SIM Aminchi 0range

Editorial : Exit les contre-valeurs !

Editorial : Exit les contre-valeurs !Un Colloque sur la Renaissance culturelle ouvre ses travaux ce matin, au Palais des Congrès de Niamey, sous la présidence du Président de la République, SE. Issoufou Mahamadou. Ce sera l’occasion pour les participants de décortiquer de fonds en comble le concept de la Renaissance culturelle. En effet, second axe prioritaire du second mandat du Président de la République, la Renaissance culturelle a pour objet de nous permettre de renforcer notre identité, de nous forger un destin commun et de donner un sens à notre existence en tant que peuple, en tant que Nation.

Des valeurs comme cultiver le patriotisme et le dévouement à la collectivité ; avoir partout et toujours le sens de l’intérêt général et cultiver le civisme ; rompre avec l’obscurantisme ambiant et tous les autres comportements propres à annihiler chez les Nigériens toute idée d’ouverture, de progrès et d’innovation ; cultiver chez les nigériens la confiance en soi ; créer les conditions d’une rupture avec la mentalité d’assisté et la mendicité sous toutes ses formes ; combattre l’oisiveté, insuffler l’amour du travail; combattre la corruption, la concussion et le népotisme ; promouvoir la solidarité et la responsabilité ; promouvoir l’individu, le détribaliser en le libérant du régionalisme, de l’ethnocentrisme et du sectarisme, doivent être cultivées et acceptées par tous.

Déjà, lors de son discours inaugural du second mandat du CESOC, le Chef de l’Etat a abordé sans complaisance la Renaissance culturelle et la modernisation sociale qu’il entend promouvoir et instaurer dans notre pays. Cette modernisation sociale, a dit le Chef de l’Etat, passe par la culture des valeurs positives à transmettre aux générations futures et le combat contre des contre valeurs. Ainsi, comme l’a si bien dit le Président Issoufou, être père et mère sont des fonctions. « La famille est une institution, la première institution de base de notre organisation sociale. Elle doit servir de vecteur en vue de transmettre les valeurs culturelles et de combattre les contre-valeurs », a souligné le Chef de l’Etat.

Il est de la responsabilité des parents à être des modèles pour leurs enfants. La famille doit être le centre névralgique de l’éducation à la base. Car, la famille, c’est d’abord la première école où l’on doit éduquer l’enfant, le façonner pour en faire un adulte responsable. C’est au sein de la famille que l’enfant s’imprègne des bases du respect, d’obéissance, de tolérance, de pardon, de vivre ensemble, de partage, de solidarité, de fraternité, d’amour du prochain, d’altruisme, du courage, de détermination, d’engagement, de patriotisme, d’honnêteté, de sincérité, de gratitude, d’entraide, de respect de la parole donnée, de respect de la personne humaine, de respect des biens d’autrui, de justice, de crainte de l’illicite, etc.

Or, actuellement cette éducation familiale qui inculque à l’enfant la morale et les bonnes manières de vivre dans la dignité, le don de soi au travail, si indispensable dans une société tend à disparaitre malheureusement. Les enfants sont abandonnés à eux-mêmes et à l’implacable éducation de la rue.

Conscient que ce danger peut mettre en péril notre société, le Président de la République, en bon père de la Nation, exhorte tout un chacun à plus de responsabilité.

Pour lui, en effet, « les valeurs, sur lesquelles l’accent doit être mis, vont du respect de la loi (donc de l’autorité), à la culture d’entretien en passant par la justice, l’égalité y compris celle du genre, la paix, la sécurité, l’unité nationale, le sens du devoir, le patriotisme, la solidarité, la tolérance, le respect des droits humains, le cousinage à plaisanterie, la défense de l’intérêt général, le respect du bien public, le respect des engagements pris et de la parole donnée, la discipline, le courage, la patience, le sens de l’honneur, l’intégrité, la dignité, la persévérance, l’esprit d’initiative, l’esprit de curiosité et la soif du savoir, un niveau d’aspiration élevé, l’esprit de compétition, la recherche de la performance, l’esprit d’épargne, etc. ».

Aussi, le Chef de l’Etat a-t-il invité les conseillers, qui sont imbibés des valeurs de notre société dont ils reflètent toute la diversité, à méditer sur cette liste en vue de son enrichissement.

Le jeu en vaut la chandelle. Car, ne nous voilons pas la face, aujourd’hui, ces valeurs positives si chères à nos parents sont en train d’être érodées et à la place surgissent des contre valeurs comme « le tribalisme, le régionalisme, l’ethnocentrisme, la malhonnêteté, la cupidité, le gain facile, le népotisme, le favoritisme, le recul de l’ardeur au travail, la corruption, l’impunité, l’hypocrisie, etc. ».

Que faire devant cette dégradation de nos valeurs intrinsèques d’honnêteté et de rigueur morale ? Que faire devant ces contre-valeurs qui vont de la vénalité à l’ostentation et au gaspillage en passant par l’égoïsme, le népotisme, le clanisme, le tribalisme, le régionalisme, le communautarisme, le fatalisme, la superstition, les fausses rumeurs, la jalousie, la tromperie, la calomnie, la médisance, l’ingratitude, l’hypocrisie, le mensonge, l’arrogance, l’incivisme, l’oisiveté, la paresse, le parasitisme, la mendicité, la mentalité d’assisté, les mariages précoces ou forcés, la dépravation des mœurs la violence ?

Il y a urgence, car il faut lutter contre le clanisme, le tribalisme, le régionalisme et le communautarisme. Ces idéaux rétrogrades qui constituent un fonds de commerce pour certains compatriotes égarés doivent être combattus sans ménagement.

Au Niger, nous sommes tous des citoyens égaux en droits et en devoirs dans une République une et indivisible. « Les replis identitaires sont non seulement anticonstitutionnels mais aussi contre nature, comme le prouvent les méfaits de l’endogamie liés à la consanguinité et ses incidences sur les maladies génétiques et les malformations. La nature nous recommande, non pas le repli sur soi, mais l’ouverture».

Le débat autour des propos haineux et tendancieux, malheureusement relayés par une certaine presse, faisant ces derniers temps la chronique sur les réseaux sociaux, ne doivent plus être tolérés, ni banalisés. Ils doivent être sanctionnés avec toute la rigueur requise par la loi. Le Niger est notre bien commun et l’unité de notre peuple ne doit jamais être sacrifiée à l’autel des intérêts égoïstes et mesquins.

Mahamadou Adamou(Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.)

15 février 2018 
Source : http://www.lesahel.org/


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