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Le projet de loi des finances divise les Nigériens

Les mesures contenues dans le projet de loi des finances 2018, adopté dimanche, sont qualifiées d’antisociales par l’opposition et la société civile. Mais pour le pouvoir, il s'agissait d'une réforme nécessaire.

Ces mesures sont qualifiées d’antisociales par l’opposition et la société civile. L’une d'elle qui fait polémique et qui est contenue dans la loi de finance 2018 est l’instauration d’une TVA, taxe sur la valeur ajoutée de 19%, sur les produits de première nécessité. Sans oublier l’augmentation du coût de l’électricité.

Ce sont des mesures qui déçoivent le  président du groupe parlementaire du Mouvement Démocratique Nigérien pour une Fédération Africaine, Moden Fa Lumana, Issoufou Issaka. "Nous avons également des taxes qu'on veut prélever au niveau de l'héritage. Les autorités tentent de justifier ça comme étant des droits de mutation pour les biens immeubles", regrette le député.

Et de poursuivre : "Quand quelqu'un décède en fonction du patrimoine, en fonction de la part qui revient aux ayant-droits, il y a une grille de prélèvement. L'Etat devient de droit un héritier. Il s'agit  bel et bien d'impôts et taxes qui seront prélevés sur l'héritage."

Le pouvoir défend son projet 

Le projet de loi  des finances 2018, déterminant le budget géneral de l’Etat, est estimé en recettes et en depenses à un  montant de 1.900,86 milliards de francs CFA. Il a été adopté par 133 voix pour, 29 voix contre et 1 abstention. Devant les deputés, le ministre des Finances, Massoudou Hassoumi, s’est rejoui de son adoption.

Les autorités nigériennes tentent, pour leur part, de justifier les nouveaux points prévus dans la loi des finances 2018. "Un pays ne peut pas vivre sans impôts. Et vous savez qu'aujourd'hui, l'uranium ne se vend pas, le pétrole ne coûte pas cher, les prix ont baissé", a réagi Mamane Mamadou Zarami, conseiller spécial du président nigérien Mamadou Issoufou. "Alors, je ne vois pas comment l'Etat peut mobiliser de l'argent, si ce n'est l'impôt. Au temps de leur chef, rappelez-vous bien, on a diminué le salaire des Nigériens du tiers, on a fermé l'université", a-t-il ajouté. 

Beaucoup d’observateurs redoutent un embrasement social si le président de la République du Niger venait à promulguer le texte. Déjà, certaines figures de la société civile ont promis de monter au créneau dans les prochains jours.

Après son adoption par les députés, le projet de loi de finance 2018 sera transmis au président de la République. Celui-ci aura deux options : le promulguer en l’état ou le renvoyer à l’Assemblée nationale pour une seconde lecture.

29 novembre 2017
Source :  http://www.dw.com/

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