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ANDP-ZAMAN LAHIYA : La fin des haricots pour Sani Ousmane Dan-Digé ?

Sani Ousmane Dan DigeElu trois fois député au titre de l’ANDP-ZAMAN, l’opérateur économique Sani Ousmane Dan-Digé, a comme on le sait, fait la pluie et le beau temps dans ce parti où après le décès du père fondateur feu Adamou Moumouni Djermakoye, paix à son âme. Les circonstances ont œuvré en sa faveur malgré son analphabétisme qui justifie son mépris affiché à l’endroit les cadres et autres intellectuels du partis. Faisant ainsi de lui, un personnage clé dans le parcours et la gestion de ce parti qui avait pourtant connu ses moments de gloire. Erigé en bailleur et deuxième personnalité du parti, il a su ravir la vedette au feu président Moussa Djermakoye, qu’il a assujetti jusqu’à la fin de ses derniers jours. Certes, illettré mais assez rusé pour jouer l’homme de toutes les situations dans ce parti qu’il a fini par transformer à un simple patrimoine qu’il gère à sa guise. Ainsi, pour avoir soutenu le défunt Moussa Djermakoye à accéder à la tête du parti en 2010, il s’est vite arrogé la paternité de sa gestion.

S’engageant dans une logique d’Omerta, il est toujours prêt à régler le compte à tous ceux qui tentent de donner une opinion contraire à ses prises de position unilatérales et dictatoriales. Inféodant ainsi cadres et membres influents du parti, il a régné en maitre absolu jusqu’à la mort du président Moussa Djermakoye que les militants ont porté démocratiquement à la tête du parti. Aujourd’hui pendant que l’heure est à la succession de Moussa Djermakoye, les pronostics ne laissent guère de chance à Dan-Digé, de jouir encore de cette robe de faiseur de roi. En effet, outre la gestion opaque des fonds mis à la disposition du parti par le PNDS-TARAYA, lors des élections présidentielles de 2016, la nomination de son frère qu’il a imposé comme Gouverneur de Dosso. Les militants du parti ne lui pardonnent surtout pas d’avoir obligé la famille de feu Moumouni Djermakoye, à vendre son seul domicile de Niamey pour lui rembourser des dettes que lui devait le défunt. Selon donc, des membres de la famille Moumouni Djermakoye Adamou, après la vente de la villa, Dan-Digé aurait présenté une liste de crédits de plus de 100 millions de francs CFA qu’on lui a réglée séance tenante.

Mais là n’est pas le problème car selon des proches de feu Moumouni Djermakoye, Dan-Digé aurait tout simplement comptabilisé tout ce qu’il avait dépensé depuis son avènement dans le parti y compris les moyens qu’il a utilisés pour se faire élire député. Cet acte qui a entrainé un important déséquilibre matériel chez les héritiers du père fondateur, constitue à la vue de la majorité des militants comme le péché d’Israël. Voilà entre autres raisons qui ne plaident pas en faveur de celui-là qui fut l’incontournable dans le parti du consensus. Pour l’heure, en tant que premier vice-président, il jouit d’une certaine position lui permettant de s’imposer dans le processus de succession, mais une position qui n’est guère déterminante sur l’élection du futur président. A ce sujet, des sources racontent qu’il compte présenter la candidature d’un actuel ministre de la République. Cette hypothèse peu plausible n’est pas à écarter, surtout quand on sait que Dan-Digé est en ce moment en quête d’un autre candidat genre Moussa Djermakoye, qu’il pourra gérer. Mais selon d’autres sources, les cadres du parti n’entendent plus se faire humilier par un illettré aux ambitions suicidaires pour leur parti. C’est ainsi que des voix ont commencé à s’élever pour demander la création d’un comité pour gérer les affaires courantes du parti en attendant la fin du deuil pour convoquer un Congrès extraordinaire. C’est pourquoi certains observateurs de la scène politique nationale se butent à cette question : est-ce la fin des haricots pour Sani Ousmane Dan-Digé ?

Dargné Nounou.

04 décembre 2017
Source : La Nation

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