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Près de 245 milliards d’assistance militaire des USA au Niger / Issoufou Mahamadou : le goût des violations ....

Près de 245 milliards d’assistance militaire des USA au Niger / Issoufou Mahamadou : le goût des violations ....Près de 245 milliards d’assistance militaire des USA au Niger Issoufou Mahamadou : le goût des violations .... Dix jours se sont déjà écoulés depuis l’arrêt de la Cour constitutionnelle déclarant « irrecevable » la requête du président de l’Assemblée nationale lui demandant de constater « la vacance » du siège de député occupé Karidjo Mahamadou et son « remplacement » par son suppléant. Dix jours sans que le régime du Président Issoufou ne réagisse à cette décision de la plus haute juridiction en matière constitutionnelle. Pourtant, la décision de la Cour implique des conséquences inéluctables. En refusant de statuer sur la demande du président de l’Assemblée, la Cour constitutionnelle ne proclame pas la vacance dudit siège et de facto le député Karidjo reste à son poste. Il devait donc démissionner du gouvernement en attendant la régularisation de son départ du parlement. S’il ne le fait pas, le président de la République, garant du respect de la Constitution et des lois de la République devait prendre ses responsabilités pour remanier le gouvernement afin de se conformer à l’arrêt de la Cour constitutionnelle. Le président Issoufou devait aussi se soucier du respect de l’article 80 de la Constitution qui impose que « Les fonctions de membre du Gouvernement sont incompatibles avec l'exercice de tout mandat parlementaire, de toute fonction de représentation professionnelle à l'échelle internationale, nationale ou locale, de tout emploi public ou privé et de toute activité professionnelle. » Issoufou devait changer le ministre des Transports quitte à ramener son ami et camarade politique Karidjo Mahamadou aussitôt que la vacance du siège de député occupé par ce dernier sera effective. Au lieu de cela, le ministre des Transports continue imperturbablement de trôner au sommet du ministère et fait même des allocutions publiques à l’occasion de la Journée africaine de la sécurité. Un mépris royal envers la loi fondamentale et le peuple qui se l’ai donnée.

Les accords de défense. L’article 169 de la Constitution du Niger dispose : « Les traités de défense et de paix, les traités et accords relatifs aux organisations internationales, ceux qui modifient les lois internes de l'Etat et ceux qui portent engagement financier de l'Etat, ne peuvent être ratifiés qu'à la suite d'une loi autorisant leur ratification. » Pourtant, la France, les USA et l’Allemagne sont autorisés à installer des bases militaires sur le territoire nigérien sans que l’Assemblée nationale qui vole les lois n’en soit avisée. Ce qui est curieux, le Président Issoufou dispose d’une majorité de quelques 140 députés sur 171. il a les 2/3 nécessaire pour même modifier la Constitution comme cela a d’ailleurs été fait il y a quelques mois. Alors, pourquoi n’a-t-il pas saisi le parlement pour faire voter une loi en bonne et due forme sur la présence militaire étrangère au Niger ? Ce qui est sûr le chef de l’Etat sait pouvoir obtenir des députés de la majorité tout ce qu’il voudra.

Mais en fait, le problème est ailleurs ....
Selon le quotidien français Le Canard enchaîné du 8 novembre 2017, l’assistance militaire des Etats-Unis d’Amérique au Niger s’est élevé à 437 millions de dollars US soit près de 245 milliards de nos francs rien qu’en 2016. Si une loi avait été débattue et votée à l’Assemblée nationale, les Nigériens allaient connaître la contrepartie gagnée par leur pays en autorisant les bases militaires américaines. Or, depuis 2012, le budget général de l’Etat est grevé par les dépenses militaires. Où est passée cette assistance militaire ? Qui a-t-elle véritablement assisté, le Niger ou des Nigériens ? Quelle est la nature de cette aide ? Autant de questions qui donnent la preuve du flou artistique entretenu autour des dépenses sécuritaires et donc l’opacité qui règne en maître dans le domaine. En vérité, le régime du Président Issoufou ne s’encombre pas trop du respect de la légalité. Ses animateurs ne vocifèrent la fameuse formule « la loi sera appliquée dans toute sa rigueur » que lorsqu’ils ont des opposants politiques ou des acteurs de la société civile à matraquer, à gazer ou à jeter en prison.

27 novembre 2017

Source : L'Eclosion

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