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Relaxe des responsables d’ACTICE Niger Le ‘’juge’’Bazoum désavoué !

Relaxe des responsables d’ACTICE Niger Le ‘’juge’’Bazoum désavoué !Bazoum Mohamed, c’est cet homme politique, enseignant du lycée de son état, qui, semble-t-il, nourrirait des ambitions présidentielles pour succéder au président actuel. Mais, pour mériter une confiance populaire, encore faut-il savoir incarner, au-delà d’un charisme qui lui manque cruellement, cultiver une certaine image dans le peuple, notamment par la parole publique qu’on profère. L’homme n’a jamais su mesurer son discours. Ainsi s’est-il politiquement auto détruit. Dans presque toutes ses sorties médiatiques, et notamment lorsqu’il doit réagir à des situations difficiles, il a toujours eu ce verbe ravageur qui, ainsi qu’on l’aurait voulu chez l’homme d’État, au lieu d’apaiser, creuse dans les plaies, ravive les blessures et complique des situations délétères que l’on aurait dû travailler à apaiser pour aider les cœurs à se rapprocher, à se pardonner et ce, lorsqu’on est un gouvernant responsable. Pour quelle raison peut-il avoir besoin de tenir invariablement un tel discours, inopérant en politique, surtout lorsqu’on est ambitieux ? Le philosophe peut-il vraiment ignorer les significations que peuvent avoir les démesures que comportent ces paroles dans un pays aussi fragile qui n’a jamais eu besoin, autant que sous la gouvernance socialiste, de soigner les susceptibilités et de surveiller certaines frontières ? Son expression, célèbre et historique, « Officiers ethnicistes », reste gravée dans les annales politiques du pays. Ce discours assez osé qui rappelle nos différences, tout autant inutiles que subjectives pour la nation plurielle, fondement d’une identité autour de valeurs sociologiques de groupes, est à proscrire. L’homme a fait ses gaffes et sans doute que, tant qu’il parlera encore, les Nigériens ne seront pas au bout de leurs peines. Autant croire que le président du Pnds use aussi d’un extrémisme verbal alors que, dans les principes de la démocratie et de la nation, l’homme d’Etat doit agir à sauvegarder la cohésion des communautés, par-delà ses divergences. C’est fondamental. Et un philosophe, fut-il socialiste, ne pouvait pas l’ignorer ! Souvent, avant le Juge, face un problème, c’est lui qui tranche et rend publique sa sentence, oubliant qu’une telle attitude, faite d’arrogance et de suffisance, jette inutilement le discrédit sur un corps respectable. Ça ne lui rend pas service, notamment pour cultiver l’image du présidentiable qu’il voudrait avoir d’ici à l’échéance de 2021. Pourquoi donc – la question revient – veut-il tant ravager son image et se détruire politiquement en voguant à contre-courant de nos valeurs qui sont faites de tolérance et de commisération ? Quand il y a des douleurs dans un peuple, on n’en rajoute pas. Mais, dans son camp politique,Bazoum est-il unique dans son genre ? Non, et les faits l’ont démontré. Comment ne pas les croire capables de ces cynismes, quand, pour conquérir le pouvoir, il y a quelques années, ils n’avaient eu de parole et de slogan que ces mots graves et dangereux, par lesquels, ils prétendent que pour mieux mettre aux normes un pays, « il fallait frapper les morts pour faire peur aux vivants ». Pourtant, aujourd’hui que leurs rangs sont infestés de détourneurs, de fraudeurs, de trafiquants, de brigands, de malfaiteurs, ils n’ont jamais été capables de « frapper ».Et l’homme qui décide avant les juges n’a jamais su tirer les leçons de ses dérives jusqu’à ce que, il y a quelques jours, suite aux événements du 29 octobre, sans attendre l’issue du procès, il décide que des gens soient arrêtés et que leur organisation soit dissoute. Le « maître absolu » a oublié que malgré les excès de leur régime, le Niger fonctionne sur un certain nombre de règles et que, quoi qu’il puisse penser de ses pouvoirs étendus, le dernier mot revient toujours à la justice ; rempart ultime entre le peuple et ceux qui le gouvernent. Bazoum, dans ses colères non maîtrisées, avait débordé sur des prérogatives qui ne sont pas les siennes, et par abus, condamnait des acteurs de la société civile avant qu’un juge ne décide de leur sort. Pire, il est allé jusqu’à dissoudre leur organisation. Et depuis que le juge les a relaxés, la légalité de cette dissolution se pose opportunément. Lorsqu’on ne peut pas, du point de vue du droit, reprocher quelque chose à ces acteurs, on ne peut donc plus trouver la base sur laquelle il peut être possible de dissoudre leur organisation. Un tel homme, qui ne sait jamais prendre des précautions, peut-il d’ailleurs aspirer un jour à diriger ?

S’il a réussi à envoyer pour un temps en prison, des hommes qui n’ont eu de tort que de porter et d’assumer une différence ou d’avoir exercé un droit constitutionnel, peut-il aujourd’hui ressentir le goût de l’amertume, quand la Justice décide de le désavouer en libérant sans aucune restriction, les acteurs de la société civile ; des acteurs de la société civile qui semblent rester aujourd’hui la seule béquille sur laquelle le peuple peut s’appuyer alors que des leaders politiques ont décidé d’aller manger avec le prince et d’abandonner le peuple. Les Nigériens ne regardent plus que Tchangari, Ali Idrissa, Chékaraou, Siradji Issa, Abass, NouhouArzika, portes-flambeaux de la lutte citoyenne pour donner de l’espoir à un peuple trahi par son élite qui, aux temps des vantardises, arguait qu’elle incarnait l’intelligentsia nationale et pendant que d’autres acteurs de la société civile, à l’image de Lokoko, ont choisi de trahir leur mission citoyenneen cherchant à dé- fendre l’indéfendable.

En plus de son défaut d’être un juge dont les sentences sont annoncées avant que les procès ne se tiennent, comme il l’avait déjà fait en d’autres cas, notamment quand il disait à qui voulait l’entendre qu’il ne voyait pas comment Hama Amadou pouvait s’en sortir, il y a chez Bazoumcette fixation maladive et ce manque de discernement qui frise l’esprit borné. Ainsi expliquait-il également, après la forum de la diaspora Lumana à Abidjan, que tout ce qui se faisait dans le pays, aurait été manigancé – pour être dans sa logique – à Abidjan. Il est donc dommage que le philosophe, président de parti, ne puisse rien voir, à chaque fois, que Hama Amadou et son parti politique. Peut-on avancer quand un esprit ne peut avoir qu’une analyse aussi simpliste que parcellaire ? En ne voyant les choses que d’une manière aussi étriquée, il est évident qu’on ne peut plus avancer, car la volonté délibérée de stigmatiser un homme, son parti et ses militants, sinon que d’approfondir une fracture dans le peuple, ne peut aider les gouvernants à sortir du pétrin dans lequel leurs démesures ont fini par plonger le pays.

AI
02 décembre 2017
Source : Le Canard en Furie

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