Forfait Albarka

La réponse appropriée de la coordination régionale du LUMANA à Bazoum Mohamed

La réponse appropriée de la coordination régionale du LUMANA à Bazoum Mohamed Dans une déclaration publiée le samedi 4 novembre dernier, la coordination régionale de Niamey du Mouvement démocratique nigérien pour une fédération africaine (MODEN-FA/LUMANA-AFRICA) a répondu au point de presse animé le dimanche 29 octobre dernier par le ministre d’État chargé de l’Intérieur et président du Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS-TARAYYA), M. Bazoum Mohamed.

Contrairement aux réactions du secrétaire général et du bureau politique national du parti – qui ont fait montre d’une certaine nonchalance – la réponse de la coordination régionale du MODEN-FA/LUMANA-AFRICA à Bazoum Mohamed a été on ne peut plus tranchante. Le député Soumana Sanda et ses amis n’ont pas mis de gants pour donner la réplique appropriée aux accusations portées contre les militants de leur parti par le ministre de l’Intérieur et président du PNDS-TARAYYA, suite à la manifestation de la société civile du 29 octobre dernier. «Suite aux évènements du 29 octobre 2017 ou les populations de Niamey, répondant à l’appel de la société civile, sont sorties massivement pour exprimer leur ras le bol généralisé, le sieur Bazoum Mohamed, Président kama mini du PNDS Tarraya, fidèle à son arrogance et sa pseudo suffisance habituelles, s’est cru en devoir d’indexer notre parti comme responsable des débordements occasionnés par ladite manifestation citoyenne», a répliqué la coordination régionale du MODEN-FA/ LUMANA-AFRICA de Niamey. En continuant à considérer Bazoum Mohamed comme le «président kama mini» (circonstanciel) du PNDS, Soumana Sanda et ses amis sont, non seulement restés constants dans l’appréciation qu’ils ont toujours eu du personnage quant à son manque de poids au sein de son parti, mais ont aussi rendu la monnaie de sa pièce à Bazoum Mohamed, par rapport au mé- pris qu’il semble afficher à l’égard du parti LUMANA et de ses militants. Un autre passade de la déclaration de la coordination régionale de Niamey du MODEN-FA qui a certainement fait mal à Bazoum Mohamed est celui-là où Soumana Sanda et ses amis affirment : «En effet, étant de plus en plus convaincu qu’il n’est pas le candidat pré- féré du Gourou principal, Monsieur Bazoum se cache derrière sa double casquette de Président Kama mini du PNDS Tarraya et de ministre de l’inté- rieur pour ourdir des complots en tous genres dans le seul et unique dessein de provoquer la déstabilisation de son propre régime, seule à même d’obliger ses camarades à le soutenir». Comme des psychologues qui semblent avoir parfaitement étudié et compris les comportements de Bazoum Mohamed et de ses autres collègues du PNDS-TARAYYA, les responsables de la coordination régionale de Niamey du MODEN-FA ont déclaré être prêts à aller dans la logique de leurs adversaires politiques. «Choisissez donc vos moyens, Mesdames et Messieurs du PNDS Tarraya. Nous sommes prêts au MODEN FA LUMANA AFRICA à faire de même, et à visage découvert et non en nous cachant derrière une quelconque structure car, comme vous le savez très bien, nous n’avons pas peur de vous, même si le contraire est évident sans l’utilisation abusive de la force publique républicaine dans le combat politique qui nous oppose», ont averti Soumana Sanda et ses amis. Ce passage de la déclaration a été vivement applaudi par les militantes et militants du MODEN-FA en général et ceux de la coordination régionale de Niamey en particulier, qui se sont toujours plaints de la passivité qu’affichent les dirigeants de leur parti face aux agressions de tout genre ils sont l’objet de la part des responsables du PNDSTARAYYA, depuis la rupture de leur alliance en 2013.

En effet et comme tous les observateurs sincères l’ont relevé, depuis le départ du MODEN-FA/ LUMANA-AFRICA a rompu son alliance avec le PNDSTARAYYA en août 2013, ses responsables et militants sont devenus comme des Nigériens de seconde zone aux yeux des responsables et militants du PNDSTARAYYA, Leurs noms ont été associés à tous les malheureux évènements que le Niger a connus de cette date à ce jour, y compris les attaques de la secte terroriste Boko Haram et l’affaire dite du coup d’État avorté de décembre 2015. De nombreux responsables et militants de ce parti ont été injustement arrêtés et jetés en prison, avant d’être libérés par la justice pour des faits non établis. Ceux qui n’ont pas eu la chance d’être jugés continuent encore à garder prison. C’est le cas de Saidou Bakary Sangaré, Idé Kalilou et Mala Ari qui croupissent depuis bientôt deux ans en prison dans l’affaire dite de la Cellule crises alimentaires. De mémoire de Nigériens, depuis le régime du Parti progressiste nigérien pour le Rassemblement démocratique africain (PPN-RDA) où les militants du parti SAWABA avaient été persécutés, aucun régime ne s’est pris avec autant de haine à ses adversaires politiques que ne le fait le PNDSTARAYYA à l’égard des responsables et militants du MODENFA/LUMANA-AFRICA.

Se battre ou se laisser abattre La violente sortie de la coordination régionale de Niamey du MODEN-FA/LUMANA-AFRICA sonne comme l’expression d’une légitime défense de la part des femmes et des hommes qui se sentent finalement acculés jusque dans leurs derniers retranchements. Comme s’ils étaient dos au mur, Soumana Sanda et ses amis semblent dire à leurs bourreaux qu’ils n’ont désormais plus rien à perdre et qu’ils doivent se battre ou se laisser abattre. C’est une réaction naturelle chez l’être humain d’arriver à un point où il est obligé de se battre face à un ennemi ou adversaire qui cherche coûte que coûte à l’étrangler. Les responsables et militants du MODEN-FA/ LUMANA-AFRICA sont presque dans une telle situation face aux responsables et militants du PNDS-TARAYYA qui ne manquent aucune occasion pour leur sauter dessus. C’est très dommage qu’avec tous les efforts faits par les acteurs politiques nigériens pour civiliser l’adversité politique, le pouvoir du PNDS-TARAYYA tire le Niger vers le bas en faisant en sorte que des hommes et des femmes s’en veulent à mort parce que tout simplement leurs partis politiques ont rompu leur alliance.

Dan Lamso

11 novembre 2017
Source : Le Monde d'Aujourd'hui

Imprimer E-mail

Politique