sait que trop bien qu’en cas de dissolution de Lumana africa, les responsables de ce parti ne pourront pas maîtriser la colère des militants et sympathisants. À moins que ce ne soit son objectif inavoué.

Comment ?
Depuis plusieurs mois, Bazoum Mohamed n’est plus en odeur de sainteté avec le président de la République Issoufou Mahamadou, son camarade politique. Le pré- sident du PNDS est conscient d’être sur une branche que le chef de l’État est en train de scier mé- thodiquement, patiemment. Il n’est pas non plus sans savoir qu’il n’est pas le dauphin du Président Issoufou et qu’il ne lui succédera pas. Son éviction aussi bien du gouvernement que de la direction du parti n’est qu’une question de temps. À la première occasion, il sera jeté dans la corbeille de l’histoire politique. Mais Bazoum est un os dur, il ne se laisse pas avaler d’un coup. Étant entendu qu’il ne fait pas le poids face à son camarade, il est obligé de faire profil bas. Mais profil bas n’est pas synonyme de capitulation. L’on peut bien rester caché dans le système et le combattre férocement et dans la plus grande discrétion. Selon toute vraisemblance, c’est la méthodologie du ministre de l’Intérieur en voulant dissoudre le MODEN FA Lumana de Hama Amadou avant d’en être dissuadé. S’il y était parvenu, il aurait certainement réussi à créer une situation ingérable de laquelle le régime du Président Issoufou s’en sortirait difficilement pour ne pas dire en périrait. Le philosophe, stratège politique de haut niveau, initiateur ou associé de tous les complots politiques instigués et exécutés par le PNDS-Tarayya en 20 ans d’opposition et 6 ans de gestion du pouvoir d’État connaît parfaitement les coups « mortels » à donner à un régime dont on voudrait se débarrasser. Mais en fait, il n’est pas le seul expert, tout ce qui avait été planifié et mis en œuvre l’a été avec les autres « camarades ».

Ce qui veut dire que le Président Issoufou doit bien comprendre la manigance de son ministre de l’Intérieur et c’est sans doute pourquoi il ne l’a pas laissé achever sa besogne. Si ça se trouve, il revient à dire que le président de la Ré- publique sait avoir déjoué une attaque et doit être en train de pré- parer sa contre-attaque. Et comme on dit, si tu rates l’adversaire, lui ne te ratera pas. A moins qu’ils soient tous des maladroits.
KADEGOMNI

11 novembre 2017
Source : Le Monde d'Aujourd'hui

 

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