Réunion des ministres des Affaires Etrangères des pays du G5 Sahel à Bruxelles (en Belgique) : Accélérer la mise en place du Fonds fiduciaires pour l'opérationnalisation rapide de la force G5 Sahel

Reunion Ministres Affaires Etrangeres pays G5 Sahel BruxellesA l'invitation de la Commission de l'Union européenne, les ministres des Affaires étrangères des pays du G5 sahel, à savoir le Niger, le Burkina Faso, le Mali, le Tchad et la Mauritanie, ainsi que le Secrétaire permanent du G5 Sahel, M. Mamane Sidikou, se sont retrouvés à Bruxelles autour de la Haute Représentante et Vice-présidente de l'Union européenne. Il s’agissait de faire le point sur les engagements pris par les partenaires au développement lors de la conférence du G5 Sahel du 23 février 2018 de Bruxelles, relativement aux appuis multiformes nécessaires pour l’opérationnalisation effective de la Force mixte du G5 Sahel. Il se trouve en effet que, depuis cette date, les promesses formulées par les bailleurs de fonds tardent à être concrétisées, retardant ainsi le processus de la mise en route efficiente de la force du G5 Sahel.

Cette rencontre de Bruxelles voulue par la Commission de l'Union européenne, premier partenaire du G5 Sahel, et les pays concernés a été un cadre d’échanges et de de clarification en vue de la mise à la disposition des fonds en question au Secrétariat permanent du G5 Sahel.

Avant la plénière de la rencontre qui s'est tenue au siège de la Commission de l'UE, des rencontres bilatérales ont été organisées où la Haute Représentante et Vice présidente de l'Union européenne, Mme Federica Moghereni, a reçu en audience chacun des ministres des Affaires étrangères des cinq pays du G5 Sahel. Lors de la rencontre avec le ministre nigérien des Affaires Etrangères, M. Kalla Ankouraou, dont le pays assure la présidence en exercice du G5 Sahel, les échanges ont porté sur les questions liées à l'insécurité grandissante dans la bande sahélienne, au flux migratoire qui préoccupe l'Europe et les pays concernés par le phénomène, au développement des zones affectées par le conflit armé, à la démographie, ainsi qu’au trafic des armes et de la drogue.

Sur tous les sujets évoqués, la Haute Représentante, Mme Mogherini a vivement souligné et salué l'implication personnelle du Président de la République Issoufou Mahamadou dans la prise en compte immédiate de toutes ses préoccupations majeures. En effet, a souligné la HRVP/UE, « le Président Issoufou Mahamadou n'a cessé de multiplier les initiatives dans le sens de la résolution de toutes ses crises et qui a conduit à la création du G5 Sahel et la mise sur pied de la force G5 Sahel, fer de lance de la lutte antiterroriste dans le vaste sahel. Cette action, a-t-elle dit, est très appréciée par l'Union Européenne qui compte déjà, en plus de son apport financier considérable en direction du G5 Sahel, multiplier de manière substantielle son aide pour davantage d'actions de grande portée dans les pays du sahel.

Ces actions, a expliqué Moghoreni, viseront le développement de la région à travers la construction des infrastructures routières, des centres de santé, des points d'eau et un soutien accru aux jeunes. En effet, rappelle-t-on, les jeunes étaient très actifs dans le trafic des immigrants, mais avec la vision très claire du Président Issoufou, la question est en voie de trouver une solution. Pour illustrer cet état de fait, Mme Federica Moghereni a évoqué la diminution drastique des candidats à l'immigration transitant par le Niger et dont les chiffres sont en baisse sensible au cours de ces derniers mois.

Aussi, a-t-elle saisi l’opportunité de cet échange pour réitérer ses sincères remerciements au Chef de l'Etat Issoufou Mahamadou et au gouvernement du Niger pour la prise en compte urgente du règlement de toutes ses préoccupations pour les Etats du sahel et pour l'Europe.

En réponse à la HRVP/UE, le ministre des Affaires étrangères, M. Kalla Ankouraou, a adressé, au nom du Président de la République, du gouvernement et du peuple nigériens, ses remerciements à la Commission de l’UE pour toute son aide et son appui au G5 sahel. Les pays membres du G5 Sahel, a-t-il assuré, ne failliront pas à leurs obligations conformément aux engagements souscrits lors de la réunion de Bruxelles en février 2018. C’est dans ce sens, a-t-il indiqué, que ces pays ont rapidement mobilisé les troupes pour le démarrage des opérations de terrain de grande envergure dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et les trafics en tout genre. Mais, a clairement dit M. Kalla Ankouraou, ces actions militaires tardent à démarrer de manière efficace, faute de moyens financiers conséquents. D'où l'impérieuse nécessité, a ajouté le ministre Kalla, de tout mettre en chantier pour que le Fonds fudiciaires soit enfin disponible et opérationnel. Le ministre en charge des Affaires étrangères a dit avoir également abordé la question de l'organisation des futures consultations générales qu’organisera le Niger, dès les échéances 2020 et 2021. M. Kalla Ankouraou a annoncé devant ses partenaires de l'Union européenne la tenue des élections locales, dès le mois de septembre 2020, suivies des élections législatives et présidentielles juste après pour respecter le calendrier de la fin du mandat du Président Issoufou et comme lui-même a réitéré son départ à la fin de son dernier mandat, à Paris le 4 juin dernier.

Parlant de la question du processus électoral et le sujet sur le fichier électoral qui fait débat en ce moment au sein de la classe politique nigérienne, le ministre Kalla a admis que les préoccupations des uns et des autres seront revues et corrigées. Le gouvernement soucieux et conscient d'organiser des élections libres et transparentes selon les vœux personnels du Président Issoufou, s'attèlera à le faire avec le soutien de l'ensemble des partenaires dont l'OIF s'est engagée à veiller au grain.

Enfin, le ministre des Affaires Etrangères a fait un véritable plaidoyer auprès de ses interlocuteurs de l'Union européenne afin qu'ils prennent à bras le corps la question de prise en charge et du financement des projets de développement en direction des anciens réseaux de jeunes passeurs afin que ces derniers puissent bénéficier véritablement des activités génératrices de revenus susceptibles de les amener à changer et les orienter vers des horizons prometteurs.

Cette vision est entièrement partagée par la HRVP/UE qui a promis là aussi d'accroître les interventions de son institution dans les pays du sahel et au Niger en particulier, notamment dans les zones concernées. Après cet échange somme toute fructueux, les débats en plénière au cours de la même journée, ont permis aux chefs des délégations des pays membres du G5 sahel et au Secrétaire permanent du G5 Sahel, M. Mamane Sidikou, d'approfondir les reflexions sur le mécanisme de la mise en place urgente des Fonds destinés dans la perspective de la consolidation du fonctionnement du SP/G5 sahel, mais aussi et surtout l'opérationnalisation immédiate de la force.

Tiemogo Abdoulaye
AP Ambassade du Niger à Bruxelles

23 juin 2018
Source : http://lesahel.org/

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