Réunion des Ministres chargés de l’Agriculture et de l’Elevage dans l’espace UEMOA : Des propositions pour éloigner le spectre de la famine dans l’espace communautaire

Ministres charges Agriculture Elevage Uemoa NiameyEn prélude à la 7ème réunion du comité de Haut niveau sur la Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle dans l’espace de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), les Ministres en charge des secteurs de l’Agriculture et de l’Elevage se sont réunis hier à l’Hôtel Sofitel Gaweye de Niamey. Ils sont venus des huit pays de l’Union pour réfléchir sur les voies et moyens qui permettront de garantir une sécurité alimentaire et nutritionnelle pour les populations de cet espace.

En ouvrant les travaux de la rencontre, le Ministre d’Etat, ministre de l’Agriculture et de l’Elevage, M. Albadé Abouba, a rendu un hommage mérité au Président de la République, SE Issoufou Mahamadou, Président du Comité de haut niveau sur la Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle, pour sa vision en la matière et pour son brillant leadership dans le cadre de l’animation dudit comité. En effet, c’est sous sa conduite très pragmatique et assidue que le contenu du Programme Communautaire Décennal de Transformation de l’Agriculture pour la Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle 2016-2025 doit se concrétiser progressivement afin d’éloigner, de manière définitive, le spectre de l’insécurité alimentaire et nutritionnelle de notre région.

Pour le Ministre d’Etat, les informations issues du dispositif régional commun qu’est le Réseau de Prévention des Crises Alimentaires au Sahel et en Afrique de l’Ouest, indiquent que la situation alimentaire et nutritionnelle s’améliore peu dans la région, sinon qu’elle stagne dans certains Etats. Il en ressort que, pendant la présente période de soudure qui va de juin à Août, près de 3,5 millions de personnes sont touchées par des formes de risques d’insécurité alimentaire et nutritionnelle dans la zone UEMOA. La situation resterait encore plus difficile au Burkina Faso, au Mali, au Niger et au Sénégal.

En outre, la campagne agricole 2017-2018 écoulée s’est caractérisée par des productions fourragères inferieures à celle de l’année antérieure. Cet important déficit fourrager constaté, associé à une faible capacité d’accueil dans les parties sahéliennes a provoqué un départ précoce et massif des animaux transhumants vers des régions plus propices. Ce phénomène a eu comme corollaire, l’exacerbation de conflits entre agriculteurs et éleveurs dans les zones d’accueil. M. Albadé Abouba a relevé que le Niger dispose d’une expérience très enrichissante à partager et qui pourrait inspirer notre région notamment, sur la prise en charge des questions de résilience des populations, d’insécurité alimentaire et nutritionnelle mais aussi, de conseils et de services agricoles. Tout en rappelant les cinq axes stratégiques que couvre l’Initiative 3N, le ministre d’Etat en charge de l’Agriculture a attiré l’attention des participants sur le fait que les enjeux sont multiples et importants pour la recherche de la sécurité alimentaire et nutritionnelle de nos populations.

« Nous avons l’obligation de maintenir et consolider les acquis, mais surtout de poursuivre les missions du chantier conformément, aux orientations de la 6ème session du Comité, tenue en 2017, consistant à soutenir substantiellement la mise en œuvre des plans de réponses des Etats, à renforcer les systèmes de production des informations et à appuyer les Etats dans leurs efforts de contrôle des maladies et des ravageurs émergents », a souligné auparavant le Président de la Commission de l’UEMOA, M. Abdallah Boureima dans son intervention.

Dans cette optique, a-t-il indiqué, la Commission a poursuivi l’exécution de l’ensemble de ses programmes en matière de lutte contre l’insécurité alimentaire nonobstant le contexte de rationalisation qui s’est traduit par une réduction des ressources propres de l’Union. Les interventions ont

notamment visé à renforcer l’accroissement des productions et de la productivité de l’Agriculture ; l’amélioration de l’accès aux marchés sous régional et international ; l’amélioration de l’accès des acteurs professionnels agricoles et l’amélioration de l’accès des acteurs professionnels aux innovations et aux technologies modernes. Selon le Président de la Commission de l’UEMOA, les analyses approfondies confirment qu’en période de pré-soudure, plus de trois millions de nos citoyens comptent sur une assistance alimentaire pour se nourrir convenablement.

« C’est une réelle interpellation et nous devons l’avoir à l’esprit tout au long de nos travaux», a-t-il dit avant d’estimer que les acteurs doivent explorer les implications des questions de sécurité alimentaire et nutritionnelle sur les autres secteurs connexes comme l’environnement. «Une des voies durables de résolution des problèmes récurrents d’extrêmes variations des productions agricoles et de famine dans notre région demeure l’intensification des investissements dans le secteur agricole, seule option, osons-nous croire, qui permettra à notre agriculture d’être encore plus résiliente et capable de remplir les fonctions essentielles au rang desquelles, l’alimentation humaine et du bétail et les possibilités d’emplois notamment en faveur des jeunes qui constituent la majorité de notre population », a estimé le président de la Commission de l’UEMOA.

A l’issue de la réunion, les ministres ont dans un communiqué final formulé des recommandations à l’endroit des Etats membres, des organisations régionales et des partenaires techniques et financier. Ainsi, les ministres ont recommandé aux Etats d’améliorer les mécanismes de suivi de la mise en œuvre des recommandations des réunions du Comité, d’accélérer la mise en œuvre des plans de réponses et d’urgences d’assistance alimentaire de protection des moyens d’existence et de réduction de la malnutrition aigüe en faveur des populations

en insécurité alimentaire (3.485.081 personnes) principalement concentrées au Burkina Faso (27,4%) au Mali (26,8%) au Niger (23,0%) et au Sénégal(21, 6%), de poursuivre les efforts de renforcement et de promotion durable des systèmes de gestion des informations agricoles et sur la Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle…..

A l’endroit de la CEDEAO, de l’UEMOA et du CILSS, la réunion recommande de poursuivre les actions de renforcement des capacités techniques et institutionnelles des acteurs pour une meilleure prise en compte des enjeux environnementaux dans les instruments stratégiques et opérationnels de développement agricole et de promotion de la sécurité alimentaire et nutritionnelle, de veiller à la coordination des interventions au niveau régional et dans les pays y compris l’alignement des interventions des partenaires techniques et financiers et d’organiser une réunion de haut niveau sur la chenille légionnaire.

A l’endroit des partenaires techniques et financiers, la réunion recommande de soutenir les efforts des Etats dans la mise en œuvre rapide des réponses en faveur des populations vulnérables et de renforcer l’accompagnement des pays membres et du CILSS dans le développement, la mise en œuvre et la promotion du cadre harmonisé et le renforcement du dispositif de veille informationnel sur le déroulement de la campagne agropastorale dans la région pour aider à la prise de décisions.

Aïssa Abdoulaye Alfary

10 juillet 2018
Source : http://lesahel.org/

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