Conférence de presse conjointe des Présidents Issoufou et Macron au Palais de l’Elysée : «Le Niger est un pays démocratique, un Etat de droit, et moi je suis un démocrate convaincu. La preuve (…), en 2021 je m’en vais, je ne vais pas triturer la Constitut

Conférence de presse conjointe des Présidents Issoufou et Macron au Palais de l’Elysée : «Le Niger est un pays démocratique, un Etat de droit, et moi je suis un démocrate convaincu. La preuve (…), en 2021 je m’en vais, je ne vais pas triturer la ConstitutionA l’issue de sa visite à l’Elysée, hier à Paris, au cours de laquelle le Président de la République, SEM. Issoufou Mahamadou, s’est longuement entretenu avec le Président de la République française, les deux Chefs d’Etat se sont prêtés aux questions de la presse, dans le cadre d’une conférence de presse conjointe qui peut se résumer à une question posée par une consœur de RFI, relative à l’emprisonnement de responsables de la société civile nigérienne. Lire ci-dessous l’intégralité de la question de la journaliste et des réponses données par les Présidents Issoufou Mahamadou et Emmanuel Macron.

Question d’une journaliste de RFI

Ma question concerne les leaders de la société civile au Niger qui sont en prison depuis plus d’un mois. Les ONG et les associations nationales et internationales ont fait part de leur inquiétude sur la situation des droits de l’Homme au Niger, que leur répondez-vous ?

Réponse du Président Issoufou Mahamadou :

«Je voudrais vous rassurer Madame, sachez que le Niger est un pays démocratique, sachez que le Niger est un Etat de droit. Cela veut dire que tous les rapports, au Niger, sont régis par la loi ; les rapports des citoyens entre eux, et les rapports des citoyens avec l’Etat. La situation à laquelle vous faites allusion, et pour laquelle un tapage injustifié est fait sur le Niger, est très claire : c’est que le Niger garantit toutes les libertés, dont les libertés de manifestation. Ces mêmes acteurs de la société civile que vous évoquez ont eu, à plusieurs reprises, à manifester. Je crois que pendant l’année 2018, sur deux mois, ils ont fait, je ne sais combien de manifestations qui ont été autorisées et qui se sont déroulées conformément à la loi.

«Le Niger est un pays démocratique, un Etat de droit, et moi je suis un démocrate convaincu. La preuve (…), en 2021 je m’en vais, je ne vais pas triturer la Constitution.

Mais il est arrivé un moment où ces responsables de la société civile ont souhaité organiser des marches à minuit. On ne peut pas autoriser des marches à minuit, parce que nous ne pouvons pas garantir la sécurité des manifestants à minuit dans le contexte sécuritaire que vous connaissez ; un contexte qui peut favoriser l’infiltration de terroristes qui, peuvent faire des massacres. Et nous, nous avons le devoir de protéger nos citoyens, même malgré eux.

Donc nous avons refusé d’autoriser ces manifestations à minuit. Les responsables de la société civile ont décidé de passer outre, et nous avons appliqué la loi. Je pense que la même chose aurait été faite à Paris, à Washington, à Rome, à Berlin, à Londres.

Quand cela se fait dans ces différentes capitales, je ne suis pas sûr que RFI puisse avoir la même lecture que quand ça se fait au Niger. Donc je demande à RFI : s’il vous plait, ne faites pas deux poids deux mesures, traitez l’information de manière objective. On ne vous demande pas de nous soutenir ou de nous encenser, mais dites aussi ce qui se fait de bon au Niger. Nous faisons beaucoup de réalisations que vous passez sous silence ; nous faisons beaucoup de manifestations, nous réussissons beaucoup de choses pour l’intérêt du peuple nigérien, vous n’en dites pas un mot !

Mais vous êtes tout le temps là à vouloir vendre l’émotion ; c’est votre droit, mais sachez, et je le répète : le Niger est un pays démocratique, un Etat de droit, et moi je suis un démocrate convaincu. La preuve d’ailleurs, et j’en parlais tout à l’heure avec le Président Macron, en 2021 je m’en vais, je ne vais pas triturer la Constitution. Alors quand j’entends des qualificatifs comme dictateur, ça me fait sourire, parce que, moi je ne me sens pas concerné.»

Réponse du Président Emmanuel Macron

«J’ai un dialogue étroit et de confiance avec le Président Issoufou. Il est démocratiquement élu, il y’a une constitution, il y’a un pouvoir judiciaire encadré par la loi. Et je sais son engagement pour les droits fondamentaux, qu’il s’agisse du droit des femmes et des jeunes filles, combat pour lequel je suis à ses côtés, comme l’esprit de responsabilité qui est le sien depuis que je le connais sur les sujets d’alternance démocratique. Je suis attaché au respect mutuel, et je pense que personne n’irait demander au Président Issoufou ce qu’il pense de ce qui se passe dans mon pays par ailleurs. C’est aussi à cette conversion des esprits que nous devons collectivement arriver. Je sais que vous êtes particulièrement attachés à cela et que vous luttiez activement contre la France-Afrique et tous ses ressorts. Moi, je n’ai pas de leçon à donner sur ce sujet».

Script : ONEP

05 juin 2018
Source : http://www.lesahel.org/

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