Gouvernance : Mohamed Bazoum, sur les traces de la grande politique?

Gouvernance : Mohamed Bazoum, sur les traces de la grande politique?Vous me diriez volontiers qu’est-ce que la grande politique ? Spontanément, d’aucuns diront qu’il y a une « petite », ou une mièvre politique, et d’autres plus subtils et avisés, avanceront qu’il ya une« moyenne » politique, la plus ou moins bonne, et la grande politique. Or, lorsqu’on parle de « grande politique », le regard des plus savants se dirigent vers l’excellent philosophe allemand Friedrich Nietzsche, qui a enseigné que cette grande politique, son accomplissement (ou avènement) est l’œuvre des surhommes politiques, des hommes d’exception, c’est-à-dire ceux qui brisent les préjugés à coups de Marteaux.

Il n’est pas dans nos habitudes de jeter des fleurs aux camarades socialistes, mais devant le bon exemple, le geste politique esthétique, altruiste, éminemment et fondamentalement fraternel, nous ne pouvons que nous incliner. Pour une fois, un homme politique, a osé réaliser religieusement la grande politique au sens de Nietzsche : celle qui permet d’unir des nigériens au-delà de leurs différentes croyances. Cela s’appelle une vision positive de la politique, celle qui élève l’humain. C’est également une pensée, une imagination rationnelle du Niger de demain, afin que plus jamais que des frères dans une même Nation ne s’entredéchirent, ou s’entretuent sous aucun prétexte. Le vivre ensemble n’est possible, les possibilités d’un avenir grand et radieux ne seront objectivables que si le regard des tous les Nigériens convergent dans la même direction. Le ministre Mohamed Bazoum a effectivement compris (clairvoyance du temps présent) que si l’avenir est un objet de vouloir, c’est dès maintenant (agir sur le maintenant), qu’il faut le construire, et avec les autres frères de confessions différentes. Et c’est juste titre que Nietzsche écrit : « Ce qui deviendra ou ce qui doit devenir est le fondement de ce qui est ». Autrement dit, quand un homme politique est gorgé de volonté, il est capable d’inventer l’avenir par des actes.

Ainsi, au nom du Président Mahamadou Issoufou et de son gouvernement, et au nom de la tolérance entre les nigériens de confessions diverses, il avait tenu à rehausser de sa présence aux côtés des frères Chrétiens pour célébrer la nuit de la nativité dans la grande cathédrale de l’Eglise de Zongo. Les mots du Ministre Mohamed ont célébré l’amitié, la solidarité, la paix, et la tolérance entre tous les nigériens. Autrement dit, dans un Etat de droit, chaque citoyen a le droit de pratiquer la religion de son choix. C’est un message de paix, une invitation au dialogue intereligieux..

La politique ne se limite pas seulement aux discours, aux mots. Il faut oser agir en vue de réaliser ce qu’Aristote appelle le vivre ensemble, ou la concorde politique, dont le ciment, le ferment reste l’amitié entre tous les citoyens. L’amitié politique entre tous les citoyens de confessions diverses est une mission régalienne de l’Etat, de l’homme politique. Le Ministre Mohamed Bazoum a osé. Et son geste a reçul’approbation, les félicitations des nigériens sur les réseaux sociaux, et certainement au sein de notre tolérante population musulmane.

Mieux, en restant aux côtés des frères chrétiens jusqu’à la fin du Sermon, le Ministre Bazoum a démontré que le message religieux s’adresse à tout croyant, car aimer son prochain, son frère, c’est être capable de sympathiser, de partager, d’être dans la joie quand il est joyeux, et de compatir lorsqu’il est dans la douleur. Depuis les événements douloureux et tragiques, liés à ce qui est communément appelé « l’affaire Charlie », il nous a semblé, qu’un voile de méfiance planait sur l’ataraxie politique. Il fallait que le politique réassurât cette grande frange de notre nation. Et c’est en cela que le geste du Ministre Bazoum, vient politiquement le grandir mêmeaux yeux des sceptiques, car ce n’était point de la fanfaronnade, ni du bling-bling pour charmer, mais une action politique qui a un sens véritablement puissant afin d’asseoir et de cultiverdéfinitivement la tolérance dans les rapports avec les autres frères de confessions différentes. La politique n’a pas complètement entamé le naturel philosophe du ministre, c’est pourquoi nous réitérons notre appréciation en terminant par cette pensée de Platon : « le genre humain ne mettra pas fin à ses maux avant que la race de ceux qui, dans la rectitude et la vé- rité s’adonnent à la philosophie, n’ait accédé à l’autorité politique » (Lettre VII, 326a-c)

Dr. Youssouf Maïga

07 janvier 2018
Source :  Le Nouveau Républicain

Imprimer E-mail

Politique