Affaire État du niger contre la société Africard : Et, la lumière fut !

Affaire État du niger contre la société Africard : Et, la lumière fut !« Le mensonge peut courir et prendre de l’avance, mais quand la vérité se lève, elle le rattrapera un jour » ; cet adage africain illustre bien la décision tombée, le jeudi 12 avril 2018, dans le feuilleton judiciaire qui oppose l’Etat du Niger à la société Africard. Au grand bonheur de Niamey !

C’est une grande étape que vient de gagner le Niger dans le différend judiciaire qui l’oppose à la société Africard. On peut même extrapoler pour dire Niamey a définitivement eu le dessus sur Dany Chaccour. En effet, la Cour Commune de Justice et d’Arbitrage (CCJA) de l’OHADA a décidé, le jeudi dernier, de la « réouverture du dossier » Niger-Africard, à la demande de la partie nigérienne pour laquelle la sentence rendue par cette même juridiction, en 2012, en faveur de la société de Dany Chaccour, était biaisée. Pour obtenir cette victoire, c’est-à-dire la rétractation de la CCJA, Niamey avait présenté des nouveaux éléments montrant que la décision d’arbitrage de 2012 était achetée. « Il faut saluer la perspicacité et la ténacité de la Défense et des autorités nigériennes dans ce dossier », a laissé entendre un observateur après la décision du jeudi dernier. Il faut le dire, du déclenchement de cette affaire en 2012 à aujourd’hui, Niamey n’a jamais montré un signe de faiblissement. Fort sans doute des nouvelles pièces à conviction en sa possession, Niamey n’a jamais douté que la vérité finira par éclater. Et, la lumière fut !

Et, la lumière continuera à éclairer la justice. Ceci pour dire que les prochaines étapes ne seront qu’une simple formalité. Car, c’est la décision de la CCJA du 12 avril 2018 qu’attendaient les juges américains et français pour conclure le différend qui oppose l’Etat du Niger à Africard. Niamey, avait, tout au long du processus judiciaire, joué sur le temps, auprès des justices française et américaine, afin de surseoir à l’exécution des saisies de ses biens qu’envisageait la société Africard. Requêtes obtenues en juillet 2017 successivement aux USA et en France.

Pour le rappel, le début de ce différend remonte en 2012, lorsque la société Africard s’est vue retirer le contrat de confection de passeports biométriques le liant au Niger. Ce contrat, il faut le préciser, fut arrangé en 2011 sous la transition militaire du Général Salou Djibo. Rupture abusive ! S’était indignée la société Africard qui avait, dès lors, pris la direction de la justice pour se faire dédommager. Mauvaise affaire ! Avaient dénoncé les autorités de Niamey qui ont juré de ne pas payer un seul kopeck à des « escrocs ».

Oumarou Kané

16 avril 2018
Source : La Nation

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