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Couverture santé universelle : Le Niger dans la dynamique

Docteur Idi Illiassou Maïnassara, ministre de la Santé PubliqueDocteur Idi Illiassou Maïnassara, ministre de la Santé PubliqueL'Organisation mondiale de la santé (OMS) a ce 7 avril 70 ans. A l'occasion de cet anniversaire qui coïncide avec la journée mondiale de la santé édition 2018 qui a pour thème " la couverture sanitaire universelle ", le ministre de la santé publique, Dr. Idi Illiassou Mainassara a prononcé une importante allocution qui met en exergue les progrès réalisés ainsi que les défis à relever en matière de santé universelle sur la planète sous la houlette de l'organisation onusienne.
Dans son allocution, le ministre de la santé a rappelé que " en septembre 2015, l'Assemblée Générale des Nations Unies a adopté les Objectifs de Développement Durable (ODD). L'ODD 3 relatif à la santé, est assorti d'une cible visant la couverture sanitaire universelle (CSU). Dans le même temps, l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) s'était-elle engagée, dès 2005, à aider les pays à développer des systèmes de financement de la santé permettant à " chacun d'accéder aux services de santé sans subir des difficultés financières lors de leurs paiements ". Cet objectif a été appelé COUVERTURE SANITAIRE UNIVERSELLE (CSU) ". Il a ajouté que " La CSU signifie que chacun et chacune, au moment où il/elle en a besoin, a accès à des soins de santé de qualité et d'un coût abordable. On a coutume de dire que la santé n'a pas de prix, mais qu'elle a un coût. Toute la question est là ; comment faire pour que le coût de la santé soit abordable au moment où l'on en a besoin. Cela suppose clairement, que le maximum de paiement à demander à l'usager au moment même où il vient se soigner, ce maximum de paiement appelé paiement direct, ait été perçu en amont ". C'est pour dire, a-t-il indiqué, " que la couverture sanitaire universelle est un processus et pour tendre au maximum vers la CSU, un pays doit mettre en place un système de prépaiement des coûts des soins de santé. A l'évidence, il n'y a pas de formule magique, pas de miracle non plus! Il faut juste asseoir une vision claire, une vision partagée dans le cadre d'un dialogue entre tous les acteurs, un dialogue véritablement inclusif et participatif. La progression vers la CSU exige des ressources ". Selon le ministre de la santé, " l'expérience a démontré que les pays qui ont étendu leur Couverture Sanitaire Universelle, sont les pays qui ont amélioré leurs paquets de prestations de soins, ont apporté des subventions aux régimes de CSU, ont rendu obligatoire l'adhésion à ces régimes et ont simultanément amélioré leurs infrastructures d'offre des soins et services de santé, donc ont amélioré a qualité des soins ". Il a également rappelé que " la Couverture Sanitaire Universelle n'est pas seulement une affaire de santé. C'est aussi une affaire de développement. En effet, il est universellement admis que la santé est au cœur du développement. La CSU est d'ailleurs la voie qu'ont choisie certains pays pour réaliser leur développement socio-économique. Cela est d'autant plus vérifié quand on sait que la crise économique que le monde a connue depuis 2008, a nourri la conviction que les pays qui ont assis un bon système de couverture sanitaire universelle, sont ceux qui étaient capables d'en faire un stabilisateur, ou du moins un amortisseur social des effets inhibiteurs de croissance ". Mieux, selon Illiassou Idi, " dans le cadre de la promotion et de la protection de la santé, du bien-être social et du développement économique et social durable, la déclaration d'Alma ATA de 1978 a indiqué clairement que la " santé pour tous " contribuerait à une meilleure qualité de vie ainsi qu'à la paix et à la sécurité à l'échelle mondiale. Un penseur a dit si opportunément, quand la santé fait défaut la vaillance ne peut combattre, l'intelligence sans objet, la sagesse ne peut s'exprimer et la richesse demeure inutile ".
Le ministre de la santé a dit que c'est à juste titre que le Niger considère la santé comme une question prioritaire. Il a rappelé que " Dans le domaine de la CSU, le Niger a posé les jalons d'une bonne CSU dès le lendemain des indépendances, par la prise en charge gratuite des nigériens économiquement faibles. Par la suite, les Constitutions qui vont suivre, en particulier celle du 25 Novembre 2010 disposent, que chaque nigérien a droit à la santé dans les conditions définies par la loi. C'est ainsi que le Gouvernement du Niger a adopté une Politique Nationale de Protection Sociale (PNPS) en septembre 2011. Cette Politique Nationale de Protection Sociale vise en effet, à améliorer de manière significative les conditions de vie des populations les plus vulnérables. Depuis son adoption et dans la recherche des synergies positives, les secteurs ministériels concernés et leurs partenaires ont conduit plusieurs initiatives, en vue de sa mise en œuvre. Un projet de loi sur la protection sociale est d'ailleurs mis en examen pour la présente session des lois de l'Assemblée Nationale ". En 2008 a dit le ministre, le Niger a promulgué la loi n° 2008-10 du 30 avril 2008 sur le régime général des mutuelles de santé ; Le Niger a aussi pris part activement à l'élaboration et à l'adoption du règlement communautaire de l'UEMOA en 2009, régissant les mutuelles sociales dans l'espace de l'UEMOA. Aussi plusieurs rencontres dans le cadre de la protection sociale ont eu lieu au Niger, il s'agit du forum national sur la protection sociale qui a eu lieu en novembre 2013, du colloque international sur le socle de la protection sociale de septembre 2014.
Le ministère de la santé a également mené des activités allant dans le sens de la couverture santé universelle . Ainsi selon Illiassou Idi Mainassara, " Pour ce qui est de mon département ministériel, on peut citer entre autres : les gratuités ciblées (prise en charge de la TBC, du VIH, de la malnutrition, etc.) ; la gratuité de la césarienne et des soins pour les enfants de moins de 5 ans ; la définition par le Ministère de Santé Publique d'une architecture et d'une feuille de route dans la perspective de mettre en place la CSU ".
Il a affirmé que " le Niger avance, lentement mais sûrement vers l'atteinte de la CSU. Mais, vous vous en doutez, la CSU n'est pas une course de vitesse, mais une course de fond, en d'autres termes c'est un voyage mais non une destination ". Le ministre a conclu en indiquant " Dédier la journée mondiale de la santé cette année à la CSU, c'est nous interpeller collectivement et individuellement à redoubler d'efforts pour accélérer notre cadence vers la CSU. Je voudrais donc, à travers cette allocution, réveiller la conscience des uns et des autres sur la tâche immense qui nous attend qu'il
s'agisse des acteurs du secteur de la santé et des autres secteurs relevant de l'administration publique, du secteur privé, des organisations de la société civile, des partenaires techniques et financiers et de la communauté pour que chacun à son niveau de responsabilité s'implique davantage sur la question de la couverture sanitaire universelle ". Les efforts des autorités de la 7ème République dans le domaine de la santé rentre dans la dynamique visant à assurer des soins de
santé à l'ensemble des nigériens conformément à la Couverture santé universelle.
Garé Amadou

11 avril 2018
Source : La Nation

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