MRN : les déchirements des alliés

Albade Abouba Ladan TchianaA priori, les malaises qui se vivent ces derniers temps au sein de la mouvance au pouvoir, ne sont que le fait d’agissements d’acteurs internes – certains diront manipulés – qui, dans le positionnement à l’intérieur du parti mènent quelques actions pour bâtir leur citadelle indétrônable. Ameen-Amin de Omar Hamidou dit LadanTchiana, depuis des jours bat de l’aile. Deux clans sortis de l’ombre se disputent la légitimité du parti mettant à mal le président du parti dont on ne peut entendre la voix depuis des jours, peut-être depuis qu’il s’est rendu compte qu’il est l’objet d’un vaste complot après qu’il ait fait confiance à des hommes qui profitent d’une conjoncture politique pour lui faire vivre l’enfer des diatribes politiques. C’est après seulement quelques quatre années d’aventure que certains de ses acolytes, peut-être après avoir mûri leur « chose », sortent de l’ombre pour lui retirer une confiance et tenter ainsi de le discréditer politiquement. Que c’est dur la politique et qui eut cru que Hassane Seydou, aurait pu être des frondeurs ! Au Niger, il faut avoir les nerfs solides pour faire de la politique. On ne peut donc plus compter sur un homme pour faire ensemble de la politique ? Bah ! Profitant d’une tribune que lui offre Bassira, le parti de Ben Omar, voilà Ladan qui sort du bois, avec la même verve qu’on lui connait, pour asséner ses vérités qui fâchent : « en politique, l’hypocrisie et le mensonge sont les armes des traitres ». On ne peut pas dire mieux. Et le président d’Ameen-Amin est assez lucide sur ses analyses pour comprendre que le jeu trouble se fait à l’intérieur de son clan politique auquel il reprochait déjà, il y a quelques semaines, de jouer à la chasse aux sorcières. Aussi, avertit-il, qu’il faut parer au plus pressé pour arrêter le complot, eut-on compris. Il interpelle le président de la MRN qui doit comprendre cette menace : « même dans les eaux douces, il y a des montres… ». Ce qui est dit est dit.

Et voilà que ce feu ne s’est pas éteint qu’un autre s’allume aux confins de la MRN, dans le parti d’AlbadéAbouba qui avait, on s’en souvient aux temps des incertitudes, apporter en déchirant et en sacrifiant la grandeur du MNSD, le soutien salvateur que l’on sait à Mahamadou Issoufou qui avait perdu un allié de taille tant d’un point de vue électoral que politique quand on considère la maturité politique de certains de des cadres de ce parti. D’autres querelles de clocher ? Peut-être. Mais il faut croire que c’est suffisamment grave pour avoir cette déclaration du MPR-Jamhouriya de la région de Niamey qui a mis sur une même table, deux anciens adversaires qui ne s’étaient fait aucun cadeau à s’entredéchirer alors qu’ils n’étaient pas capables de mobiliser la capitale autour de leurs personnes. Cette déception du président du parti, compte-t-elle dans ce qui leur arrive aujourd’hui, avec peut-on le soupçonner, une confiance du président du parti que porterait désormais le nouveau gouverneur de la région de Niamey ?

La revanche sur un remplaçant…

On se souvient des conditions dans lesquelles, Hamidou Garba, alors gouverneur de la région de Niamey avait été débarqué, essuyant des larmes tristes, gobant avec peu de courage, le sort qui lui est fait. C’est lui qui lit la déclaration qui s’en prend au nouveau gouverneur, celui-là même qui, après avoir intégré le parti d’Albadé Abouba, devrait remplacer le gouverneur Hamidou Garba qui se morfondait dans ses déceptions. Peut-il être la bonne personne pour lire cette déclaration ? Pas si sûr au regard justement de la scène
pitoyable qu’il offrait un jour aux côtés de celui qu’il vilipende aujourd’hui et qui le remplaçait à la tête de la capitale qui ne pouvait pas être sa chasse gardée quoique peut-il se revendiquer d’être de la région. Son compère, l’autre qui, en d’autres temps justifiait son ralliement à la Renaissance par la promesse d’un poste juteux, servait sans le savoir, les préoccupations d’un homme, disons les rancunes d’un homme qui n’a pas fini de digéré sa disgrâce. En lisant la déclaration que l’on sait, Hamidou Garba ne donne pas de l’élégance à sa politique et ainsi montre-t-il que l’on reste toujours là, presque dans les égouts à faire de la politique. C’est à peine qu’on n’entend pas qu’il insinue qu’il vaut mieux que lui lorsque, dans la déclaration, il parle d’incompétence. Doivent-ils peut-être comprendre que le président du parti refuse les bureaux issus de copinage et de camarilla pour vouloir des structures pérennes, plus dynamiques, moins inféodées à des hommes et à leur largesse, des hommes qui plus, ne sont guidés que par leur propre et seul positionnement. C’est pourquoi, les observateurs ne pouvaient pas apprécier cette déclaration, fut-elle juste car forcément, au regard du ton de cette déclaration, elle renvoie à un passé, à un conflit d’intérêt car jamais dans l’histoire du pays, l’on a vu un autre verser des larmes chaudes, pour perdre une position que l’on ne peut pourtant pas garder ad vitam aeternam.

Le procès
On reproche au gouverneur de mettre en place des bureaux. C’est juste s’il en est ainsi dans la démarche qui aura été la sienne. Mais a-t-il cependant été impliqué dans la mise en place des bureaux de l’autre groupe qui visiblement, lui reproche d’être un intrus, d’être un militant de la dernière heure, et donc une menace à leurs intérêts qu’il faut au plus vite mettre à la marge ? On construit un parti en rassemblant les hommes, non en les frustrant et en faisant tout pour les éloigner parce qu’on aura considéré qu’ils ne sont venus que pour prendre à d’autres leurs places. Il va sans dire que lorsque l’on ne cherche qu’un poste juteux, l’on ne peut qu’avoir cette lecture étriquée et « alimentaire » de la politique.

La menace à peine voilée…
Le bureau dirigé par Amadou Salifou ne s’est pas seulement contenter de passer au crible le comportement d’un militant dont il fustige la conduite cavalière. Il avait surtout des mots durs, inamicaux contre le gouverneur : « considérations mesquines », « camarades égarés », « incompétence et traitrise », fallacieux prétexte », et d’autres pour s’en prendre à un homme dont le choix était, on peut le croire, d’aider à construire le parti d’Albadé Aboubadans la capitale. Et ils se sont tellement indignés de ces agissements, qu’ils se demandent s’il avait « reçu mandat de la part du président du parti » pour procéder à la mise en place de ces bureaux. Faut-il croire qu’ils pensent qu’Albadé serait en train de jouer un sale jeu contre eux ? Il est permis de le soupçonner. Et l’on peut entendre la menace faite au président du parti quand ils disent « interpeller le président AlbadéAbouba »pour tirer au clair cette situation.

Quel avenir pour Jamhouriya Niamey ?
Faut-il croire que Hamidou Garba et Amadou Salifou pourraient mettre à exécution leur menace qui ne pourrait être que de quitter son parti pour un autre ? Mais sont-ils aussi propre pour oser pareille audace ? Ce n’est pas certain. Le seul point de chute ne pourrait être pour eux que le parti présidentiel. Et ils sont lucides, espérons-le, pour le savoir et l’envisager. D’ici là, le nouveau gouverneur jouit d’une confiance et jusqu’à preuve du contraire, c’est lui le choix d’Albadé pour être gouverneur de Niamey, pas un autre dont le mérité aura été de détruire le commerce dans la capitale !
WAZ-ZA

15 décembre 2017
Source : L'Actualité

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